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La microfinance reconnue
L’attribution du prix Nobel de la paix à Mohammed Yunus, est une belle reconnaissance pour la microfinance. Cet économiste bangladais œuvre depuis plus de trente ans pour la réduction de la pauvreté et de l’exclusion, par le financement de microprojets…
Comme le disait déjà Jacques Attali, en novembre 1997 à l’Aspen Institute, “Le problème de la pauvreté dans le monde sera le défi majeur du 21e siècle.” Et bien que le microcrédit ne soit qu’un instrument parmi d’autres, d’aide à la réduction de la pauvreté, la nomination du fondateur de la Grameen Bank apporte une véritable reconnaissance à ce procédé.
Ce professeur d’économie bangladais, âgé de 66 ans a appris la nouvelle avec fierté pour son pays. La première forme de microcrédit est née dans les années 70 quand Mohammed Yunus, prête un peu d’argent à des tresseurs de paniers puis à des femmes, pour l’achat de machines à coudre. Contre l’avis du gouvernement, il continue d’accorder des microprêts, jusqu’à l’officialisation de la Grameen Bank (“grameen” signifiant village) en 1983. Aujourd’hui, cette dernière dispose de près de 1 400 succursales et travaille dans plus de 50 000 villages à travers le pays. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts. Et affiche des taux de remboursement de près de 99 %, à l’instar de la plupart des autres institutions de ce type.
Aujourd’hui, on entend par microfinance l’offre de services financiers (crédit, épargne, assurances, etc.) aux populations pauvres, exclues du système financier. Sans revenus et sans propriété, ces populations ne sont pas en mesure d’offrir des garanties bancaires, et sont donc en général “oubliées” des institutions financières et des banques.
Le microcrédit permet à des femmes et des hommes démunis, de démarrer une petite activité génératrice de revenus : une microentreprise. Le prêt est ensuite remboursé grâce aux revenus de cette entreprise. Le service d’épargne sécurisé permet aux populations les plus pauvres d’assurer un avenir à leur famille, et avec la microassurance, l’épargne protège des chocs externes (catastrophes naturelles, crises macro-économiques) des populations qui y sont le plus souvent les plus sensibles.
Plus de 80 millions de personnes bénéficient aujourd’hui de services de la part de 10 000 institutions de microfinance. Parmi elles, 54,8 millions font partie des plus pauvres. Ces 54,8 millions de personnes et les 274 millions de membres de leur famille représentent un total égal à l’ensemble des populations de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Irlande et de la Suède réunies.
La combinaison d’outils de microfinance et de l’internet représente une réelle bouée de sauvetage lancée à ceux qui ont faim et qui souhaitent s’en sortir par le fruit de leur travail.
En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !
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