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La Nouvelle-Orléans décrète l’état d’urgence
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La Nouvelle-Orléans décrète l’état d’urgence
Le maire de La Nouvelle-Orléans a décrété hier l’état d’urgence et a donné l’ordre de lutter prioritairement contre les pillards, tout en poursuivant l’évacuation des habitants toujours piégés par les eaux, deux jours après le passage de l’ouragan Katrina. “Nous ferons le nécessaire pour ramener l’ordre et faire respecter la loi dans la région”, a déclaré de son côté le gouverneur de la Louisiane, Kathleen Blanco. “Je suis furieuse, c’est intolérable.”
Alors que la nourriture et l’eau potable viennent à manquer, des fusillades éclatent régulièrement dans la ville natale du jazz, où les pillards se sont introduits dans des habitations, magasins et hôpitaux pour y prendre des vivres ou des objets de valeur. Le léger reflux des eaux a laissé la place à des départs d’incendie.
Un convoi de 300 bus a commencé à évacuer les quelque 20 000 personnes encore bloquées au Superdome, stade couvert de La Nouvelle-Orléans, dont beaucoup seront dirigés vers l’Astrodome de Houston. D’autres patientent depuis des heures sur des parkings et des bretelles d’autoroute que des cars et des camions militaires les prennent.
Bien qu’il soit encore difficile d’établir un bilan, on estime que des centaines de personnes ont trouvé la mort en Louisiane et dans le Mississipi. Un comté du Mississipi a dénombré à lui seul 200 morts et, selon la sénatrice Mary Landrieu, Katrina aurait fait 50 à 100 morts au moins à La Nouvelle-Orléans.
En Louisiane et au Mississipi, l’ouragan a infligé aux côtes des vents à 225km/h et un mur d’eau de neuf mètres de haut qui a inondé de vastes secteurs, dont beaucoup d’habitants ont trouvé refuge sur les toits.
<B>Besoins comparables à l’après - 11 septembre</B>
Plus de 78 000 personnes se trouvent dans des abris de fortune et plusieurs dizaines de milliers de maisons et de commerces sont trop endommagés pour être réparés, a déclaré George Bush après avoir survolé les zones sinistrées en rentrant à Washington à bord d’Air Force One.
“Nous avons affaire à l’une des plus grandes catastrophes naturelles de l’histoire de notre pays”, a déclaré le président américain, qui a écourté ses vacances dans son ranch du Texas pour superviser les opérations de secours. “Ce rétablissement prendra des années.” Bush devrait se rendre cette semaine dans les régions sinistrées, peut-être samedi.
Le coordinateur de l’aide d’urgence de l’Onu, Jan Egeland, qui a supervisé les efforts de secours après le tsunami de décembre en Asie, a estimé qu’au plan économique Katrina pourrait se révéler beaucoup plus grave que les autres catastrophes naturelles récentes.
Selon des experts, les dégâts causés par Katrina pourraient coûter au moins 26 milliards de dollars aux Etats-Unis. Egeland, pour qui Katrina est “l’une des catastrophes naturelles les plus importantes et les plus destructrices jamais observées”, a proposé aux Etats-Unis l’aide de l’Onu.
L’administration Bush et le Congrès planchent sur une loi destinée à débloquer une aide d’urgence. Katrina pourrait entraîner en termes d’aide fédérale des besoins comparables à ceux consécutifs aux attentats du 11 septembre 2001.
Les gouverneurs des Etats touchés ont ordonné le déploiement de 10 000 Gardes nationaux supplémentaires, notamment pour prévenir les pillages, ce qui portera à 21 000 le nombre total de Gardes nationaux mobilisés. “C’est vraiment le chaos pour le moment”, a reconnu le directeur de la police de Louisiane, H.L. Whitehorn.
<B>Crainte de maladies</B>
Le maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, a estimé que ses habitants devraient attendre entre 12 et 16 semaines avant de rentrer chez eux. Un million de personnes ont fui la région avant l’arrivée de Katrina, mais l’ancien maire de la ville Sidney Barthelemy a estimé à 80 000 le nombre de personnes toujours bloquées à l’intérieur.
La ville a cependant vu l’arrêt de la montée des eaux, qui ont commencé à se retirer L’armée américaine a entrepris d’endiguer les eaux déversées par le lac Pontchartrain du fait des brèches apparues dans les digues protégeant la ville.
L’administration Bush a déclaré l’état d’urgence sanitaire dans les secteurs touchés, par crainte de maladies. A Biloxi, dans le Mississipi, certains cadavres sont encore inaccessibles. Une vingtaine de plate-forme pétrolières ont disparu dans le Golfe du Mexique. Elles ont coulé ou se sont détachées de leur ancrage.
<B>Jason REED</B>
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