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La nouvelle crise ivoirienne fait ses premières victimes

19 janvier 2006, 20:00

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Quatre partisans de Laurent Gbagbo ont été tués dans l?ouest de la Côte d?Ivoire lors d?accrochages avec des casques bleus de l?Onuci. Ils sont les premières victimes signalées des nouveaux troubles qui inquiètent au plus haut point la communauté internationale.

De sources ivoiriennes et onusiennes, on précise qu?ils sont morts lors de la prise d?assaut d?une base de membres bangladais de l?Onuci à Guiglo, à 400 kilomètres environ au nord-ouest d?Abidjan. ?Le camp de Guiglo a été envahi vers quatre heures du matin (04h00 GMT). Les assaillants ont été repoussés par les soldats du Bangladesh?, a précisé Margherita Amodeo, porte-parole de l?Onu, en confirmant la mort de quatre personnes.

S?exprimant sous le sceau de l?anonymat, un commandant des forces gouvernementales ivoiriennes a confirmé ces quatre décès et ajouté que les casques bleus avaient évacué depuis leurs positions à Guiglo et dans la ville voisine de Duékoué.Il s?agit des premiers décès signalés en Côte d?Ivoire depuis que les tensions ont repris entre les ?Jeunes patriotes? partisans du régime de Laurent Gbagbo et les casques bleus de l?Opération de l?Onu dans le pays (Onuci).

Le silence de Gbagbo

Ce mouvement de protestation a été déclenché par la recommandation formulée dimanche par le Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre l?application du processus de paix. Ce groupe de médiateurs étrangers a jugé que le mandat de l?Assemblée nationale, arrivé à terme en décembre, ne devait pas être prorogé.

Cette recommandation, contraire à l?avis rendu par le conseil constitutionnel ivoirien, est qualifiée de ?coup d?Etat? par le camp Gbagbo dont le parti, le Front populaire ivoirien (FPI), a annoncé son retrait du processus de paix et exigé le départ des 7 000 soldats et policiers de l?Onu et des 4 000 militaires français de l?opération Licorne. Mercredi, alors qu?on annonçait la venue à Abidjan du président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l?Union africaine, de jeunes partisans de Gbagbo sont descendus dans les rues pour la troisième journée consécutive.

Environ 300 manifestants se sont de nouveau rassemblés devant le siège de la mission de l?Onu, que des centaines de ?patriotes? avaient assiégée mardi. Les casques bleus avaient dû alors tirer des coups de feu en l?air et des grenades lacrymogènes pour empêcher les manifestants de pénétrer de force dans l?enceinte diplomatique.Un groupe de manifestants est toujours posté à l?entrée de l?ambassade de France à Abidjan et un petit groupe s?est aussi formé mercredi devant la base militaire française du 43e Bima, dans le sud de la cité lagunaire. D?autres se sont rendus dans les locaux de la radiotélévision ivoirienne d?où ils ont réaffirmé leurs exigences.

Le président ivoirien ne s?est pas encore publiquement exprimé depuis le début de ces incidents, qui menacent une nouvelle fois le fragile processus de sortie de crise. Une conférence de presse avait été annoncée pour mercredi, elle a été reportée sine die.

Le chef d?état-major des armées françaises, le général Henri Bentegeat, s?est pour sa part prononcé en faveur de sanctions contre les protagonistes de la crise ivoirienne, dont il dénonce la ?mauvaise volonté?.

La résolution 1572 adoptée en novembre 2004 par le Conseil de sécurité a créé un comité des sanctions chargé de désigner les personnalités qui entraveraient le processus de paix dans l?ex-colonie française et pourraient faire l?objet de sanctions individuelles (interdiction de voyager, gel des avoirs). Sans commenter les propos du général Bentegeat, la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a jugé elle que la situation était ?extrêmement préoccupante?.

ATTAQUES

L?Onu accuse des radios d?inciter à la violence

■ Des stations de radio ivoiriennes incitent certains éléments à s?armer et à attaquer les représentants des Nations unies, a indiqué l?organisation internationale mercredi en demandant au gouvernement de la Côte d?Ivoire de mettre fin immédiatement à ces appels à la haine. ?Ceci est inacceptable et doit cesser immédiatement?, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole principal de l?Onu, en jugeant les émissions incriminées ?particulièrement inquiétantes? à la lumière des attaques qui ont visé des casques bleus mercredi pour la troisième journée consécutive. Des membres du Conseil de sécurité ont jugé le moment venu d?imposer des sanctions aux dirigeants du gouvernement ivoirien ou des rebelles qui bloquent le processus de paix. Le Conseil a autorisé en novembre 2004 l?adoption de sanctions, notamment des interdictions de voyager et des gels d?avoirs, mais il ne les a encore appliquées à personne dans le souci de préserver les efforts de paix. Le Conseil prévoit de tenir jeudi sa deuxième réunion consacrée à la Côte d?Ivoire depuis une semaine. On s?attend à ce qu?il publie un communiqué donnant son feu vert à des sanctions, indiquent des diplomates. Le secrétaire général Kofi Annan a condamné avec force «la violence orchestrée et dirigée contre les Nations unies».

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