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La police de l?Environnement ces gardiens de notre confort
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La police de l?Environnement ces gardiens de notre confort
Tout part d?un cri de détresse. Celui du citoyen excédé. Dérangé dans sa tranquillité. Gesticulant en pleine rue, à l?emplacement d?un drain défectueux, Sadeck Dowluth laisse éclater son ras-le-bol. ?Kouma enn tilapli tombe, zenfan lekol gagn difikilte pou pase. Si enn siklonn vini, lari, lakaz pou inonde.?
Oubliant que nous sommes en hiver, cet habitant de la rue Etienne Pellereau, à Port-Louis profite de l?audience venue établir un constat de la source de son malaise. Pour cueillir sa frustration : un duo de constables de la police de l?Environnement, qui commence sa patrouille quotidienne. Le visage impassible mais l?oreille attentive, les officiers Rajen Mooken et Zulfikaar Cadersah cultivent la compassion dans leurs fonctions. Tout dans leur attitude est destiné à apaiser. Regard compréhensif, ton posé, économie de paroles intercalée de ?Nou konpran ou problem.?
Même si la descente des lieux ne s?avérera pas concluante ? le soleil a asséché le drain, il n?y a donc pas de dégâts visibles ? les éléments de ?l?unité verte ? ne semblent pas découragés. Plus le citoyen déverse sa bile, plus ils conservent la maîtrise de leur voix. ?Problem la enkor pareil .? Seulement un petit hochement de tête du constable Mooken.
Après un bref conciliabule sur place avec leurs collègues Saoud Baccus, Senior Health Inspector de la mairie de Port- Louis, son subalterne Alain Lubois et Sanjana Ausgur, Health Inspector à la Port-Louis Health Office, les deux policiers remontent en voiture.
Direction Vallée-Pitot pour un cas de tapage nocturne. D?une main assurée, le constable Cadersah frappe à la grille d?entrée. Le chien de la famille se met à aboyer furieusement. Les policiers ont l?habitude. Celle qui a porté plainte vient leur ouvrir, des rangées de bigoudis roses sur la tête. ?Mo pa finn telefone pou fer mesansete,? se défend-elle à plusieurs reprises, en racontant comment son voisin, dès qu?il revient du boulot, branche sa chaîne hi-fi à fond. ?Mo tifi pou kompoz lexamen, li pa kapav aprann.?
Encore une fois, impossible de verbaliser. Le voisin incriminé n?est pas à son domicile. ?Li finn al travay,? répond sa vieille mère. Les constables décident de repasser.
Trosième arrêt de la patrouille : la rue Hatch, pour un cas de suintement d?eau. Le constable Mooken se retourne vers nous. ?L?écoute résoud un problème à 50 %.? Bien sûr il arrive que des cas ne soient pas genuine, qu?ils soient le fruit d?un manque de tolérance, symptôme de mauvais voisinage. Il explique que l?approche adoptée au sein de son unité, ?c?est partir du point de vue d?une souffrance à soulager.? Un léger sourire flottant sur les lèvres, il maintient qu? ?il n?y a pas de cas farfelus. C?est vrai qu?on nous appelle à cause d?enfants turbulents qui crient, ou à cause d?un chien qui aboie . Ce n?est pas pour nuire que les gens nous appellent, c?est pour exprimer leur mal être.? Le confort environnemental n?est pas un luxe mais un droit.
Première étape pour l?exercer : appeler au quartier général de la police de l?Environnement. Deux hotline sont branchées 24 heures sur 24 au 9e étage de la Ken Lee Tower, à Port-Louis. La veille, le frère de Sadeck Dowluth, miné par la mauvaise planification de la chaussée, a composé le 210 5151. Sur un ton compatissant, l?officier de service a noté sa plainte, dressé une fiche qui sert de feuille de route aux deux constables en fonction.
?Tan ki enn problem pa resoud, so dossier rest ouver.? Cela fait près d?une heure que nous avons quitté l?enceinte des Casernes centrales, installés sur la banquette arrière du véhicule de la police. Le constable Mooken nous explique : ?Nou pa enn call centre. Mem si enn komplaint pa konsern nou, nou suiv li, nou pas zis renvoy dimoun la a bann otorite konserne.?
STATISTIQUES
<B>Efficacité chiffrée</B>
- La police de l?Environnement a vu le jour en décembre 2000. Entre le 1er décembre 2000 et le 31 mai 2004, cette unité a servi 13 268 contraventions. La majorité d?entre elles, soit 10 861 concernent les cas de ?illegal littering?, allant des ordures aux mégots jetés sans considération pour l?Environnement. Rien que pour le mois de mai 2004, cette police a dressé 356 contraventions dans des cas de ?illegal littering?. Le nombre de plaintes reçues le mois dernier est de 403. Ils concernent surtout les déchets solides, la pollution sonore et la pollution de l?eau. 87 plaintes ont été enregistrées dans la région de Port-Louis, 74 dans la région de Pamplemousses-Rivière-du-Rempart.
Deux numéros de ?hotline? : <B>210 5151</B> et <B>210 5252</B> sont branchées 24 heures sur 24.
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