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La mécanisation s?expose à Fond-du-Sac
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La mécanisation s?expose à Fond-du-Sac
Son chapeau de sirdar vissé sur le crâne, sa barbe poivre et sel au gré du vent, Mooslim Mohanut supervise les travaux en cours dans ses champs. En fait, il assiste à la transformation de ses terres, naguère recouvertes de meules, bourrées de pierres. Avec la baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen, le planteur s?attelle à réduire ses coûts, pour assurer sa viabilité dans le temps. Grâce à l?expertise de l?établissement sucrier de Belle-Vue, le sol rocailleux cède la place à une fine terre, qui s?expose au regard de ceux empruntant l?autoroute, en direction de Grand-Baie. Une première dans les plaines du Nord.
Dans cette région de Fond-du-Sac, le planteur possède neuf arpents, coupés en deux par un chemin qui craquèle sous la semelle. Sur la gauche, des arpents vallonnés sous cannes, dont les courbes montent et redescendent. A droite, on ne peut s?empêcher d?admirer cette surface que polit le ?Kirby?, une machine qui réduit en miettes les pierres enfouies jusqu?à 40 centimètres sous le sol. Et quand on y pose les pieds, on s?enfonce, dans cette terre binée.
Propriétaire de 40 arpents sous culture de cannes, éparpillés dans le Nord, Mooslim Mohanut affirme avoir fait le bon choix : mécaniser ses terres pour augmenter le rendement. Les machines n?ont même pas encore terminé leur tâche qu?il se frotte les mains. ?J?obtenais 25 tonnes à l?arpent. Maintenant, je m?attends à ce que la récolte se situe entre 60 à 70 tonnes.?
La mécanisation consiste à ameublir la terre en lui enlevant tout type de pierre. Ces roches qui affectaient le rendement, se dressaient sur le passage des récolteurs mécaniques, des tranchées où n?accédaient que des laboureurs et coupeurs de cannes. Tant d?entraves qui étaient synonymes de dépenses additionnelles et excessives pour le planteur. En optant pour la mécanisation, et déboursant gros en amont, le planteur obtiendra une récolte supérieure et, par ricochet, davantage de revenus.
Mécanisation et Irrigation vont de pair
Dans le cas de Mooslim Mohanut, la décision de mécaniser survient en février 2006, après que l?Irrigation Authority a installé des tuyaux à travers ses terres. Déjà, dans le plan pluriannuel de l?Etat pour réformer l?industrie, irrigation et mécanisation vont de pair. Et de fait, il en a profité pour apporter l?autre moitié essentielle à sa survie.
?Je compte mécaniser toutes mes terres dans un proche avenir. Je réduirai, voire éliminerai, ma dépendance à la main-d??uvre qui se fait de plus en plus rare et chère?, affirme le planteur, sage. Ensuite, il n?aura qu?à entrer dans ses chaussures de rentier pour encaisser l?argent que lui rapportera la récolte.
Dans le futur, l?établissement sucrier de Belle-Vue prendra la relève, lors de la récolte. ?Nous sommes le facilitateur?, résume Patrick Mayer, responsable du service planteurs à Belle-Vue, dont l?assistant est Nicolas de Rosnay.
A la fin de la journée, insiste Mooslim Mohanut, c?est le planteur qui en sortira gagnant.?Actuellement, je dois trouver Rs 350 pour couper et transporter une tonne de canne à l?usine. Où trouver cet argent ? Je laisse le soin à l?industrie.?
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