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La guerre des tarifs Internet relancée
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La guerre des tarifs Internet relancée
Adieu foire, bonjour salon. L?affichage des prix a certes disparu des stands d?Infotech mais la guerre entre opérateurs est bel et bien là. Cette année, le combat des chefs se déroule entre les fournisseurs d?accès à Internet. Telecom Plus, Clickpost, Data Communications Limited (DCL) et Network Plus mettent le paquet pour attirer de nouveaux clients.
Depuis hier, Telecom Plus a perdu son monopole sur le marché de l?ADSL grand public. Clickpost, le fournisseur d?accès à Internet (FAI) de la poste, s?y est effectivement installé, non sans déclencher une guerre des prix. Sa connexion always on de 128 Kilobits par seconde (Kbps) coûte Rs 1 500 par mois, alors que celle de 512 Kbps est fixée à Rs 1 900. ?Nous voulons créer un déclic sur le marché. L?ADSL aurait pu coûter encore moins cher si ce n?était les tarifs d?interconnexion élevés?, explique Anil Gujjalu, directeur de Clickpost.
Contrairement à l?attente générale, Telecom Plus n?a pas revu ses tarifs d?ADSL à la baisse : Rs 1 500 pour une connexion limitée de 128 Kbps et Rs 2 490 pour une always on de 512 Kbps. La filiale de Mauritius Telecom a toutefois revu son service d?accès Internet traditionnel. Elle a lancé Servihoo Plus hier à l?intention de ses abonnés. Ce service offre de nouvelles fonctionnalités dont le report des minutes non utilisées, l?inclusion d?un accélérateur web, la gestion du compte en ligne et la possibilité de se connecter à partir de n?importe quel ordinateur.
Le dial-up prend également une nouvelle ampleur avec Data Communications Limited (DCL). Son offre prépayée Smartnet affiche une nouvelle grille tarifaire. Le kit d?installation se vend désormais à Rs 50 et comprend deux heures de connexion gratuites. Les cartes prépayées proposent l?Internet à divers prix, le plus bas étant à 20 sous la minute.
Network Plus n?est pas en reste. S?il n?affiche aucun changement au niveau des prix, il promet néanmoins une révolution pour l?an prochain : le service Nomad qui permettra de surfer sans fil à partir d?un ordinateur fixe ou portable. Il sera introduit l?an prochain à Port-Louis et Réduit, mais une démonstration sera effectuée à Infotech.
La connectivité n?est pas la seule vedette d?Infotech. Une série de démonstrations est également prévue. La star du salon demeure la troisième génération de la téléphonie mobile. Le réseau du troisième génération (3G) sera la grande attraction et Emtel ne manquera pas de démontrer les prouesses multimédias de la technologie. Les prix des appareils 3G Nokia démarrent à Rs 19 000 chez Rawat Communications.
Les téléphones disposant du General Packet Radio Switch (GPRS) coûtent nettement moins. Leurs fonctions sont limitées par rapport à la 3G mais permettent toutefois une interaction avec les ordinateurs, et la possibilité d?accéder aux autoroutes de l?information à une vitesse raisonnable. Lancé par Cellplus hier, le GPRS est en démonstration à Infotech. Le prix du service ne sera toutefois pas connu avant la semaine prochaine.
Stratégie différente
Cela ne sera pas le cas de la téléphonie internationale. DCL misera une nouvelle fois sur la carte prépayée Easicall. Quatre appareils permettront au public d?effectuer des appels gratuits vers l?étranger. Une manière comme une autre de promouvoir davantage un service qui marche déjà très bien. ?Nous sommes officiellement leader des cartes prépayées pour l?international avec 44 % du marché.?
Chez Outremer Telecom, la stratégie est différente. La filiale du groupe Taylor Smith veut privilégier l?International Direct Dialing (IDD) à un prix compétitif, grâce à un préfixe. Il suffit de s?enregistrer gratuitement et de faire le 070 avant de composer son numéro international. Plus besoin de gratter des cartes et de composer des codes de 14 chiffres ! Un appel vers une ligne fixe en France ou Grande-Bretagne coûte Rs 5.95 aux heures creuses.
La guerre sur les marchés de l?Internet, du mobile et de la téléphonie internationale a relégué les ordinateurs au second plan. Le PC reste néanmoins omniprésent, même si la variété des modèles exposés est relativement limitée. Les vedettes demeurent les portables qui trouvent preneurs à partir de Rs 34 000. Toutefois, les laptops dernier cri, comme le Dell D505, trouvent preneur à Rs 56 000.
