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La Nasa compte sur Phoenix pour recueillir de l?eau martienne

9 août 2007, 00:00

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Le lancement réussi de la sonde américaine Phoenix, récemment, de Cap Canaveral (Floride), aura à peine soulagé les responsables de cette mission, dont le budget atteint 420 millions de dollars, destinée à fouiller le sol glacé du pôle nord de Mars.

Pour eux, l?inquiétude du départ était toute relative par rapport à l?angoisse de l?arrivée qui se profile : dans neuf mois, l?engin devra traverser la fine atmosphère martienne et se poser sur la surface de la Planète rouge. Ces manoeuvres n?ont réussi que cinq fois sur la quinzaine de tentatives menées depuis quarante ans par différentes agences.

Phoenix porte dans son nom même la trace de l?un de ces nombreux échecs. Comme l?oiseau mythique, la sonde renaît des cendres de Mars Polar Lander, perdue par la Nasa au cours de cette phase finale, en 1999. Fin mai 2008, Phoenix doit permettre aux ingénieurs américains de démontrer qu?ils ont corrigé les erreurs commises à l?époque. La sonde reprend en effet les mêmes principes d?atterrissage que sa devancière.

<B>Pionniers de la conquête martienne</B>

A la différence de Spirit et Opportunity, arrivés sur place en 2004, elle ne bénéficiera pas des énormes coussins d?air qui avaient enveloppé les deux robots et amorti leurs rebonds sur le sol. Trop gros pour utiliser ces airbags, le nouvel engin doit freiner sa course avec des rétrofusées et toucher la surface en douceur. Pour la Nasa, la maîtrise de cette technique est cruciale pour pouvoir envoyer sur la planète des explorateurs mécaniques de plus en plus volumineux. Pour l?heure, elle n?a fonctionné que deux fois, lors de l?arrivée, en 1976, des sondes Viking.

Ce ne sera pas le seul point commun entre Phoenix et ces pionniers de la conquête martienne. Comme les Viking, le nouvel atterrisseur ne se déplacera pas. Depuis trois ans, Spirit et Opportunity se comportent, eux, en ?explorateurs horizontaux? de paysages variés dont ils parcourent des kilomètres. Leur nouveau compagnon doit se livrer à une ?recherche verticale?. Posé sur ses trois pieds, il doit se servir de son bras articulé de 2,35 mètres pour recueillir des échantillons du sol et surtout creuser plus de 50 centimètres sous la surface.

La méthode diffère, mais le but est identique : l?eau, ou du moins ses traces, fil conducteur des missions de la Nasa, qui espère pouvoir y déchiffrer un jour la démonstration que la planète a pu accueillir une forme de vie.

Sur cette piste, Spirit et Opportunity agissent comme des historiens : en analysant les roches, ils cherchent à reconstituer le lointain passé aquatique de la planète, également mis en évidence par la sonde européenne Mars Express. Phoenix se conduira davantage en journaliste, à l?affût du présent ou de l?actualité récente de l?eau sur place.

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