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La Poste : le gouvernement, la direction et les autres
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La Poste : le gouvernement, la direction et les autres
Beaucoup d?animation autour de la Private Notice Question (PNQ), hier. Au c?ur des hostilités : Mauritius Post Ltd (MPL), la compagnie privée d?Etat qui a repris les services postaux en début d?année et la hausse des tarifs postaux à partir du 1er novembre. En orientant sa PNQ sur la corporatisation de la Poste, le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, a mis le doigt sur un problème qui s?intensifie au fil des semaines. Au milieu du bras de fer qui l?oppose aux syndicats, le secteur devient un dossier chaud pour le gouvernement.
Avec sa PNQ, l?opposition fait son entrée dans le débat. Et, il faut l?avouer, il y a matière. Non seulement, les relations industrielles sont au plus bas mais les tarifs postaux accuseront une hausse variant de 20 à 500 % dépendant des services à partir du 1er novembre. Les changements à la tête de MPL sont aussi interprétés par l?opposition.
Pour Pradeep Jeeha, ministre des Télécommunications et des Technologies de l?information, la corporatisation n?est pas un obstacle mais une étape nécessaire si la Poste veut survivre et garantir les emplois. ?Le volume du courrier est en diminution sous la pression des nouvelles technologies. Cela affecte la viabilité financière des administrations postales. Des opérateurs en compétition avec les services postaux au niveau de la qualité du service et des prix sont une autre menace?, explique le ministre.
Malgré les relations tendues entre direction et postiers, deux protocoles d?accord ont été signés par le gouvernement et la direction de MPL cette année. Ils portent notamment sur le transfert des employés de la Poste vers la MPL. Le principal accord sur les salaires et les conditions d?emploi doit encore être signé.
Sur ce point, Navin Ramgoolam veut savoir comment les postiers qui n?accepteraient pas leur transfert seront reclassés dans la Fonction publique. Pour le gouvernement, le redéploiement ne semble pas être une priorité. Une réunion, présidée par le Premier ministre, Paul Bérenger, et rassemblant les parties concernées, est prévue pour bientôt. Son objectif sera de trouver un terrain d?entente sur ces problèmes.
Services améliorés
Le ministre soutient que les conditions de travail des employés et les services offerts se sont déjà améliorés depuis la reprise des activités postales par MPL. Sur la longue liste de secteurs où il y aurait eu progrès : la collecte de paiements des factures d?eau et de téléphone; les services bancaires dans les bureaux de Poste; la rénovation de 15 bureaux de poste et l?ouverture de quatre nouvelles succursales. L?installation de bornes Internet et la création d?une nouvelle compagnie, Mauripost.Net visent également une meilleure qualité du service. A travers des promotions pour 150 employés, une allocation d?encouragement d?au moins Rs 900 à chaque postier et le recrutement de 150 autres, les employés de MPL n?ont également pas été lésés, estime le ministre.
Les salaires des dirigeants de MPL ont eu une place de choix dans la PNQ. Pour Navin Ramgoolam, la ?hausse massive des tarifs vise à assurer des fat cat revenues pour nominés politiques à MPL?. En réponse, le ministre affirme, après des altercations nécessitant plusieurs interventions du speaker, Dev Ramnah, que le Non-Executive Chairman de MPL, en l?occurrence Kishore Pertab, touche Rs 20 000 par mois.
Les réticences du ministre à répondre à la question sur les salaires sont qualifiées de ?tentative de cover-up? par le député Arvin Boolell, épaulé par Xavier-Luc Duval. ?Il n?y a absolument pas de cover-up?, renchérit le Premier ministre.
La persévérance de l?opposition sur la question des salaires pousse finalement le ministre à dire que Kris Lutchmeenaraidoo, le président sortant, qui avait, lui, des pouvoirs exécutifs, touchait un package mensuel global de Rs 200 000. Chiffre qui n?a pas manqué de faire sourire l?opposition. ?C?est le conseil d?administration qui décide des salaires et non le ministre? s?exclame Pradeep Jeeha.
Pour tenter de prouver le non-fondement de l?augmentation des tarifs, le leader de l?opposition souligne que, pour les cinq dernières années, la Poste a fait des profits de plus de Rs 99 millions. ?Les tarifs doivent refléter les coûts d?opération. Chaque lettre envoyée à Maurice coûte en moyenne Rs 5 à MPL. Cette compagnie devra également débourser Rs 144 millions pour les dix années à venir sous forme de pensions, Rs 5 millions par an pour les assurances, Rs 12 millions pour l?entretien, Rs 30 millions pour la révision salariale et Rs 20 millions pour la mise en pratique des protocoles d?accord. En sus de cela, MPL devra trouver Rs 131 millions pour maintenir les emplois?, répond le ministre.
Pour Navin Ramgoolam, cela vient prouver le non-sens de la corporatisation des services postaux. ?Pourquoi un service public essentiel qui couvre ses frais d?opération et qui génère des surplus doit-il faire face à des augmentations de tarifs de 100 % dans certains cas?, se demande le leader de l?opposition. Le ministre précise alors que la responsabilité de déterminer les tarifs postaux est du ressort de la Postal Authority, régulateur des services postaux à Maurice.
AU SEIN DE LA MAURITIUS POST LTD
Le ?Chief Executive Officer? attendu avec impatience
Le ministre a donné des précisions après la PNQ sur les salaires du nouveau ?Chief Executive Officer?(CEO)de MPL, Giandeo Moteea, actuellement ?Business Development Manager? de la Mauritius Commercial Bank, qui prend son service le 3 novembre. Il touchera Rs 120 000 mensuellement et aura droit à une voiture avec chauffeur.
Les syndicats laissent déjà entendre que le nouveau CEO n?aura pas droit à une trêve le temps de s?installer. S?ils n?obtiennent pas satisfaction, il faut s?attendre à une grève générale paralysant la distribution du courrier pour les fêtes de fin d?année. Le porte-parole du front commun des syndicats de la poste, Hooteshsing Ramcharitur, estime que les postiers ?attendent le nouveau CEO avec impatience. Li pa pou gagne la vie facile. Le dossier du changement de notre statut de fonctionnaires à celui d?employés du privé a été gelé pendant trop longtemps?.
Pour Giandev Moteea, ce dossier est également important. ?Je souhaite instaurer un dialogue constructif avec une approche corporatiste et une bonne vision d?ensemble. J?espère pouvoir trouver une solution dans le dialogue bien avant la fin du moratoire.?
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