Forfait télé numérique et Internet
Ceux désirant un desktop traditionnel ont maintenant une option de taille. Il leur suffit d?aller sur le site de Bitson (www.bitson.com) et de personnaliser leur futur PC. Le client peut tout choisir, du processeur à l?écran en passant par la carte graphique et le clavier. Il obtient une cotation immédiatement, ce qui lui permet d?effectuer une demande de prêt bancaire rapidement.
?Pour faciliter la tâche de nos clients, les prix changent chaque matin par rapport au taux de change?, explique-t-on chez Bitson.
Pour la énième fois, Multi-Carrier Mauritius Limited présente la télévision numérique terrestre à Infotech. La compagnie a toutefois changé de stratégie cette année en s?associant à Network Plus. L?objectif est d?offrir un forfait comprenant télévision numérique terrestre et Internet.
Plusieurs centres de formation sont également présents à Infotech. Les entrepreneurs en herbe rêvant de lancer leur start-up peuvent également s?informer sur le centre incubateur du la National Computer Board (NCB). Infotech se tient à la salle d?expositions du port franc à Mer Rouge jusqu?à samedi. Le public y est admis entre 9 heures et 18 heures.
L?Etat s?attaque au monopole de MT sur le SAFE
Pas de place pour l?autosatisfaction. Le message du Premier ministre, Paul Bérenger, à l?ouverture d?Infotech 2004, hier au Port Franc, était loin d?être creux. L?Etat veut faire des technologies de l?information et de la communication (Tic) le cinquième pilier de l?économie. Pour booster davantage ce secteur ?hautement prioritaire?, le gouvernement est en voie de s?attaquer au principal grief des opérateurs : le prix de l?accès à l?international dicté par Mauritius Telecom (MT).
Suivant le récent exemple de l?Inde, le gouvernement étudie la possibilité de revoir l?accès au South Africa Far East (SAFE). Ce câble sous-marin à fibre optique est le moyen préféré des opérateurs car il permet une communication ultra-rapide et d?excellente qualité. Le seul problème demeure son prix : $ 11 800 par mois pour une liaison de 2 Megabits par seconde (Mbps).
?Nous réfléchissons au monopole de MT sur le SAFE car notre priorité est de permettre aux entreprises engagées dans les Tic de croître?, a déclaré Pradeep Jeeha, ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications.
Amortir le milliard investi
L?Etat veut ainsi en finir avec le monopole de MT sur le câble sous-marin, mais l?issue est loin d?être simple. L?opérateur national de télécommunications a investi un milliard de roupies dans ce câble. En tant qu?un des initiateurs du projet, il est membre du consortium de 40 opérateurs qui gère le câble. MT détient également une exclusivité de cinq ans sur l?accès au SAFE.
Selon ce contrat, aucun opérateur ne peut acheter de la capacité sur le câble sans l?autorisation préalable de l?opérateur national. Et comme il veut rentabiliser son investissement, l?équation est claire. ?Ceux qui veulent acheter de la capacité sur le SAFE peuvent déjà le faire, mais avec notre autorisation car notre exclusivité devrait durer encore trois ans. Le gouvernement étudie ses options mais nous n?avons reçu aucune directive jusqu?ici?, a expliqué John Yinko, chief executive de MT.
Las des plaintes des opérateurs, le gouvernement veut remédier à l?accès. Encouragé par l?exemple indien, il pourrait demander à MT de renoncer à son exclusivité. Après tout, l?Etat demeure l?actionnaire principal au Telecom Tower. La démarche s?effectuera cependant à pas feutrés.
En attendant un éventuel dénouement, les opérateurs se gardent d?afficher leur optimisme. Habitués aux promesses gouvernementales, ils attendent une décision ferme avant de se prononcer. Certains pointent du doigt l?île s?ur où l?autorité de régulation des télécommunications a forcé France Télécom à baisser le prix d?une ligne de 2 Mbps. Le nouveau tarif mensuel est de 3 000 euros.
?Ce chiffre représente le prix coûtant de la bande passante. Avec un tel tarif, les Tic connaîtront une croissance phénoménale?, a reconnu un opérateur de centre d?appels. Si l?exclusivité de MT sur le SAFE disparaît, les opérateurs pourraient bien se regrouper en consortium pour acheter de la capacité. L?objectif est de baisser au maximum les coûts de production pour attirer davantage de clients. L?économie mauricienne a tout à gagner.
