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La NHDC hausse le ton

5 août 2007, 00:00

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Accoudée à l?unique table de la pièce, Monique, 53 ans, échange quelques mots avec sa voisine de palier. Le sujet de conversation du jour trahit bien leur crainte de se retrouver d?ici peu à la rue. Ces deux locataires d?un appartement de la National Housing Development Company (NHDC) de Camp-Levieux n?ont pas honoré leurs mensualités depuis plusieurs mois déjà.

Devant le millier de mauvais payeurs, la NHDC a, en effet, pris la décision de sévir. D?une voix fébrile, Monique a bien voulu nous expliquer comment elle en est arrivée là.

À la mort de son époux, il y a un peu moins de deux ans, cette ancienne employée d?usine s?est rapidement retrouvée dans l?impossibilité de payer son loyer à la NHDC. Pour subvenir aux besoins de ses trois enfants, cette mère de famille a dû se résoudre à se faire embaucher comme bonne à Rose-Hill.

« Je fais le ménage chez plusieurs personnes mais, malgré ça, je gagne juste de quoi nourrir mes enfants », explique la cinquantenaire, désemparée.

« Mo na pas pou ena auken par pou aller »

En attendant de trouver une solution, elle n?a eu d?autres choix que de cesser de payer ses mensualités et ce, depuis quatre mois. Mais face à la menace d?expulsion brandie par la NHDC, cette mère de famille tente de trouver des solutions afin de réunir l?argent qu?elle doit. « Si zot met mwa dehor, mo na pa pou ena auken par pou aller. Mo finn essay vann gato akot la foir pou gagn enn ti kass me mem sa pas assez », lâche Monique, comme un appel au secours.

Comme elle, nombreux sont ceux qui ne peuvent pas payer leur loyer depuis plusieurs mois. Les feuilles de rappel, envoyées par la NHDC, sont restées lettre morte. « Nous savons que nous devons payer, mais nous n?avons pas d?argent. Si seulement nous pouvions avoir encore un peu de temps, nous pourrions essayer de trouver la somme qu?il faut », explique Gabrielle, âgée de 37 ans. Sans emploi, elle élève, avec son époux, pêcheur, leurs quatre enfants. Assis au milieu du salon, Michael, le petit dernier âgé de 8 ans, ne se doute pas de l?inquiétude grandissante qui ronge sa mère.

Le Groupe Force Vive NHDC de Camp-Levieux, qui s?est renseigné sur la situation financière réelle des familles qui prétendent ne pas pouvoir payer leurs loyers, tiendra cette semaine une conférence de presse.

« Nous essayons de notre côté de trouver un arrangement avec la Mauritius Housing Company (MHC) pour que ceux qui sont réellement dans l?incapacité de payer ne perdent pas leurs logements.

Nous avons, par ailleurs, déjà adressé des courriers à la MHC à ce sujet », nous a déclaré le président des Forces Vives, Ken Fong Suk Koon.

Face au refus d?un bon millier de familles de s?acquitter de leurs mensualités, la NHDC n?en démord pas. Elle compte recourir à des poursuites légales afin de récupérer l?argent que lui doivent les locataires. Les arriérés dus à la NHDC s?élèveraient, en effet, à quelque Rs 62 millions.

Du côté de la direction, l?on fait ressortir avoir tenté de régler cette affaire « dans le dialogue », mais en vain. « Nous pouvons comprendre que certaines personnes sont dans l?impossibilité de payer, mais dans d?autres cas, il y a manifestement de la mauvaise foi. Il n?y a qu?à voir les antennes satellitaires sur les façades de ces appartements », explique un cadre de la NHDC.

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