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La MASA, une vache à lait ?
Ne touchez pas aux fonds de la Mauritius Society of Authors (MASA), s?exclament les artistes. Pas pour financer les festivités pour le 40e anniversaire de l?indépendance. «C?est inadmissible parce que dans le paysage culturel où nous sommes, le ministère des Arts et de la Culture fait plaisir aux organisations socioculturelles. Nous ne voulons pas être complices de cela. Nous ne voulons pas reproduire ce schéma.»
C?est en substance ce que clament les artistes, par la voix de Jean Jacques Arjoon, membre du conseil d?administration de la MASA. Les membres du conseil d?administration de la MASA, orpheline de son président depuis la semaine dernière, ont exprimé leur mécontentement hier, au cours d?une conférence de presse mouvementée.
L?origine du litige : le déroulement de la dernière réunion du conseil d?administration, présidée par Zul Ramiah. Depuis, il a quitté son fauteuil de président pour Londres.
Par le menu, Jean Jacques Arjoon raconte le déroulement de la séance du samedi 19 janvier. En fin de réunion, Zul Ramiah aurait proposé aux membres du conseil de voter la somme de Rs 250 000 comme contribution accordée au ministère des Arts et de la Culture pour l?organisation des festivités dans le cadre des 40 ans de l?indépendance.
Raisons avancées par Zul Ramiah : la MASA génère des revenus et c?est le ministère qui a demandé de l?aide, semble-t-il pour? faire venir des artistes étrangers.
A l?heure du vote de cette motion de Zul Ramiah, les artistes présents, en minorité, à ce moment-là, votent contre. Les représentants de divers ministères, qui siègent au conseil, votent pour.
Pour Jean Jacques Arjoon, c?est la preuve que l?autonomie de la MASA n?a que trop tardé. «Nous réclamons l?autonomie, mais pas de manière intellectuelle ou académique. De façon effective.» Le ton monte quand il s?est interrogé : est-ce que la MASA serait devenue une vache à lait ? Et si c?est le cas, est-ce qu?on lui donnera son autonomie ?
Avant de rappeler que lors de l?inauguration de la MASA House en octobre, par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, celui-ci avait promis des amendements au Copyright Act. «A fors pe etidie dosyer la, li pe vinn enn tez doktora», ironise Jean Jacques Arjoon.
Il s?insurge aussi contre les «contradictions» d?une nouvelle nomination politique au poste de président du conseil d?administration de la MASA. Jean-Jacques Arjoon demande le gel de toute nomination éventuelle et «que l?on accélère le processus d?amendement du Copyright Act». Il suggère la tenue prochaine d?une assemblée générale spéciale.
Les artistes membres du conseil d?administration de la MASA affirment avoir cherché un avis légal pour contrecarrer cette motion. Et empêcher le déboursement de la somme. Au cas où la MASA irait de l?avant avec son déboursement, les artistes annoncent qu?ils prendront les mesures qui s?imposent.
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