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La passion du pain d'Anil Bhiwa

9 juillet 2006, 00:00

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Tout petit déjà, Anil Bhiwa est tombé dans le pétrin? du boulanger. À 15 ans, ce natif de Bel-Air-Rivière-Sèche intègre l?Épi d?Or à Flacq, et y fait ses premières armes. Ce n?est certes pas les heures indues qui décourageront cet amoureux du travail bien fait.

Pendant que les jeunes de son âge vaquent à des occupations plus frivoles, lui, ne rechigne pas à rester aux fours de 16 heures à 8 heures du matin. « Quel plaisir, à chaque fois, lorsqu?on défourne ses petits gâteaux qui continuent à danser sur les plateaux. Je ne me lasserai jamais de l?odeur qui se dégage des Nankatays. Et les cakes gonflés de leurs fruits confits? »

Aujourd?hui, Anil a 43 ans, est marié et père de famille. Sa femme Anita a su prendre son mal en patience malgré les horaires tardifs puisque le mari en vaut la peine. Car notre boulanger n?a que deux priorités dans la vie : la passion du pain et l?adoration de sa famille. C?est avec les yeux pétillants d?amour qu?il évoque son fils Sarvesh et sa fille Aashika. « Pour pouvoir exercer ce métier, il faut avoir un équilibre certain, côté familial. Les moments que je passe avec eux sont si restreints que je les vis intensément. »

Après avoir écumé quelques hôtels, il prendra enfin ses marques au Beau Rivage. Certainement parce que cet hôtel du Groupe Naïade sait faire la part belle à la boulangerie par l?intermédiaire de son chef exécutif Stéphane Jean qui tient de main de maître les quatre restaurants et les bars que compte l?établissement hôtelier.

« Surprendre à travers les sens »

Grâce à son expérience et à ses compétences, Anil est promu chef boulanger dès son arrivée en 1999. Dès lors, il n?aura de cesse d?exceller dans son domaine. Il veut constamment éblouir la clientèle, friande de nouvelles saveurs.

Le Langoustier, un des restaurants du Beau Rivage a besoin de petits pains en accompagnement de ses délicieux fruits de mer. Qu?à cela ne tienne, le pain sera en forme de citron fourré de zestes de citron ou de citrons confits. « Même si la base reste la farine, il faut toujours innover et se renouveler. C?est primordial puisqu?on a une clientèle fidèle qui revient sur plusieurs années. Malgré mes 28 années de pratique, j?apprends encore dans ce métier. C?est cela qui est motivant », explique le chef boulanger.

La croûte qui craque entre les doigts éveillant tous les sens. L?odeur s?échappant du petit pain qu?on rompt, titille les narines. Les clients de l?hôtel en font la délicieuse expérience chaque matin. « C?est un peu la notion d?aller surprendre le client à travers ses sens aussi bien auditifs, olfactifs que visuels avant que la mie de pain ne vienne taquiner et se fondre dans son palais. C?est ainsi que nous avons carrément des thématiques de buffets de pains. Différentes farines sont associées. On fabrique du pain à la lavande ou fourré de farce. Il n?y a aucune limite. Mais mon préféré reste la baguette », confie Anil.

Anil Bhiwa a le triomphe modeste. Il vient de recevoir la médaille d?or au concours d?artistes boulangers lors du Festival de pain organisé par Les Moulins de la Concorde, mais s?étonne qu?on s?intéresse à sa petite personne. D?emblée, il veut associer son succès à son assistant Ramesh Pitipolsing. Il tient à ce qu?on mesure l?importance de tous les hommes de sa brigade lors de la visite de son lieu de travail. « La boulangerie requiert toute une équipe. Mes hommes, Ramesh Pitipolsing, Kishna Bhoyrah, Satine Callychurn et Shyam Callychurn opèrent dans une cohésion totale. Je ne suis rien sans eux. J?ai aussi persévéré dans ce métier pour l?ambiance et l?esprit d?équipe. »

C?est justement grâce à cette formidable entente que l?équipe boulangerie du Beau Rivage a décroché cette fameuse médaille d?or. 17 hôtels étaient pourtant en lice mais les habiles mains d?Anil Bhiwa et de ses hommes ont fait la différence. Ils ont travaillé d?arrache-pied pour faire émerger une formidable pagode aux détails infinis et aux finitions minutieuses, dignes des plus grands sculpteurs. On peut ainsi voir un bouddha couché sur son lit. Quand la mie de pain se met au service de l?art?

« Il faut dire que sans le soutien du chef Stéphane Jean, on n?y serait pas arrivé. L?annonce du résultat restera un des plus beaux moments de ma vie. Quelle satis-faction et quelle fierté pour l?équipe. Les personnes présentes étaient persuadées qu?on avait utilisé des bouts de bois pour faire tenir notre oeuvre. Il n?y a rien de tout cela. On a surtout utilisé de la farine de seigle qui est plus collante. » Anil Bhiwa n?est pas homme à rouler les autres dans la farine?

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