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La MCB révise à la baisse les prévisions de croissance

22 juillet 2003, 20:00

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La Mauritius Commercial Bank (MCB) annonce une baisse de la croissance économique cette année. Elle sera de 4,7% et non de 5,6% comme avancé par les services économiques de la banque en avril 2003.

Le dernier Economic Update de la MCB rendu public hier a donc réduit de presque 1 % ses prévisions concernant la croissance du produit intérieur brut (PIB). L?expansion de l?économie ? secteur sucre exclu ? sera de 4,5 %.

Cette révision à la baisse des prévisions de croissance est largement attribuable à une production sucrière moindre que prévue et à des perspectives plus sombres dans la zone franche.

?Les dernières tendances dans l?évolution des variables influençant l?expansion de certains secteurs indiquent qu?encore une fois l?économie enregistrera une modeste performance de croissance cette année bien qu?elle bénéficie d?un effet statistique significatif en raison de la faible croissance de 2002?, commente Gilbert Gnany, Chief Economist de la MCB dans son Economic Update.

La production sucrière sera affectée car la teneur en sucrose de la canne est inférieure. Aussi, la croissance de la production de sucre sera de 9,4 % et non de 15,2 % comme prévu, ce qui donnera un volume de 570 000 tonnes.

Par ailleurs, les nouvelles de la zone franche ne sont pas bonnes non plus. D?après les dernières indications ce secteur pourrait connaître une contraction pour la deuxième année consécutive.

Faible consommation

Malgré l?appréciation de l?euro les exportations de la zone franche ont stagné au cours du premier trimestre 2003 comparativement à 2002.

La timide reprise dans nos principaux marchés et une compétition accrue ne sont pas de bon augure pour ce secteur, déjà confronté à des problèmes structurels localement.

La création de filatures pour favoriser l?intégration verticale est encourageante mais cela n?aura pas d?impact sur la croissance de ce secteur, du moins cette année.

La MCB révise à la baisse ses prévisions concernant les exportations de la zone franche qui seront de moins de Rs 34,5 milliards, ce qui représente une contraction de 2 %. En avril 2003 la MCB projetait une croissance de 2 % de ce secteur.

Au niveau de l?industrie touristique également les signaux sont mitigés. Au cours des six premiers mois de l?année, le nombre de touristes a augmenté sensiblement, soit de 3,9 % par rapport à 2002. Ceci traduit les difficultés que connaît l?industrie touristique mondiale et la faible reprise de nos principaux marchés de la zone euro. Le nombre de touristes français, notre principale clientèle, a même diminué.

Toutefois, le plus inquiétant selon la MCB est que depuis juillet 2002 les recettes touristiques n?ont pas cessé de diminuer, comparativement aux périodes correspondantes. Entre janvier et mai 2003, elles ont été réduites de 6,6 %, ce qui amène la MCB à revoir à la baisse la croissance de ce secteur aussi.

L?industrie bancaire devrait également enregistrer une performance décevante même si une reprise est attendue cette année. La faible consommation est en partie responsable de cette situation.

La construction est le seul secteur où la MCB a révisé ses projections à la hausse. La rapidité avec laquelle les importants projets d?infrastructure de l?Etat sont exécutés explique ceci.

Par ailleurs, le chômage continue à être une source majeure de préoccupation pour l?économie, soutient la MCB. D?autant que les pertes d?emploi dans la zone franche se poursuivent : 2 600 pertes d?emplois ont été recensés au cours du premier trimestre 2003, faisant suite aux 1 100 emplois perdus entre juillet et décembre 2002.

Même avec une meilleure performance dans d?autres secteurs tels que la construction, la création nette d?emploi sera insuffisante pour renverser la hausse du chômage. Aussi la MCB maintient à 10,3 % son estimation du taux de chômage en se basant sur la classification de l?International Labour Organisation.

Les perspectives pour une amélioration de la situation sur le marché du travail paraissent floues compte tenu du niveau toujours bas de l?investissement. Même si le taux de formation de capital brut devrait augmenter légèrement, le ratio de l?investissement privé par rapport au PIB baissera encore pour tourner autour de 13 %. Ce qui est loin d?être suffisant pour produire un taux de croissance de plus 6 % du PIB et créer des emplois.

Dépréciation de la roupie

Par ailleurs, la MCB estime que le taux d?inflation avoisinera les 4 % à la fin de l?année. Depuis le début de 2003 la tendance a été à la baisse, l?inflation passant de 6,3 % en juin 2002 à 5,1 % en juin 2003. L?inflation devrait continuer à baisser malgré l?application du Pay Research Bureau et la dépréciation de la roupie par rapport au dollar depuis le mois dernier.

En effet, si la roupie a été relativement forte durant le premier trimestre 2003, la monnaie s?est dépréciée de 12,1 % par rapport à l?euro et de 6,1 % contre le dollar au cours du deuxième trimestre, ?on a point to point basis?.

L?appréciation du dollar sur le marché international ces dernières semaines s?est traduite par le fait que le billet vert a gagné presque Rs 2. On doit s?attendre à ce que la roupie continue à perdre du terrain au cours du second semestre mais à une vitesse réduite et à condition que l?euro se maintienne proche de la parité avec le dollar.

Néanmoins, sur la base d?une moyenne annuelle, la roupie se sera appréciée modérément vis-à-vis du dollar en 2003.

Pour ce qui est de la politique des taux d?intérêts, la MCB estime que la baisse de l?inflation offre des possibilités pour des baisses additionnelles des taux ?d?autant plus que la probabilité a augmenté de maintenir une approche accommodante pour aider les secteurs productifs si on prend en considération la détérioration de l?environnement économique?, écrit la MCB.

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