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La Morgane aux doigts de fée
Elle vient de Lourdes et elle fait du canevas. Elle a exposé au Grand marché contemporain de Paris en mai 2004 et elle exposera pour la première fois à Maurice, à l?Hôtel Tamarin du 1er au 4 décembre. Elle, c?est la fille de Pierrette Dupoyet, Morgane Dupoyet, la dame de Lourdes, l?artiste aux doigts de fée.
Un premier prix au Concours d?Affiches pour le centenaire du Lycée Montaigne (Paris) en 1986 va propulser Morgane au sein de la communauté des artistes de France. Au courant de la même année, elle va illustrer le livre L?Enfer aux éditions Actes Sud-Papiers. Après avoir fréquenté, en 1987, l?Ecole Supérieure d?Arts Appliqués Duperré à Paris, elle donne sa première exposition sous le titre Encre et Crayons, à Paris-Mouffetard.
Depuis, elle expose régulièrement dans plusieurs quartiers de Paris, tels Montparnasse, Saint-Germain- des-Prés, le Marais et la Bastille. Elle participe également à des expositions collectives et est présente à des foires d?art d?importance internationale. L?année dernière, elle a présenté ses ?uvres à la fameuse Foire internationale d?art contemporain de Chine, organisée sous le titre Senses of Art. Sa dernière exposition date du mois d?août de cette année-ci, en Dordogne.
Sur le canevas de Morgane se dévoile tout un savoir-faire artistique qui se réclame d?une extrême précision. Les points sont exécutés avec une telle finesse qu?ils donnent aux figures qui émergent des contours irréprochables, même si le rapport de grandeur entre les divers objets représentés dans un même espace semble défier les lois des proportions dans le réel. Dans l?ensemble, ces créations sont une fenêtre ouverte sur l?irréel.
Les sujets traités sont, de ce fait, la représentation d?un réel saccadé. Si les éléments qui composent les toiles de Morgane sont empruntés du réel, ils sont placés de telle manière que la relation qui s?instaure entre eux semble être brisée : un arbre se déracine pour s?envoler vers un ailleurs lointain ou des yeux fleurissant sur les tiges d?un arbre.
Cette discontinuité dans la représentation du réel est prolongée au-delà des toiles. Car, si celles-ci affichent un choix de couleurs, fait non sans une certaine circonspection, les cadres présentent, quant à eux, tantôt une relation d?harmonie, tantôt un contraste voulu avec l?ensemble. La couleur dominante de chaque tableau a certainement été le critère de choix quant à la couleur des cadres.
Tout compte fait, si les canevas de Morgane veulent trouver leur interprétation idéale, c?est bien dans celle des phénomènes oniriques qu?ils doivent la chercher. Car, à bien y voir, chaque création est la représentation sur tissu d?un rêve dans sa forme la plus authentique, c?est-à-dire décousue. Autant dire qu?avec son aiguille, la dame de Lourdes ne décompose pas le réel mais recoud la réalité des rêves qu?elle transpose, grâce à ses doigts de fée, sur toile.
Voilà qui traduit la puissance créatrice de l?artiste : elle donne forme à ses rêves. Alors, ce qui se dévoile, sans doute, au-delà de la création artistique chez Morgane Dupoyet, c?est une certaine forme d?évasion?
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