Le hi-tech prend la régulation à contre-pied
Il suffit de composer une adresse sur le téléphone portable et ce sont les portes d?un monde nouveau qui s?ouvrent instantanément. On se croirait à Las Vegas, mais avec beaucoup plus de roulettes. Ou à Amsterdam, mais avec plus de peep-shows. Fantastique. Sauf si c?est un enfant qui les visionne.
Les nouvelles technologies repoussent sans cesse les limites et créent des univers de possibilités. Elles ont aussi le talent de prendre de court les autorités. Infotech le prouvera une fois encore. La cuvée 2004 des innovations comprend le lancement de la 3G par Emtel. Seul hic : les autorités mauriciennes ne se sont guère préparées pour accueillir la convergence des technologies.
Télécommunications, médias et informatique ne font plus qu?un. La régulation n?a toutefois pas suivi. A Maurice, l?Information and Communication Technologies Authority (ICTA) s?occupe des fréquences et des tarifs alors que l?Independent Broadcasting Authority (IBA) se pose en chien de garde de la radio et de la télévision. Avec la convergence des technologies, ce concept de la régulation est dépassé.
La vedette d?Infotech 2004 est la téléphonie mobile 3G d?Emtel. L?opérateur offre la plate-forme mais ce sera à d?autres fournisseurs de proposer les services ou aux clients d?utiliser le matériel pour accéder au contenu. Quel que soit le cas de figure, personne ne pourra contrôler ce contenu. On pourra ainsi visionner des clips pornographiques alors que l?autobus stagne sur l?autoroute aux heures de pointe ; ou s?adonner à une partie de poker dans son salon.
Le véritable problème n?est pas la nature du contenu lui-même. La venue de technologies qui contournent la censure est à applaudir. Les Mauriciens sont assez grands pour savoir ce qu?ils veulent voir ou entendre. La difficulté réside dans l?accès.
Difficile de contrôler le contenu
Le Far West qu?est Internet prouve déjà que tous peuvent avoir accès à tout. Un enfant peut ainsi se connecter au web et naviguer sur des sites pornographiques ni vu ni connu. Avec la 3G, par exemple, ce risque est amplifié car le téléphone mobile est un accessoire très personnel. On le met dans sa poche et on le trimbale partout.
Pour compliquer les choses, la pornographie et les paris en ligne connaissent un boom sur Internet. Selon Juniper Research, ce type de contenu va générer Rs 200 milliards de revenus d?ici 2006. Rien de surprenant car la pornographie a toujours été le catalyseur du succès des nouvelles technologies. L?Internet et le Digital Versatile Disc (DVD) n?en sont que deux exemples.
Contrôler l?accès est très difficile. En Grande-Bretagne, les opérateurs de téléphonie mobile ont développé une déontologie. Ceux désirant avoir accès à du contenu destiné à un public adulte doivent impérativement s?enregistrer. Le contrôle parental et la vérification d?âge ont également été introduits.
A travers le monde, le contenu est soumis à l?autorégulation. Les opérateurs contrôlent mais savent également que la pornographie et le jeu constituent un moteur important pour le développement du produit.
Mais il n?y a pas que la pornographie et le jeu. La grande révolution de la 3G est un accès ultra-rapide à Internet et à tout son contenu non-contrôlé. Avec un portable dernier cri, l?abonné peut ainsi écrire un texte, prendre des photos, faire une vidéo et tout afficher sur le web sans qu?il ne soit soumis à un quelconque contrôle. Dans la seconde qui suit, ce contenu est accessible.
Les nouvelles technologies amplifieront les possibilités d?Internet. Par exemple, l?opération d?une radio en ligne est possible depuis des années. Le concept a stagné car il faut obligatoirement passer par un ordinateur pour écouter les émissions. La 3G chamboule tout cela car elle permettra à l?utilisateur d?avoir accès à cette radio via Internet on the move. Imaginez maintenant l?opération d?une radio locale en ligne qui serait accessible sur tous les portables, sans que les opérateurs n?aient à passer par l?IBA.
La révolution de la convergence ne s?est pas faite du jour au lendemain. Les autorités locales étaient aux premières loges mais elle n?ont pas agi assez vite. Les chamailleries internes n?ont certes pas aidé. Il était effectivement question de fusionner l?IBA et l?ICTA à un moment. L?idée de créer un super régulateur a été abandonnée. L?Etat semble toutefois avoir compris les enjeux. Il s?est engagé à revoir l?ICT Act sur une base régulière. Le premier exercice aura lieu l?an prochain. Il est temps de voir plus grand.
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