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La MCB s?inquiète de la faible croissance

11 mai 2006, 00:00

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Les perspectives d?une reprise de l?emploi et de l?activité économique le moyen terme demeurent sombres. C?est le constat de la Mauritius Commercial Bank (MCB) dans sa dernière analyse de la situation économique (MCB Focus).

La MCB révise à la baisse ses prévisions pour l?année. Le taux de croissance de l?économie pour 2006 sera de 4,5 %, soit de 0,5 point inférieur à l?estimation initiale de janvier dernier.

L?activité reste timide. Cause majeure du problème : le faible niveau de l?investissement privé. ?La déficience dans l?investissement est très inquiétante surtout à un moment où le sucre et le textile-habillement font face à une concurrence féroce dans le sillage de la libéralisation du commerce?, notent les analystes de la MCB.

Le pays ne peut plus compter sur l?épargne domestique pour financer l?investissement. Il faut au plus vite attirer des capitaux étrangers. Le niveau de l?épargne par rapport au produit intérieur brut (PIB) a chuté de 25,6 % en 2000 à 16,6 % en 2005. Il est prévu que la descente se poursuivrait encore cette année.

Les investissements étrangers sont aussi nécessaires pour remédier à certains déséquilibres dans notre balance des paiements. La balance commerciale sera déficitaire de Rs 47 milliards, soit 23 % du PIB cette année. Le compte courant est également déficitaire. Ces manquements, s?ils persistent, risquent fort de mettre à mal nos réserves internationales.

L?endettement de l?Etat rend l?économie encore plus vulnérable aux chocs. L?analyse de la MCB fait le point sur les dangers éventuels et passe en revue les diverses options disponibles pour ramener la dette à des niveaux plus acceptables. ?L?économie est plus exposée aux mouvements adverses dans le taux de croissance ou dans le taux d?intérêt réel lorsque le niveau de l?endettement est élevé?.

Un fisc florissant serait la clé à toutes les faiblesses des finances publiques dont le problème de déficit et celui de la dette. Un des principaux défis, selon le MCB Focus, est de prendre des mesures pour améliorer la tax buoyancy (une fiscalité prospère) tout en gardant un ?il attentif sur la progression des dépenses.

La mise en ?uvre des réformes économiques identifiées est vitale pour propulser la croissance sur une trajectoire supérieure. Plus d?activités veulent dire plus de recettes de la taxe pour l?Etat.

Les économistes de la MCB disent accueillir avec satisfaction les initiatives prises par le gouvernement pour combattre le gaspillage, l?inefficience et les malversations dans l?utilisation des fonds publics. Ils préconisent toutefois des restructurations plus approfondies, assorties de législations fortes du type Fiscal Responsibility Act.

Système de pension menacé

Ces mesures viendraient améliorer la transparence et la gouvernance dans la gestion des budgets alloués aux ministères, départements gouvernementaux, organismes parapublics et autres entreprises étatiques. Des objectifs de performance seraient établis et l?administration publique devra s?expliquer sur les éventuels écarts aux buts fixés.

?Avec un tel encadrement, les autorités attacheront une plus grande importance aux conséquences à long terme de leurs actions. Cela va contribuer à une politique fiscale plus soutenable?, écrit le rapport.

Il faut aussi mettre en place des systèmes pour consolider la gestion de la dette de manière à assurer que le gouvernement rembourse ses emprunts au moindre coût possible.

Toutefois, les analystes mettent en garde contre de possibles réductions dans les budgets de développement. ?Il faut bien considérer les implications de telles décisions sur la croissance économique, surtout à un moment où le climat de l?investissement n?est pas brillant?. Dans une telle conjoncture, l?Etat a encore un rôle à jouer pour stimuler l?activité.

Mais il ne faudra pas perdre de vue les nécessaires changements structurels dans les dépenses du gouvernement, dont ceux consacrés à l?Etat-providence. Le MCB Focus souligne que le système de pension ne pourra plus soutenir à terme les effets d?une population vieillissante.

Un apport plus conséquent du privé à l?Education et à la Santé pourrait faire économiser des ressources importantes au gouvernement tout en rehaussant le niveau du service.

Les analystes évoquent aussi d?autres réformes ?plus sensibles?, notamment celle de la fonction publique.

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