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La mort frappe le policier Raddhoa

3 octobre 2007, 00:00

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La mort frappe le policier Raddhoa

Les proches du surintendant Prem Raddhoa pleurent depuis hier la mort d?un homme intègre, profondément dévoué à sa famille et qui éprouvait une grande passion pour son métier. Il fascinait aussi en dehors de son cercle familial. Beaucoup le prenaient pour un super-héros qui protégeait la société contre les méchants. Mais ce policier aux méthodes peu orthodoxes était le mal-aimé de citoyens soucieux des libertés civiles. Ceux-ci étaient assez lucides pour voir, au-delà des récits romanesques des aventures du génial policier, ses outrances présumées.

Prem Raddhoa ne disposait pas, bien entendu, d?une formule magique pour élucider tous les mystères, mais il lui arrivait de démasquer les auteurs de quelques crimes célèbres. L?enquêteur a eu du flair notamment dans l?affaire d?Ouma Ujoodha. Trois ans après le meurtre, il a arrêté l?époux qui a avoué avoir tué sa femme et dissimulé son cadavre dans une fosse septique. De même, Prem Raddhoa a démêlé l?écheveau du meurtre de Nisha Veeranah. Le mari de celle-ci a reconnu avoir assassiné sa femme et caché son corps dans une tombe au cimetière de St.-Martin. Cela a suffi pour fabriquer un mythe.

Prem Raddhoa n?a pas su tirer au clair de nombreuses autres affaires dont il avait la charge. Les policiers sous sa férule n?ont pas identifié le meurtrier de Nadine Dantier. Ils n?ont pas, non plus, résolu le mystère du hold-up à la MCB. Ces insuccès n?ont pas, pour autant, entamé la légende du policier intraitable. Prem Raddhoa était craint. Sa seule présence à la CID de Curepipe suffisait pour rendre la ville plus paisible. A travers le pays, on l?appelait à la rescousse quand l?ordre et la paix étaient menacés dans un quartier donné. Plus la situation économique se dégradait, plus son rôle devenait important, car les actes de délinquance se multipliaient.

Personne ne conteste le fait que le chef de la Major Crime Investigation Team (MCIT) était un policier qui produisait des résultats. Mais les doutes qui existaient sur la légalité des moyens que son équipe utilisait étaient confirmés avec la mort en détention, sous la surveillance de la MCIT, de Ramdoollur Ramlogun. La publication d?une photo montrant les ecchymoses sur la plante des pieds du suspect était accablante pour l?équipe.

L?affaire Ramlogun avait ramené au centre de l?actualité une question fondamentale : Sommes-nous prêts à sacrifier nos libertés et nos droits sur l?autel de la sécurité et de l?ordre public ? Certains pensent qu?il est possible de fermer les yeux sur les dommages collatéraux qu?entraînent les enquêtes de la MCIT. Ceux-là oublient que si le principe de l?usage de la force est accepté, rien ne garantit que seuls les marginaux et les déviants en seront victimes.

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