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La justicière
La mort n’étant jamais qu’une contrariété passagère dans ce genre de film, on pouvait penser que la super héroïne de Daredevil méritait un film à elle seule. Ce sont bien sûr ces considérations qui ont poussé les producteurs hollywoodiens à faire revivre le personnage dans Elektra, film de Rob Bowman, confiant le rôle-titre encore une fois à Jennifer Garner, l’actrice s’étant entre-temps distinguée dans la série Alias.
Le cinéma offrant bien des possibilités, revoici donc Elektra, dans sa fameuse tenue rouge sang, toujours armée de ses “sais” et gagnant sa vie comme tueuse à gages. Étant de loin la meilleure de sa profession, elle est donc riche, ce qui ne l’empêche pas de souffrir de quelques légers troubles obsessionnels du comportement et d’avoir, d’une manière générale, un côté solitaire et loin de son foyer. Comme il faut bien que ce personnage ait quelque chose d’attachant, elle décide de prendre sous sa protection ceux qu’elle était censée éliminer : un père Mark Miller (Goran Visnjic) et sa fille adolescente Abby (Kirsten Prout), pourchassés par les agents du Mal.
On suppose qu’avec cette adaptation d’une BD des éditions Marvel Comics, les scénaristes ont voulu proposer le pendant féminin de Blade : une héroïne “solitaire et loin de son foyer”, dure, froide, sans aucun sens de l’humour et ne manifestant aucune émotion sauf quand elle se fait gronder par son mentor à cause de ses pulsions violentes. Cela marchait pour Wesley Snipes, mais on a du mal à y croire pour Jennifer Garner, surtout quand elle a la mauvaise idée de sourire. Lorsqu’elle ne sourit pas, son jeu est emphatique et ostentatoire même lorsqu’elle tente de parler platement ou de ne manifester aucune émotion.
Certains pourraient avancer que “actrice” est un bien grand mot pour parler des capacités de Mlle Gar-ner. Les autres pourront trouver que la pauvre n’y pouvait rien, la faute incombant au film. Les forces du Mal que combat Elektra sont représentées par un groupe de Japonais. Jennifer Garner est crédible dans les scènes d’action, mais celles-ci sont brèves, non pas par souci de préserver la pureté de l’intrigue. Témoin, cet affrontement final au milieu des draps qui volent. La tenue sexy que porte l’héroïne est peu adaptée à ce genre d’activité. Et, c’est justement quand on se surprend à faire ce genre de réflexion qu’on se dit que le film n’est pas intéressant.
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