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La gym : une thérapie du bien-être

10 novembre 2006, 20:00

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par Marie-Annick SAVRIPÈNE

Sonia Leong Son nous reçoit dans son univers, en l?occurrence, le Sonia?s Fitness Plus, situé au complexe le Windsor Leisure de Beau-Bassin. Les couleurs des murs ? des pans vert d?eau alternant avec d?autres de teinte lilas ? apaisent les yeux, plongeant immédiatement le visiteur dans une ambiance quasi aquatique.

Depuis 18 ans, cette femme de 37 ans, consacre la moitié de sa vie à l?aérobic et à la gym. Ce qui explique sa plastique de rêve que ses quatre grossesses n?ont pas altérée. Eh oui ! Sonia est mère de quatre enfants. Son aîné, Julien, a 12 ans. Puis viennent en ordre décroissant Judith, neuf ans, Boris, six ans, qui assiste à l?entretien et qui est une boule d?énergie comme sa mère, et Ludivine, quatre ans.

Sonia a toujours eu beaucoup de mal à tenir en place. Sportive, elle pratique le volley-ball et les courses d?endurance aux côtés de feu Guylaine Duval au collège de Lorette de Quatre-Bornes. Ses tantes établies à l?étranger lui envoient régulièrement des cassettes d?aérobic et Sonia s?exerce devant son poste télé. Elle doit malheureusement faire une croix sur son désir d?aller étudier la gym à l?étranger à la fin de sa Form VI faute de moyens. De ce fait, lorsqu?elle découvre dans les journaux que le ministre de la Jeunesse et des Sports d?alors, Michael Glover, offre des cours d?aérobic délivrés par la monitrice américaine, Susan Edwards, Sonia se fait inscrire pour un stage de formation de trois mois. Vu son application, elle est

celle qui tire le plus profit des cours, réussissant avec facilité les examens. Son certificat empoché, Sonia prend des cours de danse moderne avec le danseur Sylvio Chan. Lorsque celui-ci émigre en Australie, il lui cède la salle qu?il loue à la rue Ambrose, Rose-Hill.

Sonia se jette à l?eau et ouvre son premier centre d?aérobic. à l?époque, l?aérobic est encore une discipline nouvelle. De sorte que les clientes affluent. Ce qui ne l?empêche pas de prendre part au concours Miss Mauritius qu?elle remporte en 1989. Voulant légitimer ses connaissances, elle décide cette année-là de suivre le cours de moniteur de gym à l?université de Technologie de Cape Town, en Afrique du Sud. Pendant six mois, elle se familiarise avec les haltères et tous les exercices de circuit, de même qu?avec les machines. «Ce cours était très riche car en sus de la pratique, nous avons étudié la physiologie, l?anatomie, la nutrition, les premiers soins et tout ce qui permet d?établir un programme d?exercice personnalisé.»

Connaissances qu?elle met à profit à son retour au pays. Dans le souci d?offrir le service le plus complet possible, elle va suivre des cours en exercices pré et postnatals et en aquagym en Angleterre. Par la suite, elle installe des équipements pour la culture physique, des machines dites «cardio», des vélos et toute la panoplie du parfait gymnaste.

Elle fait une petite place dans sa nouvelle salle de la rue Shand, à Beau-Bassin à sa s?ur Karen, qui est esthéticienne car elle trouve que la gym et l?esthétique sont complémentaires. «Je modèle les corps alors que Karen remodèle les visages», dit-elle.

Au fil du temps, Sonia s?est forgé une clientèle variée. Le matin, ce sont les femmes au foyer voulant entretenir leur corps qui fréquentent son gymnase. En début d?après-midi, ce sont les étudiants, qui sont talonnés par les professionnelles.

Pour fuir la concurrence des gymnases qui ont ouvert leurs portes non loin du sien, Sonia prend le pari d?emménager un vaste local au complexe le Windsor Leisure, à Beau-Bassin, offrant en plus des cours variés, l?avantage d?une aire de stationnement et d?une surveillance pour les voitures. Ce changement affecte le montant de son loyer qui est multiplié par 10. Sonia élargit la gamme des activités qu?elle propose en recrutant non seulement quatre moniteurs pour animer régulièrement les classes et suivre ceux qui sont sur les machines mais aussi des collaborateurs à mi-temps. «C?est un combat de tous les instants pour arriver à joindre les deux bouts mais on arrive à s?en tirer tout de même.»

