Publicité

La hausse des prix injustifiée

17 janvier 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Agricultural Research and Extension Unit (Areu) est catégorique. Les pluies qui ont copieusement arrosé l?île ont été bénéfiques à l?agriculture. Alors pourquoi cette soudaine hausse des prix ? Seules certaines régions marécageuses, comme Mare-Providence, Mare-Choisy ou La Chaumière, ont pu en souffrir. « Mais en général la pluie a été bénéfique. Bien sûr les fleurs sont tombées dans certaines plantations, mais la nouvelle floraison ne devrait pas tarder », affirme Ramesh Rajkumar, Principal Extension Officer de l?Agricultural Research and Extension Unit.

Selon l?Areu, les prix pratiqués dans les marchés ne reflètent pas la situation réelle. « L?offre est suffisante pour satisfaire la demande. Cela implique qu?il y a beaucoup de spéculation sur les légumes et que cette hausse des prix est artificielle », constate Raj Ramnauth, biométricien et statisticien à l?Areu. Cette hausse sera de très courte durée, selon lui, car les consommateurs auront tendance à bouder les légumes s?ils sont trop chers. Si la pluie avait été nuisible, l?effet sur les cultures aurait été ressenti beaucoup plus tard, ajoute-t-il. « Tout vine prétexte pou ene augmentation prix. Marchand, li monte prix-là en place, nous pas gagne narien là-dans », s?offusque Oodaye Bahadoor, un planteur de pommes d?amour du Nord.

Pour preuve, mercredi, les prix de certains légumes avaient subitement grimpé. Les carottes se vendaient à Rs 15 la livre, alors que la veille à Vacoas elles étaient à Rs 10, faisant craindre le pire aux consommateurs. Pour l?Areu, l?état du marché, pour la semaine du 6 au 14 janvier, s?est traduit par un approvisionnement normal pour la plupart des légumes.

Une baisse vertigineuse

Autrement dit, il n?y a pas de pénurie. La situation devrait encore s?améliorer, le climat chaud et pluvieux favorisant la pousse et la formation des fruits. Avec la quantité de légumes qui inondera le marché, l?Areu prévoit une baisse vertigineuse des prix. Deenarain Lokee, le président de la Mauritius Vegetable Planters Association partage cet avis. « Le prix des calebasses, des pipengailles, des patoles, du giraumon, des endives, des piments, des bringelles, des chouchoux, du thym et du persil devrait baisser dans cinq à six semaines. » On ne manquera donc pas de légumes sauf peut-être de pommes d?amour qui ont perdu leurs fleurs à cause de la pluie.

En revanche, les pluies diluviennes ont retardé certains travaux dans les champs, tels que la préparation de la terre, l?ensemencement, le désherbage et l?épandage des pesticides. La récolte de certaines variétés de légumes, comme les carottes et les haricots, ne peut pas se faire quand il pleut car ils risquent de pourrir. D?un autre côté, les planteurs ne veulent pas voir leurs efforts tomber à l?eau. « La météo ayant prévu des grosses pluies toute la semaine, les planteurs préfèrent attendre un peu avant de travailler », indique Ramesh Rajkumar. Les planteurs sont déjà rodés à ce genre de situation. En attendant la fin de la pluie, les pépinières regorgent de jeunes pousses prêtes à être plantées. Tous ces facteurs, ajoutés à une consommation accrue de légumes avant les fêtes de Cavadee et de Maha Shivratree en février, risquent de provoquer une pénurie temporaire de légumes sur le marché.

Si une augmentation des prix apparaît, ce sera à cause d?une forte demande à un moment précis mais pas à cause d?une baisse de la production. À moins qu?un cyclone ne vienne jouer les trouble-fêtes.

Les planteurs mauriciens.com

Un planteur qui vend ses produits directement à l?acheteur sans passer par l?encanteur, c?est un scénario qui pourrait devenir réalité grâce à l?Internet. L?Areu projette de créer un site à l?intention des planteurs pour qu?ils mettent leurs produits en ligne. Un défi pour l?Areu qui, si le projet est approuvé, devra initier un vaste programme de formation. Le commerce par Internet comporte des avantages pour le planteur et l?acheteur. En plus d?une économie sur les frais de transport, les produits resteront frais plus longtemps puisqu?ils ne subiront pas de nombreuses manipulations. Du coup, il n?y aura pas de commission à payer aux encanteurs.

Publicité