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La MCB révise à nouveau la croissance à la baisse

12 octobre 2004, 20:00

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Les perspectives de croissance économique se dégradent. La Mauritius Commercial Bank (MCB) a une nouvelle fois révisé à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Le dernier bulletin ?MCB Focus? publié hier annonce effectivement que les estimations concernant la croissance ont été ramenées de 4,8 à 4,5 %. Sucre exclu, la croissance devrait être de 4,4 % au lieu de 4,6 %.

La MCB arrive à ce chiffre en dépit d?une base plus faible résultant d?un ajustement à 4,3 % à la baisse du taux de croissance en 2003. Depuis le début de l?année, la MCB a systématiquement revu à la baisse ses prévisions

La MCB estime que les principaux piliers économiques faiblissent, d?où une nouvelle révision à la baisse. Ainsi, au niveau de l?industrie sucrière, la production devrait être de 570 000 tonnes au lieu des 590 000 tonnes estimées en juillet.

La MCB juge la situation dans la zone franche alarmante. La contraction enregistrée l?année dernière dans ce secteur était plus forte, soit de - 6 % au lieu de - 4 %. Les analystes de la banque maintiennent qu?on enregistrera une nouvelle contraction de 1% cette année ce qui équivaut à une baisse de la valeur ajoutée générée par ce secteur compte tenu de la base plus faible en 2003.

Pour la MCB, la croissance de 9,4 % des exportations dans ce secteur est largement attribuable à une augmentation de l?indice des prix à l?exportation tandis qu?en terme de volume, la performance reste médiocre.

Pour ce qui est du tourisme, les derniers chiffres disponibles confirment la stagnation notée au cours de la première partie de l?année. Le nombre d?arrivées a chuté de 0,2 % pour la période s?étalant de janvier et août comparativement à l?année dernière.

?Ce qui est inquiétant, c?est qu?on a observé un déclin dans le nombre d?arrivées touristiques en provenance de nos principaux marchés européens tels que la Grande-Bretagne et l?Allemagne ?, écrit Gilbert Gnany, Chief economist de la MCB.

Calcul du taux de chômage

Mais les arrivées touristiques devraient progresser au cours des mois à venir. Le secteur devrait connaître un taux de croissance positif qui devrait avoisiner les 1 %.

La contre-performance des principaux piliers de l?économie s?inscrit dans un contexte où la croissance au niveau mondial repart sur les chapeaux de roue. Le Fond Monétaire International (FMI) a effectivement révisé à la hausse ses prévisions pour cette année. La croissance mondiale sera de 5 % au lieu de 4,6 %.

Au niveau du chômage, la MCB constate que la situation continue à être fortement influencée par les difficultés dans la zone franche. ?En effet, les licenciements sont de plus en plus inquiétants dans ce secteur dans le sillage du processus de restructuration en cours tandis que la concurrence s?accroît davantage?, trouvent les analystes de la MCB.

Au cours du second trimestre de l?année, 5 000 travailleurs mauriciens ont perdu leur emploi dans la zone franche. Ce qui porte à plus de 10 000 le nombre net de pertes d?emplois entre juin 2003 et juin 2004.

Ajouté à la capacité réduite des autres secteurs à créer des emplois, le déclin persistant dans la zone franche a contribué à une baisse significative de l?emploi dans les grandes entreprises. Le nombre d?employés dans cette catégorie d?entreprises est passé de 298 537 en mars 2003 à 295 417.

Dans la conjoncture, le chômage a continué à augmenter en 2004, peu importe la méthode de calcul, soutient la MCB. En se basant sur l?ancienne méthode de calcul dans lequel le taux de chômage était dérivé du dernier recensement de la population ou du Labor Force Sample Survey ajusté par d?autres indicateurs, le taux de chômage moyen pour le mid-year est passé de 10,2 % l?année dernière à 10,7 %, selon la MCB, soit légèrement plus que le chiffre de 10,6 % annoncé dans le budget.

Si on se base sur la nouvelle méthodologie qui utilise le Multi Purpose Household Survey comme principal outil, le taux de chômage est passé de 8,7 % en mars à 9,1 % en juin. Selon cette même méthodologie, le taux de chômage moyen ? mid-year - pour 2004 devrait être de 9,3 %, estime la MCB.

?En fait, un renversement de la tendance concernant le chômage n?est pas à l?ordre du jour à court terme à la lumière de la phase de consolidation en cours dans la zone franche en raison des problèmes persistants dans ce secteur. D?autant plus que le niveau d?investissement dans l?économie reste bas?, poursuit la MCB.

Par ailleurs, les analystes de la banque prévoient une hausse de l?inflation principalement due à une révision du prix d?un certain nombre de produits administrés, de la hausse continue du cours du pétrole et à une dépréciation de la roupie.

Les prévisions concernant le taux d?inflation à décembre 2004 ont été révisées à la hausse par 40 points de base pour atteindre 4,7 %. Il pourrait s?élever à 5,5 % à juin 2005.

La MCB observe également que la balance des paiements, tout en restant positive, se réduit. Le surplus passe de Rs 9,1 milliards pour l?année financière 2003 à Rs 3,2 milliards en 2004 et devrait se réduire à Rs 700 millions seulement l?année prochaine.

Pour l?année 2005, les analystes de la MCB prévoient une croissance de 5,1 % en se basant sur une production sucrière normale de 620 000 tonnes. Sucre exclu, la croissance devrait être de 4,9 %. l?année prochaine.

Dérogation

Toutefois, 2005 s?annonce pleine d?incertitudes malgré le fait que les conditions économiques devraient être plutôt favorables dans nos principaux marchés d?exportation.

C?est la zone franche qui semble le plus à risque en raison principalement du démantèlement de l?accord multi-fibre dont l?impact sur l?industrie du textile-habillement reste difficile à prévoir.

D?un autre côté, le fait que Maurice ait pu arracher une dérogation concernant l?importation de tissus sous l?Africa Growth and Opportunity Act est une bonne nouvelle qui devrait aider à favoriser les exportations sur le marché américain. Néanmoins, le fait que cette dérogation soit d?une durée d?une année ? même si potentiellement renouvelable ? introduit une incertitude et rend la planification plus difficile.

Finalement, la MCB prévoit une nouvelle année 2005 difficile pour la zone franche. Au mieux, ce secteur devrait enregistrer une légère croissance largement attribuable à un fort effet statistique après trois années successives de déclin.

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