Publicité
La loi sur l?égalité des chances publiée au Journal officiel
Par
Partager cet article
La loi sur l?égalité des chances publiée au Journal officiel
La loi sur l?égalité des chances instituant le contrat première embauche (CPE) a été publiée hier au Journal officiel, deux jours après l?annonce de sa promulgation par le président Jacques Chirac. Le texte, rejeté par les syndicats de salariés, d?étudiants et les mouvements lycéens, ne devrait théoriquement pas être appliqué. Le CPE s?adresse aux jeunes de moins de 26 ans.
Le chef de l?Etat a demandé aux parlementaires de l?UMP une nouvelle loi comportant deux modifications du CPE, l?une sur la période d?essai qui sera ramenée à un an au lieu de deux initialement prévus et l?autre sur le motif de licenciement qui devra être connu du jeune salarié.
Il a aussi demandé au gouvernement de ?prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu?en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l?ensemble de ces modifications?.
Samedi, le Premier ministre Dominique de Villepin avait convoqué à Matignon les responsables de la majorité, dont le président de l?UMP Nicolas Sarkozy pour mettre en ?uvre les demandes du chef de l?Etat.
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l?Assemblée a été chargé avec Josselin de Rohan de préparer le nouveau texte qui prendra la forme d?une proposition de loi UMP. Elle sera déposée ?le plus vite possible? par les groupes UMP de l?Assemblée et du Sénat. Les deux groupes ont souhaité engager au préalable des discussions ?approfondies? avec les syndicats et les organisations étudiantes et lycéennes.
<B>?Malentendus? et ?incompréhensions?
Dans un entretien au Journal du Dimanche, Dominique de Villepin ne s?estime pas désavoué par Jacques Chirac qui a, selon lui, pris ?une décision juste? en promulguant le contrat première embauche et en l?assortissant de modifications. Le Premier ministre dit ?regretter profondément? les ?malentendus? et les ?incompréhensions? qu?a suscités sa démarche.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé quant à lui, hier, sur France Inter que l?interlocuteur des syndicats sur la question du CPE n?était plus Dominique de Villepin mais les députés de l?UMP, dont le patron est Nicolas Sarkozy.
?Maintenant, puisque l?on va avoir une proposition de loi, ce sont les députés qui vont faire la loi, ce ne sera plus le gouvernement. Donc là, on sent bien que notre interlocuteur maintenant ce ne sera plus le Premier ministre, ce seront les députés UMP dont le patron (...) est M. Sarkozy?, a-t-il dit.
Le patron de la CFDT, qui a réclamé ?une loi d?abrogation?, a prévenu que la pression sera mise en ce sens sur les parlementaires de l?UMP lors de la journée nationale de mobilisation, demain, qui devrait être marquée de grèves, d?arrêts de travail de manifestations.
Il n?est pas question de débattre avec les parlementaires ?des aménagements que nous avons refusés à M. de Villepin depuis un mois?, a dit François Chérèque. ?On ne va pas accepter à M. Sarkozy ou aux députés de l?UMP ce que l?on a refusé à M. de Villepin. Ce ne serait pas logique?, a-t-il argué.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, salue pour sa part dans un entretien au JDD la décision du président Jacques Chirac, qui a ?ouvert la voie à une solution équilibrée? en apportant des modifications au CPE. ?J?ai toujours dit que j?avais des réserves sur le CPE car je le trouvais trop discriminatoire vis-à-vis des jeunes?, dit-elle
MOBILISATION
<B>Les anti-CPE résistent, l?UMP tente de reprendre la main</B>
■ Au lendemain de l?annonce de la promulgation par Jacques Chirac de la loi instaurant le CPE, Nicolas Sarkozy a tenté de reprendre la main, multipliant les contacts avec les dirigeants syndicaux, à l?orée d?une cinquième journée nationale de mobilisation anti-CPE. Syndicats de salariés, étudiants et lycéens se disaient plus que jamais déterminés à obtenir le retrait pur et simple de ce contrat pour lequel le chef de l?Etat a souhaité des modifications et une nouvelle loi. Dès sa sortie de Matignon, samedi, Nicolas Sarkozy a invité ?tous ceux qui veulent vraiment le dialogue? à saisir ?la main du dialogue?. Dans la journée, le patron de l?UMP a personnellement téléphoné à plusieurs dirigeants syndicaux - François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Jean-Louis Walter (CGC) et Bruno Julliard (UNEF), a-t-on souligné dans son entourage. ?Il s?agit de contacts informels afin d?établir un dialogue et voir les positions de chacun?, a-t-on précisé à ?Reuters?. Le président de FO, Jean-Claude Mailly n?a pas exclu de rencontrer les parlementaires, mais il a réaffirmé sa demande de retrait du CPE, maintenant la ligne de l?intersyndicale salariés-étudiants-lycéens plus que jamais déterminés à amplifier la mobilisation nationale anti-CPE de demain. L?ensemble des syndicats ont réaffirmé comme préalable à toute reprise de discussion le retrait pur et simple du CPE. Dès vendredi soir, les étudiants avaient déjà répondu à Jacques Chirac par des manifestations qui ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de l?ordre. A Paris, où jusqu?à 2 000 étudiants et lycéens ont protesté, la police a procédé à une centaine d?arrestations et à neuf mises en garde à vue, selon la préfecture de police . Onze partis politiques ont lancé un appel commun visant à amplifier la mobilisation de demain. Le Parti socialiste, réuni à Lille pour ses états généraux, a annoncé qu?il déposerait dans les prochains jours à l?Assemblée une proposition de loi pour abroger le CPE mais aussi le CNE, qui concerne les entreprises de moins de 20 salariés.
<B>Paule Bonjean</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents