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La météo des affaires

28 juin 2006, 00:00

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Beaucoup d?entre nous ont un sentiment mitigé sur l?environnement des affaires à Maurice. On est peut-être simplement en train de se faire peur. Nous avons pour habitude de penser qu?il y a trop d?obstacles à surmonter pour les investisseurs et les porteurs de projets. Les experts font état, au contraire, d?un bon climat des affaires chez nous.

Une étude de la Banque mondiale rendue publique la semaine dernière établit un classement de 155 pays en fonction de la facilité de faire des affaires. Maurice figure dans le peloton de tête, occupant la 23e place. Pour situer l?importance de ce classement, les rédacteurs de ce rapport intitulé ?Doing business in 2006? notent que ?le fait pour un pays d?occuper un bon rang pour la facilité d?y pratiquer des affaires reflète la création par son gouvernement d?un cadre réglementaire qui favorise la croissance?.

Le classement établi par la Banque mondiale est fondé sur des données recueillies en janvier 2005, soit six mois avant l?arrivée au pouvoir des travaillistes. Avec les changements préconisés par Rama Sithanen lors du dernier budget, notamment par rapport au régime fiscal, l?ouverture aux étrangers, et l?obtention des licences, nous devrons encore progresser à ce tableau l?année prochaine.

De plus, avec la réforme à venir des lois du travail, Maurice accomplira une avancée considérable dans un domaine où les réglementations sont encore contraignantes. Le Premier ministre a pris l?engagement de libéraliser le marché du travail et de rendre plus souples les conditions de ?hire and fire?. Cela ne peut que favoriser la création d?emplois. Pour preuve, le rapport de la Banque mondiale cite le cas du Portugal où le taux de création d?emplois est très bas en période de reprise parce que c?est ?l?un des marchés les plus réglementés?.

Si le tableau est globalement positif pour notre pays, il reste toutefois des efforts à faire dans certains domaines. Un examen détaillé du rapport démontre que nous sommes classés à la 131e position en ce qui concerne l?enregistrement des titres de propriété. De même, il n?est pas facile d?obtenir un prêt bancaire chez nous. 85 pays font mieux sous ce rapport.

Si le cadre réglementaire est, en général, propice aux affaires, il n?en reste pas moins que les mentalités de certains cadres et dirigeants peuvent casser les ressorts des plus entreprenants des investisseurs. Non seulement il existe des fonctionnaires tatillons et procéduriers mais il y a des chefs qui sont trop jaloux de leurs prérogatives. Il faut se demander, par exemple, si le gouvernement n?a pas renoncé à créer un guichet unique à Enterprise Mauritius, uniquement parce que cela éveillait des jalousies au BOI et à SEHDA.

Par ailleurs, comme pour bien souligner que nous ignorons souvent nos propres atouts, des journaux malaisiens ont révélé, la semaine dernière, les conditions dans lesquelles Maurice a séduit le groupe indien Infosys. C?est le fondateur du groupe, Narayana Murthy, qui l?a dit au vice-président malaisien : ?Infosys had seen Malaysia as the ideal parallel base for its disaster data recovery and support services as early as in 2000, but their plans were frustrated by Immigration officers who regarded applicants for work permits as potential overstayers. Unable to deal with the restrictions and delays, Infosys chose Mauritius, its second choice.?

Manifestement, nous ne le savions pas. Nous vivons dans un pays où il règne un excellent climat des affaires.

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