Publicité

La planète en péril

8 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La 12e conférence internationale sur le climat de Nairobi au Kenya se veut pragmatique dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Le temps d’établir les principes est révolu, et les débats sont fermement orientés sur l’action. Après le phénomène marketing du développement durable, les messages actuels de Yann Arthus-Bertrand comme d’Al Gore donnent la pleine dimension des conséquences économiques dramatiques qui planent sur notre existence…

Je suis optimiste de nature, mais il faut bien avouer que les prévisions chiffrées annoncées tant par le film d’Al Gore, “La vérité qui dérange”, que par les plus grands scientifiques ont de quoi nous faire froid dans le dos. On est bien loin des messages gentillets vous incitant à utiliser des produits respectueux de la nature. Yann Arthus-Bertrand, dans une émission télévisée qui se veut pédagogique plus qu’alarmiste, nous annonce qu’en à peine trente ans, nous avons perdus 30 % de toutes les espèces animales et végétales qui existent sur Terre ! Au programme 2100 : Montée des eaux, variation de température, extension de la désertification, fonte des glaces, déplacement et extinction de 30 % la faune et de la flore.

La fonte des glaciers est plus que préoccupante : Les alpes ont perdus de 5 à 10 % de leur volume en 2003, alors que dans l’Himalaya l’épaisseur de la neige a diminué de 0,2 à 1 mètre par an depuis cinquante ans. Victime du réchauffement des eaux, la banquise a régressée de 37 000 Km2 par an entre 1978 et 1998. Son épaisseur a diminué de 40 % en une trentaine d’années, passant de 3,1 m à 1,8 m en moyenne. Les neiges du Kilimandjaro ne seront d’ici 10 ans qu’un vieux souvenir.

De nombreuses espèces d’arbres comme le noisetier, le pin maritime, le pin d’Elep, le chêne pubescent et le chêne vert, familiers du bassin méditerranéen pourraient s’étendre vers le nord, mais être menacés dans leurs zones d’origines. Partout la floraison des pommiers, des abricotiers et des pêchers se produit 10 à 15 jours plus tôt qu’il y a trente ans. En France, certaines vendanges s’effectuent quatre semaines plus tôt qu’il y a cinquante ans. Les prochains grands crus risquent d’être lillois à ce rythme !

Les océans se sont élevés de 10 à 20 cm au cours du XXe siècle. Après 1950, cette hausse a été de 1,8 mm par an. Mais elle s’est accélérée depuis 1993 pour atteindre 3 mm par an. D’ici 2100, le niveau de la mer devrait s’élever de 40 à 50 cm, rayant de la carte de nombreuses iles. Ce sommet en terre africaine, est donc d’un enjeu mondial des plus crucial pour notre avenir. Et le continent africain est au cœur de ces préoccupations. Quelque 70 % des 800 millions d’africains vivent d’une agriculture dépendante à 95 % des eaux de pluie, tout changement climatique aurait des répercussions immédiates sur la vie de ces populations. Ainsi le patron du Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner, indique “le rendement des cultures céréalières baissera de 5 % d’ici aux années 2080, et les cultures de base, comme le sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le maïs au Ghana, le mil au Soudan ou l’arachide en Gambie, se détérioreront en raison du changement climatique”.

Heureusement pour notre avenir, ces différents messages d’alertes, sont toujours modérés par ceux ayant l’espoir bien réel d’inverser la tendance. Rappelons qu’à l’image des actions lancées pour lutter contre les gaz à effet de serre, lors du protocole de Kyoto ratifié par 156 pays (à l’exception notable des USA et de l’Australie), la couche d’ozone est en train de se restaurer à vitesse surprenante.

Le développement durable est loin d’être une simple mode, c’est une condition sine qua non de notre survie, un équilibre naturel à restaurer, qui doit lutter contre le naturel de l’homme et ses désirs insatiables de conquête et de pouvoir.

En attendant le plaisir de notre prochain échange, bienvenue dans ce nouveau monde !

Bertrand LAZARE</B>

Publicité