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La musique orientale en compétition

27 novembre 2004, 00:00

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Dans l?une des régies de la MBC, Suren Raghu, réalisateur de la compétition de ghazal diffusée chaque vendredi sur la MBC2 à 20H45, est concentré sur le montage d?un programme. «Nous sommes très pris par le temps. Chacune des régies est très prise. Nous avons tous un lapse de temps déterminé», explique-t-il avant de nous accorder un moment.

L?homme est sérieux et concentré. Il est là pour faire son travail. Pour bien le faire. L?enregistrement de l?émission s?est fait en milieu de semaine. Il est jeudi et il doit la monter pour être diffuser le lendemain. Suren Raghu nous montre quelques-unes des images et nous parle de Nazia Robyo, la présentatrice. «Elle est nouvelle et se débrouille assez bien. Pendant trois semaines, elle a suivi une petite formation afin de pouvoir faire ce que nous attendions d?elle. Pour une première fois, je suis satisfait», explique-t-il.

Le ghazal est une magnifique musique classique très poétique. Ce n?est pas que l?interprétation d?un titre mais aussi ce qu?il dégage. C?est une émotion qui est chantée. D?ailleurs le décor a été mûrement étudié. Il n?était pas question là de faire un décor qui ressemblerait à celui d?une émission de variété. Lors de leurs interprétations, les candidats sont accompagnés par le groupe Bahaar-E-Mowsiqui, dirigé par Reshad Jafferbog. Quarante candidats ont été choisis parmi les deux cent cinquante entrées. Huit d?entre eux évolueront par émission. Ils seront notés sur cent points. Ceux qui auront le plus grand nombre points iront en final. Lors de la dernière émission, ils seront à dix.

Autre émission musicale qui met du soleil sur les ondes de la MBC télé en ce moment, est Bhojpuri Bahaar, diffusé le dimanche à 18H30 sur la première chaîne télé. Elle est produite par Hurrynarain Mohabeer et Arjoon Putlajee. C?est la quatrième année où ce concours se tient. «Nous avons plus de trois cents entrées. Nous en avons choisi quatre-vingt dix. Il y aura dix émissions, deux demi-finales et une finale. Nous cherchons un endroit populaire pour la finale », explique Hurrynarain Mohabeer. Tout comme la compétition de ghazal, les candidats seront notés sur cent points et les meilleurs constitueront la bande de dix finalistes.

Bhojpuri Bahaar a permis de révéler des talents. L?un d?entre eux a d?ailleurs participé à de nombreux concours à travers le monde, par la suite.

Un concours de chant en appelle un autre sur la MBC télé. Après Gheet Gata Chaal, Sur Sargam ou encore Gheet Madhuri, Sofé Ravanne. Ces hommes et ces femmes tiennent en haleine les téléspectateurs.

A défaut de pouvoir enregistrer un disque, ils ont trouvé la solution : les concours de chant. Pour certains, amateurs de bonne musique ayant «une voix», ce concours peut s?avérer intéressant à trois niveaux : se mesurer à d?autres candidats, être jugé devant un jury de professionnels et gagner des prix. Et si dans la foulée, ils deviennent des vedettes dans leurs régions, ce n?est pas pour leur déplaire.

Ces concours qui se veulent défricheur de talents, font un véritable triomphe. Les candidats sont ravis de l?expérience, les téléspectateurs qui reconnaissent des amis, des voisins ou des proches en redemandent et la MBC parvient quant à elle à remplir sa mission de télévision du service public.

Ce qui est plus intéressant, c?est que les candidats se sentent utiles à quelque chose. C?est le cas par exemple de Jenita Calloo, une jeune fille de dix-huit ans, qui a remporté le concours de chant en marati, Gheet Madhuri. «Mone participé parce qui mo ti envie conné si mo capav chant en marati, langaz mon banne zancet lor enn la scène,» explique-t-elle. C?est également le cas de Dayanand Somnac, classé deuxième au même concours. Pour lui, joueur de tabla et élève au cours de chant de la Mahatma Gandhi Institute, Gheet Madhuri constitue une occasion unique de chanter dans la langue de ses ancêtres. «Je suis très fier en tant que Marati d?avoir pu participer à ce concours et d?avoir réussi à mettre en pratique tout ce que j?ai appris en cours.»

De son côté, Nandy Apajee, classée troisième et ex-aequo avec Preemik Devjee au concours Gheet Madhuri, s?inscrire à un concours de chant revêt une importance particulière car elle aime autant la musique que la chanson. «Mo habitié chante avec banne group la prière, mo ti pé expect qui sa fois là mo ti pou gagne enn place lor podium.» Nandy ne croit pas s?y bien dire ! Troisième au concours Gheet Madhuri, elle a comme quelques-uns de ses pairs, suivi quelques cours de chant au MGI et poursuivi toute seule son petit bonhomme de chemin.

Pour tous ses gagnants, hommes, femmes, jeunes ou moins jeunes, les concours de chant leur ouvrent des possibilités. Ils sont la preuve que l?île Maurice aime chanter et que les talents sont nombreux chez nous. Mais ils déplorent tous qu?une fois le concours terminé, il ne leur reste pas grand-chose, si ce n?est attendre le prochain concours.

«Il faut être réaliste, nous n?avons presque aucune chance de pouvoir de vivre de ce métier un jour, » explique Dayanand Somnac. Toutefois, le plus important pour eux, c?est que le concours leur a permis de réaliser un rêve. On est saisi par leur enthousiasme et la pertinence de leur regard sur une absence de pouvoir percer dans la chanson. Pour eux, la chanson est un puissant anti-stress pour désamorcer le quotidien. Gheet Madhuri avait l?allure magique du rêve, un rêve que la télévision a réalisé.

Pour Sonanoyan, le concours Bhoj Puri Bahaar, qu?il a remporté en l?an 2000, a changé sa vie, même s?il est un habitué des tours de chants.

«Monn bocou chanté, dans bocou place, mais Bhoj puri Bahar ti mo prémié participation enn concours dans télévsion. Monn gagn premié prix. Après ça, monn gagn l?occasion allé présente mo chanté dans l?Angleterre et dans Afrique du Sud », raconte Sonanoyan, originaire du village de Goodlands, dans le nord.

«Kot éna bizin chanté, mo vini », lance cet ancien laboureur, aujourd?hui retraité. Il chante depuis toujours, «depuis 1959 mon chanté, dans tout l?occasion, dans la salle, enba la tente, partout », pour n?importe quelles occasions.

Le concours télévisé fut une grande première pour lui car il a pu se présenter à tout le pays. «Ti bizin montrer le peuple l?île maurice, ki mo enn bon chanteur et sa ti faire moi plaisir chanté pour toute l?île Maurice». Sa chaleureuse voix nous rappelle cette année 2000 où, se souvient-il, Sonanoyan a remporté le concours haut la main. «Mo croire record points pas encore cassé», ajoute-t-il avec fierté.

Sa grande expérience, du chant et des concours le ramène aujourd?hui vers Bhoj Puri Bahaar. «Mo revini encore enn fois, mais ça l?année là, mon pou membre du jury», précise-t-il. Les retrouvailles se passent bien, l?ancien vient saluer et encourager les jeunesses qui participent, quatre ans après lui au concours de chant en bhoj puri de la télévision nationale.

Pourtant, il n?a jamais rêvé d?une grande carrière dans la musique, souhaitant simplement pouvoir chanter et être écouté.

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