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La police enquête sur Rs 100 millions détournées

13 mai 2007, 00:00

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Certains employés de la Banque de développement de Maurice (DBM) auraient fait preuve d?une grande ingéniosité. Ils auraient, en effet, été impliqués dans le détournement de près de Rs 100 millions au préjudice de la banque, selon une source proche de celle-ci. Une entreprise pour le moins osée et spectaculaire.

Osée parce que d?une part ce détournement a été effectué sur les comptes de plusieurs clients de la banque dont des petits planteurs. Ce délit, qui a causé un préjudice financier direct à la DBM, l?a forcée à puiser dans ses propres fonds pour réalimenter les comptes dévalisés de ses clients.

Spectaculaire parce que les employés auraient agi au nez et à la barbe du service de contrôle de la banque sans être inquiétés, selon deux méthodes bien distinctes. Dans les deux cas, les auteurs présumés de ces détournements auraient été suspendus.

Manipulation du système informatique

Dans le premier cas, le détournement serait l??uvre d?un Development Officer. Il serait parvenu à ses fins après avoir manipulé le système informatique qui administre les comptes.

On aurait pu croire que d?autres employés auraient tiré une leçon de ce qui s?est passé. Il n?en a rien été. Une autre technique a été mise en place pour tondre des innocents. En utilisant la filière la plus anodine des retraits bancaires : les bordereaux de retrait.

L?une des victimes de ce détournement témoigne. « Ce n?est que mercredi qu?un enquêteur attaché au Central Criminal Investigation Department m?a mis la puce à l?oreille. Il m?a demandé si je connais le numéro de mon compte à la DBM. Je lui ai dit que non. C?est ainsi que j?ai su ce qui s?était passé. Je suis allé à la banque vendredi. C?est là que j?ai appris pour la première fois que je dispose d?une importante somme sur ce compte. Des retraits ont été effectués de mon compte en au moins onze occasions », soutient Rambhajun Babooa.

Planteur de la région du Sud-Est, Rambhajun Babooa est un personnage connu de la localité. Il a été président du conseil des districts du Sud au moins quatre fois.

Rambhajun Babooa affirme qu?à aucun moment il n?a été informé que le prêt qu?il avait contracté en 1993 pour financer l?achat d?un bien immobilier avait été entièrement remboursé. Il s?était arrangé auparavant pour que ses revenus liés à la vente de sa production de canne soient reversés directement sur son compte de la DBM servant à rembourser son prêt.

Le Syndicat des sucres a donc, continué à verser la totalité de ses recettes sur le compte en question. Résultat : le compte a enregistré un surplus. Invité à fournir une explication pour ce manque de vigilance, Jean-Noël Humbert, Chief Executive Officer au Syndicat des sucres, qui se trouve en Italie, souligne qu?en n?étant pas en présence du dossier en question, il préfère ne pas s?aventurer dans une explication approximative. Il précise toutefois que le Syndicat des sucres ne cesse d?alimenter un compte que sur l?instruction du détenteur.

Les victimes ont plus ou moins le même profil

Les renseignements dont nous disposons indiquent qu?au moins deux victimes ont été formellement informées par la police du délit dont elles ont été l?objet. Dans les milieux de la banque, on n?écarte pas la possibilité que la police découvre d?autres cas.

Une autre source proche de la banque et qui n?a pas souhaité parler à visage découvert soutient que les victimes ont plus ou moins le même profil. Après l?expiration de la période de remboursement de leur dette, leur compte enregistre un surplus dont ils ignorent l?existence pour plusieurs raisons.

À la banque, on tente de minimiser la portée de la chose. « Cette affaire a été confiée à la police, il y a un bon bout de temps. C?est la police qui a pris du temps pour faire avancer l?enquête. Les clients n?ont pas été lésés puisque les comptes ont été réalimentés. À la suite de ce détournement, nous avons consolidé notre système informatique. Les audits sont maintenant effectués chaque jour », explique Bennyram Chooramun, directeur de la DBM, qui a donné l?impression qu?il n?y a eu que le détournement aux moyens d?une manipulation du système informatique.

L?express-dimanche n?a pu le confronter à l?autre cas de détournement vu que Bennyram Chooramun n?a pas jugé utile, malgré notre insistance, de laisser ses coordonnées dans l?éventualité que des clarifications seraient requises.

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