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La nouvelle génération MMM

21 novembre 2005, 20:00

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Les deux plus importantes échéances électorales de l?année, les législatives de juillet et les municipales d?octobre, n?ont pas souri au Mouvement militant mauricien (MMM). Le c?ur a essuyé une première alerte en juillet avec un de ses scores historiques les plus mauvais, en termes de députés (10 seulement). Puis les municipales sont arrivées et ont provoqué l?hécatombe, ne laissant que des cendres et quelques braises. Si bien que, pour les dernières échéances électorales de l?année, les villageoises, pratiquement aucune liste ne devrait se réclamer d?une tendance mauve?

Dans ce vacuum, le grand parti de gauche veut renaître de ses cendres. Il a complètement réorganisé ses structures dirigeantes. C?est ce qu?annonce la direction du parti, à commencer par son leader, Paul Bérenger. Celui-ci a décidé de lâcher du lest et de reconnaître que son leadership a pu être par moments trop exclusif. Il annonce aussi un renouvellement de l?organisation et des idées. Avec des assises au centre-gauche?

Jusque-là, tout va bien. Sauf que, dans le fond, personne ne peut dire encore de quoi demain sera fait au MMM. Déjà, la base, cette assemblée des délégués, instance suprême d?un parti qui se veut démocratique, doit être déçue du renouvellement des instances dirigeantes. Deux des étoiles montantes ? Ajay Gunness et Deven Nagalingum ? élues avec près de 300 voix, ont peu ou pas de rôle. De quel renouvellement parle-t-on au MMM si on prend toujours les mêmes pour réaliser la renaissance d?un parti où de nombreux jeunes attendent à la porte ?

Certes, s?il est vrai que les anciens ont l?expérience voulue pour poursuivre l?odyssée du navire MMM, ils n?ont peut être plus la même fraîcheur. Certains n?ont, en tout cas pas obtenu le plébiscite de la majorité, non pas à cause de leur incompétence, mais parce qu?il faut faire de la place à d?autres. Et voilà qu?on les retrouve aux postes de commandement. Les jeunes doivent ronger leur freins?

Steven Obeegadoo, le plus jeune des anciens, aura la lourde tâche de redonner un nouveau souffle aux idées du MMM. Fermement ancré à gauche du centre, il devra trouver le juste milieu en prônant le pragmatisme, dans un environnement désormais livré à lui-même. Autant pour l?idéologie?

Dans la pratique, il faudra convaincre tous ces militants qui ont voté pour le renouveau des visages autant que celui des idées, qu?ils peuvent avoir à nouveau confiance dans l?avenir. Qu?ils peuvent suivre leur parti dans un nouveau projet de société, puisque c?est de cela qu?il s?agit.

Tous ceux qui poussent à la porte veulent entrer alors que le droit d?entrée est encore réservé à des happy few, vétérans de Mai 1976. Eh oui, les étudiants sont devenus des dirigeants. Or, quoi de plus motivant pour un jeune sinon de bousculer l?ordre établi? Le MMM aurait-il peur d?un vrai changement ? Tout semble l?indiquer. Sinon pourquoi ceux qui ont déjà fait leurs preuves au sein du parti et sur le terrain, puis dans des élections ne seraient-ils pas autorisés à être partie prenante d?un processus de renouvellement qui passe bien évidemment par le haut ?

Les ténors du MMM, qui ont connu les années de braise sont plus que jamais utiles à leur parti et à leur pays. Ils doivent cependant accepter de se tenir en retrait. S?ils restent sur le front ils auront la lourde tâche de convaincre une nouvelle génération de militants et de Mauriciens que le slogan du renouvellement n?est pas qu?un v?u pieux. Que le phénix peut renaître de ses cendres et que tout cela n?est pas que de la mythologie.

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