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La lettre de la dernière chance

24 novembre 2007, 20:00

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La lettre de la dernière chance

La lettre retirée hier matin du cercueil de Nadine Dantier, assassinée en 2003, ne devrait pas tarder à livrer ses secrets. Sur avis du docteur Satish Boolell, Chief Police Medical Officer, les enquêteurs songeraient à avoir recours à l?expertise d?un laboratoire étranger pour prendre connaissance de la teneur de la lettre, fragile de par son exposition à un corps en décomposition. Les proches de la victime se sont félicités de cette avancée.

C?est peu avant sept heures hier matin que la mère de Nadine Dantier, Caroline, ses deux filles, ainsi que son époux se sont rendus au cimetière de St-Pierre pour assister à l?exhumation. Une nouvelle épreuve qu?il leur aura fallu affronter pour, expliquent-ils, tenter d?éclaircir les circonstances de la mort de Nadine. Un important dispositif policier avait été mis en place pour permettre le bon déroulement de cette procédure qui visait à récupérer une lettre glissée il y a plus de quatre ans dans le cercueil de Nadine Dantier par son petit ami de l?époque, Bruno Tadebois. Les traits tirés, la famille Dantier observe les préposés du cimetière s?activer.

Une fois le cercueil ouvert, les officiers du Scene of Crime Office (SOCO), ont entrepris de rechercher la lettre en question. Mais l?état de décomposition avancé de la victime n?a pas facilité la tâche des enquêteurs qui n?ont pu mettre la main sur la lettre. D?autres documents se trouvaient, par ailleurs, dans le cercueil. Décision est donc prise de le transporter à l?hôpital Victoria pour un examen approfondi.

C?est le docteur Satish Boolell qui s?est chargé de récupérer la lettre tant convoitée par les enquêteurs, ainsi que tout ce qui se trouvait dans le cercueil. Afin de s?assurer que rien ne soit resté à l?intérieur, le médecin légiste a procédé à la radiographie du corps. « Toutes les précautions nécessaires ont été prises pour ne pas abîmer la lettre déjà fragilisée par son exposition à un corps en décomposition », fait ressortir le docteur.

Pour ce qui est de son contenu, celui-ci a recommandé à la police de faire examiner la lettre par un laboratoire étranger, mieux équipé en la matière. En effet, vu l?état fragile de la lettre, sa manipulation doit se faire avec un maximum de précaution afin d?éviter de la détruire. Tous les objets retrouvés dans le cercueil ont, par la suite, été transportés au laboratoire de la police, car l?exposition prolongée à l?air libre pourrait dégrader le document.

« On nous a mis des bâtons dans les roues »

Le beau-père de la victime, Jean-Yvon Dantier nous a confié hier soir son soulagement de voir que la lettre a pu être récupérée. « La première demande d?exhumation a été faite depuis très longtemps. À diverses reprises, on nous a mis des bâtons dans les roues. La récupération de la lettre va enfin permettre d?éclaircir des zones d?ombre. À cela vient se greffer une autre question : pourquoi y a-t-il eu autant d?objections ? C?est en tout cas un désaveu pour la première équipe MCIT qui travaillait sur l?affaire. Nous saurons très bientôt ce que contient cette lettre », nous a déclaré le beau-père de Nadine Dantier.

La victime, alors âgée de 20 ans, avait été portée disparue le 25 juin 2003. Son corps a été retrouvé le lendemain matin dans un terrain vague situé à quelque 400 mètres de son domicile de l?avenue des dauphins, à Albion. L?autopsie, pratiquée par le docteur Abdool Khalick Mohungoo et le Dr Sudesh Kumar Gungadin, avait attribué la cause du décès à l?asphyxie due à la strangulation.

Peu après le décès de la jeune femme, ses proches avaient manifesté leur intérêt quant à la lettre glissée par son petit ami, Bruno Tadebois. Ils avaient, en 2004, proposé une motion pour que le corps de Nadine soit exhumé et la lettre récupérée. Mais la magistrate Sarita Bissoonath, siégeant au tribunal de Mapou, avait déclaré qu?une exhumation ne pouvait se faire qu?aux fins d?autopsie.

La MCIT, chargée de l?enquête, est toutefois parvenue à obtenir l?accord du Directeur des poursuites publiques pour procéder à l?exhumation qui, espère-t-elle, l?aiderait à y voir plus clair dans cette affaire. De son côté, Bruno Tadebois a toujours affirmé que le plastique qu?il avait glissé dans le cercueil de sa petite amie le jour de l?enterrement contenait une lettre d?amour, une prière ainsi qu?une photo de lui. Les enquêteurs et la famille ne tarderont pas à en avoir le c?ur net.

Guillaume GOUGES et Ahzagan CHENGANNA

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