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La police: ?Pas de preuves contre Mookhesswur Choonee?
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La police: ?Pas de preuves contre Mookhesswur Choonee?
MOOKHESSWUR Choonee, l?ex-ministre des Terres et du logement, peut retrouver l?espoir de récupérer son portefeuille ministériel. Les premières conclusions de l?enquête policière à son sujet lui sont favorables. Dans un rapport sur le scandale où il est mis en cause, la police estime ?qu?il n?y a pas suffisamment d?éléments pour incriminer? l?ancien ministre.
L?affaire tourne autour de l?octroi, dans des conditions suspectes, d?un terrain de l?Etat à Palmar. Le bénéficiaire est un homme d?affaires de la capitale. Des faux documents, portant l?en-tête du ministère des Terres, auraient été utilisés pour effectuer la transaction.
La police ouvre une première enquête sur cette affaire, en janvier 2003, à la requête du ministère des Terres. Un courtier incrimine le ministre d?alors. Il allègue que Mookhesswur Choonee l?a rencontré à son bureau, à la rue Edith Cavell, fin mars-début avril 2002 pour discuter de la transaction. Par la suite, c?est l?Independent Commission against Corruption (Icac) qui mène l?enquête avant d?être dessaisie à son tour, peu après. (voir hors-texte).
En octobre 2003, la police reprend le dossier. Son rapport est soumis au parquet, il y a quelques jours. Les limiers de la Central Investigation Division (CID) sont arrivés à la conclusion qu?il y a insuffisance de témoignages à l?encontre de Mookhesswur Choonee.
Une source policière explique : ?Le case file ne contient aucun document incriminant Mookhesswur Choonee. Par ailleurs, les dépositions des protagonistes ne renferment pas d?éléments pertinents.? Les enquêteurs ont adressé le dossier au Directeur des poursuites publiques (DPP).
Le DDP tranchera
Ce dernier dispose désormais de deux options. Soit il estime que le case file est bien ficelé ? confirmant l?insuffisance de preuves ? et l?accusation provisoire contre l?ancien ministre sera rayée. Soit les éléments de l?enquête concernant Mookhesswur Choonee sont renvoyés aux limiers pour complément d?enquête. Cette démarche pourrait alors aboutir à l?inscription d?une charge différente contre l?ancien ministre.
En ce qui concerne les autres protagonistes du scandale ? le courtier Hashim Bawamia, l?ex-conseiller du ministre, Jayprakash Durbharry, et les hommes d?affaires Lai Chung Fong et Robert Tranquille ? l?affaire se corse. La CID, forte des témoignages recueillis, propose de les poursuivre au criminel.
L?entourage de l?ancien ministre laisse entendre qu?il est déjà au courant de la ?bonne nouvelle?. Toutefois, le principal concerné évite de confirmer l?information. Il préfère attendre la version officielle.
Un strapontin ministériel est en jeu. Le 23 décembre 2003, Paul Bérenger, le Premier ministre, avait indiqué qu?un portefeuille ministériel restera vacant en attendant que le DPP se prononce sur l?affaire Choonee. Cette précision a été donnée lors d?une conférence de presse tenue le jour du remaniement du cabinet.
La coïncidence est quand même de taille. C?est le sept janvier 2003 ? soit un an jour pour jour ? que l?express a révélé les détails du scandale des terres de Palmar.
Une affaire riche en rebondissements
Le scandale des Terres de Palmar est riche en rebondissements. C?est la CID qui est d?abord chargée de l?enquête. Le 13 janvier, le dossier passe à l?Icac. Mookhesswur Choonee, après un long interrogatoire le 23 janvier, est arrêté. A sa comparution en cour le lendemain, l?Icac loge la charge provisoire : l?ex-ministre aurait soutiré Rs 1,5 million contre l?octroi d?un bail d?un terrain de l?Etat et aurait pris Rs 3 millions d?Hashim Bawamia avec la complicité de son conseiller Jayprakash Durbharry. La magistrate Niroshini Ramsoondar accepte sa remise en liberté contre une caution de Rs 200 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 2 millions. Fin juillet, Me Yousuf Mohamed, avocat de Mookhesswur Choonee, loge une motion pour faire rayer l?accusation provisoire. Le magistrat Anil Ujoodha lui donne gain de cause le 21 août 2003. L?arrestation par l?Icac est jugée illégale : la loi ne lui permet pas d?enquêter sur des faits antérieurs à sa création. Le dossier retourne à la CID. Le mercredi 12 novembre, l?ex-ministre est de nouveau inculpé. Il est provisoirement accusé de complot avec Habib Soobhany, Jayprakash Durbharry pour soutirer Rs 3 millions à Hashim Bawamia contre la promesse de huit arpents de terres à Palmar. Il est libéré après paiement d?une caution de Rs 150 000 et une reconnaissance de Rs 2 millions.
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