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La Prison centrale sur une vraie poudrière
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La Prison centrale sur une vraie poudrière
«On tire la sonnette d?alarme depuis longtemps. Les problèmes à la prison centrale n?ont que trop duré. Il y a eu les incidents de septembre 2003 où Wendy Lafleur a été blessé. Qu?est-ce qu?on n?a pas dit sur les gardiens à ce moment-là? Ce qu?un officier de police a vu jeudi n?est qu?une peccadille.» Les gardiens de prison ne cachent pas leur amusement devant la médiatisation de l?agression manquée contre l?inspecteur Hector Tuyau de la brigade anti-drogue.
Jeudi dernier, l?officier et un de ses subalternes ont failli être lynchés par des prisonniers munis de seringues et d?une arme tranchante dans la cour intérieure de la New Wing de la prison centrale de Beau-Bassin après sa visite au détenu Antoine Chetty.
A plusieurs reprises, et même lors de cette énième visite, l?équipe de l?inspecteur Tuyau avait réclamé une rencontre avec le détenu dans une autre partie de la prison.
<B>Un « boardroom » pour mener l?enquête</B>
Mais face à l?intransigeance de la part de l?administration, les enquêteurs ainsi que l?avocat d?Antoine Chetty, Samad Goolamaully, ont dû se résoudre à utiliser le boardroom situé à la New Wing pour entendre le détenu sur ses révélations dans le cadre de l?affaire Deelchand.
Pour se rendre dans cette salle, il faut traverser la cour intérieure du centre pénitenciaire où sont casés les détenus sidéens.
Après une heure de discussion, entre autres sur l?assassinat allégué de l?agent travailliste Rajeswar Indur et la mort des amants de Bassin-Blanc, les enquêteurs décident de mettre fin à leur réunion de travail.
L?inspecteur Tuyau demande à un officier de la prison de vérifier si la cour est «cleared » pour pourvoir quitter la salle avec le détenu. En recevant une réponse positive du garde-chiourme, il fait quelques pas dans la cour lorsqu?il se fige en entendant les jurons qu?on lui lance.
« Mo pou coup to lagel », lâche le prisonnier Michel Marclain Boncoeur en tentant de se jetter sur lui avec une seringue et une arme qu?il a sans doute fabriquée.
Neuf autres détenus tentent d?agresser l?inspecteur et certains crient « b.. sida are li » tandis que d?autres prisonniers lancent des projectiles, dont des gobelets en fer blanc, sur les deux hommes.
Antoine Chetty et son avocat ainsi que les autres officiers qui s?apprêtaient à sortir sont pétrifiés. Ils doivent se cloîtrer dans la salle de réunion en attendant que la Prison Security Squad (PSS) rapplique une dizaine de minutes plus tard.
L?inspecteur Tuyau, ses hommes ainsi que l?avocat Goolamaully ont consigné une déposition contre l?administration pénitentiaire pour négligence.
« Il est clair que l?agression visait Chetty car il devait être celui qui allait sortir en premier », soutient Me Goolamaully. « On n?aurait pas dû laisser Chetty se méler aux autres prisonniers car à la prison il n?est pas tenu en haute estime car il collabore avec la police », explique son confrère Rama Valayden qui défend également le garde du corps du notaire Vinay Deelchand.
<B>Les fortes têtes à La Bastille</B>
« Depuis peu, les prisonniers sont révoltés par le durcissement de la discipline. Ces dernières années, on a voulu en faire des artistes et on leur a donné trop de libertés, maintenant ils se révoltent », s?exclame un officier de la PSS.
« Les choses ont empiré quand les prisonniers ont menacé d?infecter les gardiens avec le Sida. On n?est pas préparé à cette situation. Alors on les laisse faire. C?est un cercle vicieux», déplore pour sa part un garde-chiourme.
Face à l?incident qui a failli avoir des conséquences plus graves, le bureau du Premier ministre a émis l?ordre de transférer les fortes têtes de la New Wing aux quartiers de haute sécurité à la prison de Ph?nix, La Bastille. Question de casser la résistance face à l?autorité pénitentiaire.
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