Publicité
La hantise des industriels
Les industriels de la zone franche voient rouge. Les grèves improvisées, parfois injustifiées et souvent illégales des ouvriers étrangers commencent à leur coûter cher. Ils sont à la recherche d?une solution efficace pour gérer ces crises mais la panne d?idées semble être générale.« Les trois quarts de notre production dépendent des ouvriers étrangers. Nous ne pouvons pas nous permettre de les renvoyer pour sanctionner une grève illégale, il faut faire avec » explique Harold Mayer, le Chief Operating Officer de la Division habillement du groupe Ciel. L?état d?esprit de cet entrepreneur est représentatif de celui de tout ce secteur d?activités.
Les ouvriers étrangers, au même titre que leurs collègues mauriciens, bénéficient des mêmes conditions de travail et de protection selon l?Industrial Expansion Act et l?Industrial Relations Act. Ils manifestent dans la pagaille avec parfois des revendications contradictoires. Tandis que les Mauriciens déposent des préavis de grève et mènent des actions structurées auprès de leur direction avec l?aide des syndicats.
Les industriels pointent du doigt le déficit d?informations communiqués aux ouvriers lors de la signature de leurs contrats avec les recruteurs. « Ils engagent toutes sortes d?actions parce qu?ils ne savent pas exactement vers quelles autorités se tourner et quelles sont leurs obligations dans le cadre d?une grève » commente un ancien inspecteur du travail. Harold Mayer parle de fossé culturel : « Il est parfois difficile de trouver quatre personnes avec qui négocier quand il y a un litige. Si on a 200 ouvriers étrangers, ils voudront tous prendre part aux négociations. Ils finissent ainsi par prendre toute l?entreprise en otage » se plaint Harold Mayer. Mais le syndicaliste Yousouf Sooklall estime que dans certains cas, c?est surtout le manque de communication et de considération entre employeurs et ouvriers étrangers qui mène ces-derniers à employer des méthodes radicales.
Des solutions sont suggérées, notamment l?emploi de médiateurs permanents par le ministère du Travail. Ils agiraient comme des Crisis Managers responsables d?un certain nombre d?usines employant des ouvriers étrangers avec qui ils garderaient un contact régulier. Ils seraient les premiers à intervenir lors des crises entre les directions et les travailleurs étrangers.
Le ministère du Travail considère toutes les solutions afin d?éviter que des incidents ne finissent par paralyser des entreprises durant des jours entiers.
LE CHIFFRE 6,7 %
C?est la croissance enregistrée dans la production de la canne à sucre entre 2002 et 2003. La récolte de 2003 est estimée à 5 198 968 tonnes, elle était de 4 873 673 l?année précédente. La récolte par hectare a, elle, augmenté de 7,6%, passant de 67,44 tonnes à l?hectare à 72,59 tonnes.
Publicité
Publicité
Les plus récents