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«Africa Consortium 2026»

Jean Renat Anamah présente sa collection d’inspiration écologique

6 juin 2026, 22:00

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Jean Renat Anamah présente sa collection d’inspiration écologique

Le chorégraphe Jean Renat Anamah a signé un retour remarqué dans l’univers du défilé de mode à l’occasion de l’Africa Consortium 2026, organisé par l’Academy of Design and Innovation. L’événement s’est tenu le 30 mai à l’hôtel InterContinental à Balaclava, autour d’un dialogue entre les arts et la sensibilisation à la protection de l’écosystème marin. «Il y avait un appel à projets et j’ai participé. Il était prévu qu’il y ait une collaboration entre un artiste de scène et un designer, mais finalement personne n’a été sélectionné pour travailler avec moi, et je l’ai fait en solo», explique le chorégraphe, qui a dû adapter son projet initial mais a tout de même présenté une collection de six tenues pensées comme un hommage à l’océan.

Intitulée Breath of the sea – Art for life, cette collection décline des tons bleus, verts et sable, évoquant les paysages marins. À travers ces créations, Jean Renat Anamah souhaite surtout attirer l’attention sur la fragilité de l’environnement marin et les menaces qui pèsent sur les fonds océaniques. «C’est un sujet qu’il est urgent de considérer», souligne-t-il, insistant sur la nécessité de protéger les coraux et les mangroves, essentiels à l’équilibre des écosystèmes.

Ce retour dans la mode s’inscrit dans un parcours artistique plus large. Dans les années 1980 et jusqu’au début des années 1990, Jean Renat Anamah avait déjà lancé une marque de vêtements avec Marjorie Lenette, avant de mettre cette activité entre parenthèses pour partir en France et préparer son diplôme d’État. Pourtant, il n’a jamais complètement abandonné la couture, continuant à créer lui-même les costumes de ses chorégraphies. Il se souvient notamment de projets ambitieux au début des années 2000 comme l’ouverture du théâtre Serge-Constantin, où il avait conçu des costumes complexes et volumineux. «Il y avait de grandes jupes, des robes superposées, beaucoup de volume. C’était audacieux», raconte-t-il. Il évoque également une distinction obtenue lors de l’une des éditions du Festival Kreol vers 2018, confirmant la reconnaissance de son travail dans le domaine.

En parallèle au défilé, l’artiste a présenté une création chorégraphique intitulée The remake of the sea, qui prolonge son engagement environnemental. Cette pièce s’inspire d’un reportage de l’émission Thalassa datant de 2010, qui évoque le dragage d’une zone maritime pour la création d’un chenal destiné aux bateaux de plaisance, réalisé devant le même hôtel où se tenait l’événement. «Cette chorégraphie est une dénonciation générale de la destruction du fond marin», affirme-t-il. Pour traduire ce message sur scène, il a utilisé des découpages en carton représentant les coraux et les mangroves, ainsi que des voilages imprimés imitant les mouvements des vagues, créant une esthétique à la fois poétique et militante.

Interrogé sur la suite de sa création chorégraphique, Jean Renat Anamah se montre toutefois inquiet quant aux perspectives locales pour les artistes. «Ailleurs, il y a tout. Ici, il n’y a rien du tout. C’est un désert en ce moment, alors que nous avons eu la Convention nationale sur les Arts et la culture», conclut-il, soulignant les difficultés rencontrées par les créateurs, malgré les discours autour du développement culturel.

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