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La grande dame nippone

12 août 2004, 20:00

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La superstar japonaise, Ryoko Tamura-Tani, part à la conquête d’un deuxième titre olympique. Si elle remporte l’or pour la deuxième fois après Sydney 2000, la judokate de la catégorie -48 kg sera la première à décrocher deux titres olympiques consécutifs en féminin.

Âgée de 29 ans, Ryoko Tamura-Tani, qu’on surnomme “Yawara-chan” en raison de sa ressemblance avec un personnage de manga japonais, en est à sa quatrième participation olympique. Lors de son baptême du feu à Barcelone, elle avait décroché l’argent alors qu’elle avait 16 ans. Quatre ans plus tard à Atlanta, elle rate encore une fois le métal précieux.

Ne mesurant pas plus de 1m46, elle est sextuple championne du monde depuis 1993 – une performance unique tant chez les hommes que chez les femmes qui fait d’elle une légende vivante.

Blessée au pied gauche le 12 juillet dernier à Osaka au Japon après une chute sur le tatami, Ryoko a pris ses marques sur les tatamis grecs, mardi. Elle a fait sa première séance d’entraînement à la salle des Sports de Vyronas. Elle y a fait quelques exercices techniques sans ressentir de gêne apparente et sa performance a satisfait l’entraîneur japonais, Kazua Yoshimura. “Quand je la vois, j’ai l’impression qu’elle ne s’est jamais blessée”, dit-il.

La favorite des -48 kg est, quant à elle, plus déterminée que jamais : “Je suis à Athènes pour défendre mon titre et pour gagner de nouveau la médaille d’or pour mon pays.”

La Japonaise a toutes les chances de réussir son pari. Mais son âge pourrait être son principal adversaire. À 29 ans, la judokate Ryoko n’est plus aussi explosive qu’il y a quatre ans. Sa prestation aux derniers Championnats du monde à Osaka en témoigne. Elle n’y a remporté la finale contre Frédérique Jossinet qu’après une accumulation de pénalités par son adversaire pour non-combativité.

Fraîchement mariée au joueur de baseball multimillionnaire, Yoshitomo Tani, Ryoko en est peut-être à son dernier grand rendez-vous.

Pour ces Jeux olympiques, la Japonaise a intérêt à rester aux aguets. Les challengers comme la Française Frédérique Jossinet, la Nord-Coréenne Kyong-ok Ri ou la Roumaine Alina Dumitru ne sont pas à négliger.

La Roumaine a remporté les derniers Championnats d’Europe ainsi que le prestigieux tournoi de Hambourg, classé Super A. Quant à Frédérique Jossinet, elle était proche de battre la légende Ryoko Tamura. Le trac avait, alors, joué contre elle mais après cette première expérience, cette double championne d’Europe a le talent nécessaire pour détrôner Ryoko.

Quant à la Nord-Coréenne Kyong-ok Ri, elle est la médaillée d’argent des derniers Championnats d’Asie. Elle s’était, également, brillamment battue contre Ryoko lors des Mondiaux de 2001. Jusqu’ici, peu de judokates ont été exposées à son style agressif. Son anonymat pourrait être sa meilleure arme comme cela a été le cas pour sa compatriote Kye Sun-hi lors des Jeux d’Atlanta.

Kye Sun-hi avait mis fin à quatre années d’invincibilité de Ryoko Tamura. En effet, après les Jeux olympiques de Barcelone en 92 où Ryoko perd le métal précieux en finale contre la championne du monde, la Française Cécile Nowak, Ryoko Tamura n’avait pas perdu un seul combat. Elle comptait une série ininterrompue de 84 victoires entre les Jeux de Barcelone et d’Atlanta.

L’inconnue de la Corée du Nord avait privé Ryoko du titre olympique à 22 secondes de la fin lorsqu’elle marqua avec un crochet de la jambe puis ajouta un point de sécurité quand Tamura, à genoux, fut pénalisée pour fausse attaque.

Mais cette mésaventure est une affaire classée. Aux Jeux de Sydney 2000, Ryoko avait prouvé qu’elle était bien la meilleure en battant, en finale, la Russe Lyubov Bruletova après seulement 36 secondes par ippon grâce à un uchimata (NdlR : fauchage par l’intérieur de la cuisse). Cette année, elle a rendez-vous avec l’histoire. Tout le mal que nous lui souhaitons, c’est de devenir la première judokate à décrocher deux titres olympiques consécutifs.

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