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La longue attente de la terre promise
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La longue attente de la terre promise
TOOLSEE Oochahal, a travaillé pendant plus de 33 ans comme laboureur sur l?établissement sucrier de Britannia. Cela fait plus de deux ans qu?il a choisi le VRS (Volontary Retirement Scheme). Agé de 54 ans aujourd?hui, il vit de sa retraite.Comme la vingtaine de familles qui habitent à Saint-Avold, une cité ouvrière appartenant à Britannia, il trouve, lui aussi, que les procédures entamées, depuis plus de deux ans pour qu?ils prennent possession de leur terrain, s?enlisent. Des lopins des terres leur ont été alloués contre paiement d?une somme allant de Rs 18 à Rs 20 000 roupies dans le cadre du démantèlement des camps sucriers.
Pour exprimer leur colère, des familles se sont exprimées une nouvelle fois la semaine dernière pour expliquer les conditions dans lesquelles elles vivent en attendant que les procédures soient complétées. La première fois, c?était en mai. Ces familles dormaient à la belle étoile. Les maisons devenaient de véritables passoires à chaque averse. Le mobilier était trempé ainsi que le stock des produits alimentaires.
Le problème reste entier
Selon les habitants, les responsables de cet établissement sucrier ne sont pas restés insensibles à leur appel. Des démarches ont été entreprises pour que la toiture des maisons soit réparée.
Daniraj Jeelall, laboureur, témoigne: ?Nou reconnaître qui tablisseman fine faire ène zeffort pou crépi et donne ène coute la peinture cot bisin mais tout sa la pas résoude nou problème?, observe t-il en présence d?une dizaine d?habitants, visiblement en colère devant la lenteur qui les empêche de prendre possession au plus vite de leur portion de terre.
Pour témoigner de sa peur, Jaywantee montre les fils électriques qui pendent du plafond. ?Je me rappelle encore de ce jour où mon mari et moi avons failli trouver la mort après un cour-circuit.?
Ravin Ramkelawon, laboureur, en attente lui aussi, trouve qu?il aurait été beaucoup plus rentable pour certaines familles si elles avaient placé leur argent en banque . ?Nou ti pou gagne l?intérêt et nou ti pou capave asté matériaux qui chaque jour pé augmenté.?
Amelise Diolle, dont l?époux travaille aussi comme laboureur, est également animée par un sentiment de révolte. Elle comprend que des procédures prennent du temps pour l?acquisition d?une parcelle de terre d?autant plus que c?est pour ouvrir un chemin d?accès comme l?auraient souhaité les habitants. ?Avec la période cyclonique, ou croire nou pou bisin passe misère encore?, prévoit-elle.
Seeram Bappoo a hâte de voir concrétiser son rêve qui est de construire au plus vite sa nouvelle maison. ?Ena parmi nous qui fine déjà mort. Zot pas fine gagne létemps jouir zotte la caze?, regrette-t-il.
Si pour Seeram, comme pour d?autres familles, habiter une nouvelle demeure reste leur priorité, certains pensent que les autorités concernées devraient trouver le moyen d?améliorer leur environnement avant que quelqu?un tombe malade.
Pour Jayantee, comme pour d?autres mères de famille, il ne leur reste qu?un seul rêve : avoir leur lopin de terre pour mettre fin à cette longue attente.
Hamid Seelarboccus, le directeur des Ressources humaines de Britannia explique : ?Nous avons déjà repris contact avec les officiers de la Sugar Authority qui, par la suite, a confié à la National Housing Development Company la responsabilité de la mise en place des infrastructures routières.?
Selon lui, l?établissement sucrier a entrepris toutes les démarches pour que les occupants puissent occuper leur terrain dans les délais les plus courts. ?Si les habitants n?avaient pas fait une demande pour une nouvelle voie d?accès, les procédures n?auraient pas pris autant de temps?, dit-il.
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