Un plancher flottant sur un coussin d?air

Ce qui différencie Sonia des autres moniteurs de centres de remise en forme, c?est qu?à partir des pas d?aérobic ou d?autres exercices, elle en fait une chorégraphie. Les autres se contentent de s?exercer sur la musique. «Faire des chorégraphies demande plus de concentration mais c?est plus plaisant à regarder et on s?amuse lors de l?exécution. La notion de ?fun? est très importante car c?est cela qui garde la motivation des adhérents.» Outre l?aérobic pour adultes et enfants, le Step, le Jazzercise qui est de l?exercice au son du jazz, Sonia anime aussi des classes de Body pump. Ce sont des exercices avec accessoires tels que des haltères, des élastiques, des ballons de fitness. Elle enseigne aussi le stretching, les pilates qui sont des mouvements de gymnastique douce se concentrant sur la respiration et la visualisation des muscles. Elle délivre aussi des cours de tae-bo, mélange de mouvements de taekwondo et de boxe qui font appel aux poings et aux pieds.

«Cette activité est très populaire pour le défoulement d?énergie et de plus, on apprend des mouvements d?autodéfense.»

Sonia a fait placer dans sa salle de cours, un plancher flottant en bois. Celui-ci étant posé sur un coussin d?air, amortit les chocs dans les articulations. «Beaucoup de gens courent ou pratiquent du sport sur des surfaces dures comme le ciment, l?asphalte, même la moquette qui est posée directement sur du dur, sans réaliser qu?ils sont en train de s?abîmer les genoux et le dos jusqu?au jour où il est souvent trop tard.»

Les prix pratiqués par Sonia sont raisonnables. Elle réclame un forfait de Rs 400 par mois pour la participation aux machines hors heures de pointe et Rs 850 par mois pour la pratique illimitée sur les machines et la participation aux classes. Ses collaborateurs enseignent le tai-chi, le ballroom dancing et les danses latines, de même que le groovy dance qui est du hip-hop et du rhythm and blues, du poprock.

Dans le passé, Sonia a déjà organisé des dîners spectacles mais c?est la première fois qu?elle organise un spectacle Fit, Fun and Groovy avec 18 numéros chorégraphiés de ses activités. Ledit spectacle aura lieu les 27 et 28 novembre à 19 h 30 au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Si c?est une façon pour elle de montrer au grand public toute la palette d?activités qu?elle et ses collaborateurs proposent au Sonia?s Fitness Plus, la jeune femme qui a une foi solide, estime qu?elle a aussi une responsabilité sociale.

D?où l?allocation gratuite le premier soir de représentation de 500 des 800 places disponibles au MGI aux enfants de SOS Village, à ceux de l?Association des parents d?enfants inadaptés de l?île Maurice, aux adhérentes de Chrysalide, de Kinouete, d?Elan, du Centre de solidarité et de Prévention, information et lutte contre le sida. Les personnes âgées n?ont pas été oubliées, de même que les accompagnateurs de toutes ces personnes qu?elle admire pour leur dévouement et leur générosité de c?ur. «Ces personnes vulnérables n?ont jamais ou si peu eu l?occasion de pouvoir assister à un spectacle. Je veux montrer à ceux qui sont meurtris, découragés ou seuls, que la danse peut donner un sens à leur vie et être pour eux une forme de thérapie. En plus de leur offrir ces places, j?aurais souhaité que ces organisations me délèguent aussi un de leurs représentants à qui je peux donner gra- tuitement des cours. à charge pour lui d?aller répliquer les mouvements appris avec les autres adhérents de son institution.»

Pour les autres membres du public, le billet d?entrée pour les premières au spectacle Fit, Fun and Groovy reviendra à Rs 250. Il faudra débourser Rs 175 pour les places latérales alors que les enfants paieront Rs 100. «S?il est vrai que c?est une façon de faire mon marketing, je tiens à ce que le public mauricien sache qu?il a les moyens de combattre les maladies cardio-vasculaires, l?obésité, l?ennui, la dépression, tout en s?amusant. Les participants au spectacle sont tous des adhérents de mon centre de fitness et vous serez étonnés de voir qu?être mère de famille et travailler à plein temps, n?empêche pas d?avoir la pêche et la forme, ni même de participer à un spectacle de ce genre. Qui sait, l?an prochain, ce sera peut-être vous qui monterez sur scène.» Deux dates à retenir donc, les 27 et 28 novembre au MGI. ?

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