Publicité

La guerre des nerfs

3 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Alliance sociale a, quelque part, atteint son objectif en ce début de campagne électorale municipale. En activant d?abord son bras droit politique, en l?occurrence James Burty David, ministre des Administrations régionales, et en encourageant des défections, elle a contraint l?opposition à la défensive dans une guerre qui s?annonce d?ores et déjà plus psychologique que politique.

Après une dénonciation de la « mauvaise gestion » des Mauves dans la capitale, l?alliance a accueilli, deux semaines de suite, des anciens députés, « déçus » du Mouvement socialiste militant.

Pour nombre d?observateurs, la démarche de l?hôtel du gouvernement revêt toute son importance dans la mesure où elle cible de prime abord la mairie de Port-Louis. Une lecture des résultats des dernières législatives démontre clairement que les deux principales factions s?aligneront à chances égales à la conquête de cette mairie.

Le 3 juillet, l?Alliance sociale et l?alliance Mouvement socialiste militant -Mouvement militant mauricien-Parti mauricien social-démocrate (MSM-MMM-PMSD) avaient chacune enlevé six sièges sur les 12 dans les quatre circonscriptions de Port-Louis. De quoi aiguiser l?appétit de la nouvelle majorité gouvernementale.

Il convient également de noter que la capitale représente tout un symbole aux yeux des travaillistes, partenaire majoritaire au sein de l?Alliance sociale. Depuis l?accession de Port-Louis au statut de cité, jamais aucun élu rouge n?a occupé le fauteuil de lord-maire. Le dernier mandat d?un travailliste comme premier magistrat de la capitale remonte au début des années 1960.

C?est dans un tel contexte qu?il convient d?analyser les premiers coups de semonce donnés le samedi 27 août par James Burty David. En balançant plusieurs allégations de mauvaise gestion à l?encontre de l?équipe MSM-MMM-PMSD, le ministre la place sur la défensive.

Le lord-maire Abdullah Hossen, qui est rentré jeudi d?une visite privée, a eu, toute affaire cessante, à préparer la riposte. Pendant une centaine de minutes, il s?est évertué, vendredi, à réfuter les accusations proférées une semaine plus tôt par le ministre David.

Depuis l?accession de Port-Louis au statut de cité, jamais aucun élu rouge n?a occupé le fauteuil de lord-maire.

Il jure sur l?honneur que toutes les dépenses montrées du doigt par le ministre David ont été effectuées dans les règles et le met au défi de prouver le contraire.

Le lord-maire a appuyé sa réplique sur des documents et des correspondances échangées entre la municipalité et le ministère de tutelle. Il reproche en premier lieu au ministre David de n?avoir pas respecté l?engagement pris lors de sa première rencontre protocolaire avec les responsables des différentes collectivités.

Il le blâme pour avoir commandé un audit des comptes de la municipalité et pour avoir visité certains chantiers en compagnie des employés municipaux sans prendre la peine d?informer les élus de la capitale.

Le lord-maire juge de telles initiatives irrespectueuses. Il soutient que James Burty David avait laissé entendre que son approche envers les collectivités reposerait « sur le dialogue et le respect mutuel ».

Or, dit-il, le ministre fait tout à fait le contraire. Il s?est substitué au bureau de l?Audit et a exhibé « des demi-vérités ».

Face à pareil comportement, la municipalité entend riposter. « Si ça kontinié pa capav res les bras croisés, ena procedirs légal ki bizoin entamé pou lav nou loner. »

L?offensive de la majorité gouvernementale ne vise pas uniquement la gestion des édiles en poste. Comme ce fut le cas durant les derniers mois du précédent mandat législatif, elle s?est mise, une fois de plus, à cibler ceux de l?équipe adverse qui sont mal dans leur peau. C?est ainsi que l?Alliance sociale a récemment encouragé pas moins de deux anciens députés et un ancien lord-maire à faire le saut.

Cibler ceux qui sont mal dans leur peau

Le premier à se démarquer fut Salim Abbass Mamode. Il avait été désigné lord-maire en novembre 2000, puis réélu conseiller en octobre 2001 dans le 4e arrondissement de la capitale. Ce fut ensuite au tour de Gérard Paya, ancien député de Curepipe-Midlands de changer de camp. Et durant la semaine écoulée, Anwar Oomar, ancien Parliamentary Private Secretary, élu député correctif, en septembre 2000, dans la troisième circonscription de Port-Louis a adhéré à un des partenaires de l?Alliance sociale. Les trois avaient soutenu le MSM-MMM-PMSD aux élections de juillet dernier. Mamade Khodabaccus, secrétaire général du PMSD a lui aussi rejoint le camp adverse.

Au moment où l?on aborde la dernière semaine avant le dépôt des candidatures, les rencontres se multiplient au sein des deux principales alliances.

Dharam Gokhool, secrétaire général du Parti travailliste, pense que la liste des candidats de l?Alliance sociale devrait être finalisée en début de semaine. Les différents partenaires ont pioché dur hier. Chez l?opposition, Paul Bérenger annonce que la liste sera rendue publique mercredi.

Reste à savoir si cette guerre psychologique enclenchée par la majorité gouvernementale suffira à lui ouvrir les portes de certaines mairies.

Publicité