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La Pirogue, le vent en poupe depuis trente ans…

12 juin 2006, 00:00

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Toutes voiles dehors, La Pirogue a vogué ce week-end vers ses trente ans. Rustique mais grandiose, la soirée d’anniversaire a dévoilé l’authenticité mauricienne dans toute sa somptuosité. Les différentes facettes de notre patrimoine ont été reflétées à travers la cuisine, la musique et le spectacle. Un programme festif aux accents indiens, chinois, africains, créoles et européens. L’événement commémoré était de taille : le 7 juin 1976, quand Sir Seewoosagur Ramgoolam inaugura ce qui demeure aujourd’hui encore le fleuron de l’hôtellerie mauricienne.

Flanqué d’un immense jardin tropical, cet hôtel niché entre une réserve de chasse et le lagon de Wolmar, est resté mauricien dans l’âme. Arrimées aux cocotiers (le jardin en abrite 2000), des voilures flottent au gré du vent dans un subtil jeu de lumière.

<B>Rétrospective sur écran géant</B>

“J’ai voulu créer l’ambiance d’une régate de pirogues. Il ne fallait pas sortir du contexte. On reste dans l’esprit de l’architecte néerlandais Joe Van Milleck qui, s’inspirant de Flic-en-Flac, conçut l’hôtel comme un village de pêcheurs. La toiture du bâtiment principal ressemble ainsi à une voile”, confie Nicolas de Chalain, qui tient la barre de La Pirogue depuis un peu plus d’un an. Il est d’ailleurs le seul directeur mauricien au sein du groupe One & Only Resorts. “J’ai choisi des artistes locaux pour animer le spectacle. Les mets sont typiquement mauriciens. Pas d’ors ni de clinquants. Pas de fioritures inutiles. Toute la décoration a été faite en interne. Même les danseurs sont ceux de l’équipe d’animation”, poursuit Nicolas de Chalain. Effectivement, la soirée fut sobre sans pour autant se départir d’une touche de grand standing.

Petit instant de nostalgie. Une rétrospective des 30 années écoulées est projetée sur grand écran. On a pu y voir comment après le passage du cyclone Hollanda, deux bungalows ont été convertis en suites royales inaugurées par les princes Philip et Edward d’Angleterre.

Satisfaction et fierté</B>

Ou encore se remémorer une cérémonie de 1983 célébrée par Sir Gaëtan Duval, ministre du Tourisme d’alors, à travers le récit de son fils: “Quel long chemin parcouru ! Revoir cet hôtel depuis ses balbutiements me rappelle beaucoup de bons souvenirs. C’était un des seuls endroits, où, jeune, je pouvais venir me divertir. La Pirogue, c’est tout un symbole. Ce n’est pas le palace, ce n’est pas le luxe guindé. C’est la culture mauricienne qu’on a su y insuffler et qui aujourd’hui confère à cet hôtel une identité propre. On sent l’esprit d’équipe, voire de famille”, rappelle le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval.

Le personnel contribue largement au succès de l’hôtel “qui affiche un taux de remplissage de 85% en ce moment”, rappelle le directeur. La Pirogue fait partie intégrante de leur quotidien. Nombreux y travaillent depuis 20, 25, voire 30 ans, comme Prem Maghoo, 55 ans, directeur adjoint de la restauration, qui fait partie des 30 membres affectés à l’hôtel depuis le début de l’aventure. “J’ai fait l’ouverture. Au début, c’était très dur. Il faut avoir une vie familiale bien équilibrée pour exercer ce métier. Il a fallu beaucoup de sacrifices, beaucoup de dévouement. Mais quelle satisfaction au bout de ces 30 années ! Quelle fierté quand les clients vous disent qu’ils reviennent aussi pour retrouver le personnel. La Pirogue n’est pas un hôtel, c’est une deuxième maison pour eux.”

Anniversaire oblige, un immense gâteau en forme de… pirogue fut coupé par le ministre du Tourisme, par le président de Sun Resorts, Christian Dalais et par le managing director de One & Only Resorts, Fabio Piccirillo. Coupe de champagne à la main, les clients de l’hôtel et les invités se promènent nonchalamment dans le jardin. Au loin, le lagon s’est endormi.

Mais c’était sans compter sur l’embrasement de cette nuit de velours par un tonnant feu d’artifice. Une salve de comètes d’or et d’argent. Une pluie d’étoiles rouge et bleu. Un air de blues mauricien, de séga ou de salsa flotte dans l’atmosphère quand Eric Triton ou Alain Ramanissum entre en scène. Une volupté de saveurs tropicales caresse les sens.

La Pirogue a trente ans et toujours pas une ride…

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