Publicité
La météo aux prises avec “Lisa”
Par
Partager cet article
La météo aux prises avec “Lisa”
Quelque 72 heures de suspens, c’est ainsi qu’on peut résumer le passage particulièrement erratique de la dépression tropicale “Lisa”, dans nos parages, gâchant complètement un long week-end férié, en raison notamment de la fête de “Varusha Pirappu”. Du 7 au 8 avril, “Lisa” avale les kilomètres pour passer du nord de Rodrigues à celui de Maurice, à hauteur de la latitude 17,5 degrés Sud. Les 8 et 9 avril, cette dépression tropicale marque un arrêt au nord de Maurice. Le 10 avril, redépart plutôt lent en direction de l’est et de Rodrigues, suivi d’un nouvel arrêt au NNE de Maurice. Les 11, 12 et 13 avril, “Lisa” se met à tracer des arabesques entre le NNE et le nord de Maurice pour consentir enfin à s’éloigner, le 14 avril, en direction de l’ONO.
Le directeur de la météo nationale, M. B. Padya, en perd son latin : “Lisa est un cyclone qui sort de l’ordinaire”. Faut-il encore noter des changements d’intensité tout autant erratiques, allant de la simple zone de base pression à cyclone d’intensité tropicale d’échelle 4 pour redevenir simple dépression puis dépression tropicale.
Les méchantes langues insinuent que la MBC Radio, la seule d’ailleurs à l’époque, a tort de programmer si souvent en période cyclonique le “Come back Lisa” d’Harry Bellafonte. Elles lui donnent aussi une jumelle (cyclonique et non médiatique) qui grossit et se renforce quand elle (Lisa) veut s’affaiblir. Le samedi 11 avril, la classe III entre en vigueur. Le lendemain, pendant la journée, on retourne en classe II, pour repasser à la III en fin d’après-midi et se réveiller sans avertissement en vigueur le 13 avril au matin. Le 14 au matin, “Lisa” se renforce pour la énième fois mais file vers l’ouest, s’éloignant de Maurice, hésitant, il est vrai, entre Saint-Brandon et Tromelin. Sacré(e) Lisa, va !
La météo de Vacoas enregistre des rafales de 88 km à l’heure pendant son passage. Les pluies sont, en revanche, très abondantes. Il tombe 13,81 pouces (plus de 60 mm.) de pluie aux Vacoas pendant ces quatre jours cycloniques. La pluviométrie est moins importante ailleurs (FUEL : 6,70 pouces ; Plaisance : 4,41 ; Médine : 2,37). L’abondance de pluie est, bien sûr, néfaste aux cultures maraîchères. Les espoirs d’une récolte sucrière de 650 000 tonnes s’envolent évidemment. Une menace cyclonique, à la mi-avril, cela pardonne rarement.
L’erratique “Lisa” n’épargne pas en tout cas les activités portuaires. Elles demeurent au point mort pendant plusieurs jours, sans parler des inconvénients pour les navires, devant craindre, à tout moment, les risques d’un rapprochement intempestif de cette dépression tropicale. L’on sait que la manutention portuaire est telle à la mi-avril que notre MPA ne peut même accommoder l’accueil d’une centaine de pèlerins chagossiens. C’est vrai qu’il y a pèlerins et pèlerins et que les Chagossiens doivent rester les sacrifiés de notre Indépendance.
Cela n’empêche pas la firme “Ireland Fraser”, faisant partie du groupe IBL, de célébrer un demi-siècle de services maritimes, offert par les navires de la “Nedlloyd Lines”, assurant les liaisons maritimes avec l’Extrême-Orient et la Nouvelle Zélande. C’est en 1931, en effet, que mouillent, au Port Louis, les premiers navires de cette compagnie, s’appelant alors la “Koninklyke Paketvaart Maatschappj”, plus connue des Mauriciens comme la KPM. Ils n’en finissent pas d’en admirer les magnifiques paquebot que sont le “Ruys”, le “Tegelberg” et le “Boissevain”, lors de leurs escales portlouisiennes. Ce dernier navire sera sérieusement endommagé par un incendie, en rade du Port-Louis, à la fin de la décembre 1957.
Pendant les années 1950, la KPM change de nom pour devenir la “Royal Interocean Lines” (RIL), puis la “Nedlloyd Lines” à la fin des années 1970. Les navires de cette compagnie, en provenance de l’Extrême-Orient, font escale au Port Louis trois fois tous les deux mois et une fois toutes les six semaines, en provenance de la Nouvelle Zélande. Des rouliers, dont le “Nedlloyd Bounty” et le “Nedlloyd Crystal”, sont appelés à desservir Port Louis.
A la mi-avril 1981, annonce est faite de l’abandon du projet de construction d’une raffinerie de pétrole sur notre côte ouest. Le gouvernement Ramgoolam met en avant des problèmes financiers. Ceux, qui connaissent le dossier, ne sont pas dupes : les pressions réunionnaises ont été décisives. L’Elysée n’a pas manqué de prévenir Ramgoolam lors de l’une de ses nombreuses visites à Paris. Une convention d’aide, concernant ce projet, est pourtant signée, en 1979, par l’ambassadeur de France, M. Jean Jacques Mano, et Sir Harold Walter. Les études de fiabilité concernant ce projet ne sont guère concluantes surtout en cas de désaccord de la Réunion. L’étude souligne encore les difficultés pour Maurice de s’assurer un approvisionnement continu et à long terme en pétrole brut. On frémit en pensant, qu’à l’époque, le gouvernement Ramgoolam compte sur l’Iran du Shah pour assurer celui-ci. Autre obstacle et de taille, les raffineries doivent acheter comptant le pétrole brut et vendre à crédit le pétrole raffiné, une opération qui suppose de solides possibilités financières.
Publicité
Publicité
Les plus récents