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?La Francophonie, un élément à développer?
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?La Francophonie, un élément à développer?
<B>Quel est le motif de votre visite à Maurice ? </B>
C?est avant tout pour des vacances. Mais c?est aussi pour prendre des contacts avec la Fédération mauricienne de badminton et mettre sur place un certain nombre d?actions. La Fédération française de badminton est relativement jeune puisqu?elle a été créée en 1979. Nous comptons 105 000 licenciés. Ce qui nous place en troisième position après le volley-ball et le cyclisme. C?est tout de même une référénce. Nous avons différents projets nationaux. Mais depuis deux ans, à la demande du ministre des Sports français, Jean-François Lamour, nous avons élargi notre champ d?actions vers l?international, plus particulièrement dans les pays ayant le français en commun. Pourquoi cette option ? Le badminton est présent aux Jeux olympiques et il faut qu?il y reste. D?ailleurs, tout sport a besoin des JO. La Fédération internationale de badminton compte 165 pays licenciés.
<B>La France étendra-t-elle son aide uniquement aux pays francophones ? </B>
La Francophonie est un élément à développer. L?Asie a déjà pris position en se regroupant en une seule structure. Pourquoi pas les pays francophones ? Maurice est un pilier important dans ce domaine pour ce qui est du continent noir. D?ailleurs, Raj Gaya est membre de la Fédération africaine de badminton et aussi membre du Conseil de la Fédération internationale de badminton. Nous avons déjà travaillé les statuts et on devrait les déposer à Paris prochainement. Il y aura un comité exécutif avec un membre de chaque nation ayant le français en partage. Raj Gaya pourrait être nommé membre de cette instance et éventuellement occuper le poste de secrétaire général.
<B>Il y a un fort lobbying de la part de la France pour que le badminton soit introduit en démonstration aux 5es Jeux de la Francophonie?</B>
En dehors du point politique c?est, en effet, un de nos objectifs, de s?assurer que le badminton fasse son entrée aux Jeux de la Francophonie, sachant d?autant plus que les pays africains noirs sont assez preneurs de cet événement.
<B>Avez-vous déjà entamé les négociations nécessaires auprès du Comité d?organisation des Jeux francophones? </B>
Pas encore, mais nous le ferons aussitôt les statuts déposés à Paris. Nous avons tout de même eu des contacts informels avec les responsables.
<B>Vous parliez plus haut de conforter les pays en développement. De quelle manière comptez-vous procéder ? </B>
Notre objectif est d?établir des contacts privilégiés sur l?aspect sportif et organisationnel, du moins avec les deux pays. C?est-à-dire Maurice et la France. Nous avons des ouvrages publics, cassettes d?entraînement, projet scolaire que nous pouvons faire bénéficier à Maurice et vice-versa. Ce sera un travail de coopération. Le badminton est le deuxième sport le plus pratiqué en milieu scolaire en France. L?Union nationale du sport scolaire a 120 000 licenciés uniquement dans cette discipline, soit plus que ne compte la fédération nationale. En plus, ce ne sont pas les mêmes que ceux qui sont enregistrés auprès de l?instance fédérale. On a donc un gros potentiel de développement. Parlant justement du sport scolaire, la France accueillera le Championnat du monde scolaire à Tours en 2006. Ce championnat regroupe des lycéens du monde entier dont le Viêtnam et la Chine. Avec la fédération mauricienne, nous étudions actuellement la possibilité d?aligner une équipe mauricienne à ce rendez-vous.
Nous nous penchons également sur les possibilités d?échanges entre nos deux pays. Étant donné que vous avez les structures, nous allons considérer les possibilités de faire venir des athlètes français à Maurice pour des stages communs, et ce à un rythme régulier. J?ai fait comprendre à Raj Gaya et Teverajen Ponamballum que nous ne sommes opposés à ce que des joueurs mauriciens viennent en France, comme on l?avait fait dans le temps avec Martine de Souza pour une dizaine de jours voire un an. Mais j?ai aussi fait comprendre aux dirigeants mauriciens qu?il est important de mettre en place des actions sur la durée. La France est ouverte à toutes formes de relations pour permettre au badminton de progresser. Maurice pourra également profiter des facilités offertes par l?École nationale de formation de badminton où sont formés les arbitres et les entraîneurs. Les jeunes qui sont appelés à officier pour l?Open de France sont aussi formés dans cette école. Et là, je tiens à préciser que tous les juges de ligne qui officient pour cette compétition sont des lycéens. C?est une façon de promouvoir la discipline auprès des jeunes.
<B>Vous aviez annoncé lors de votre dernière visite à Maurice, en décembre dernier, l?arrivée d?une équipe de jeunes en juin de cette année. Qu?en est-il ? </B>
Effectivement, nous avons l?intention d?envoyer chez vous une équipe jeune pour les Internationaux de Maurice juniors et puis il y aura également des joueurs français à l?Open de Maurice en décembre.
<B>En 10 ans, le badminton français a connu une progression fulgurante. Quel est votre secret ? </B>
En effet, nous avons des juniors ainsi que des seniors qui sont classés parmi les meilleurs joueurs européens. La France est la 8e meilleure nation en Europe. Mais en réalité, nous devons nous situer dans les six premiers puisque nous avions préféré réserver nos meilleurs élements pour les Jeux olympiques l?année dernière et, par conséquent, nous avions aligné une équipe amoindrie au Championnat d?Europe. Durant ces 15 dernières années, la France s?est concentrée sur deux choses, l?aspect sportif et le nombre de licenciés tout en misant sur l?ouverture vers le sport de haut niveau. Dès l?âge de 12 ans, les joueurs ayant le potentiel de briller au plus haut niveau, sont regroupés dans la catégorie Pôle Espoir. Ils s?entraînent en moyenne deux à quatre heures par jour. Et puis, arrivés à l?âge de 16 ans, les meilleurs de ces pôles espoir ? nous en avons six à travers la France ? sont promus dans la Pôle France jeune, qui se situe en banlieue parisienne. Ils sont suivis tant sur le plan sportif qu?académique. À partir de là, les meilleurs des meilleurs iront à l?INSEP (NdlR : Institut national du sport et de l?Éducation physique). Ces 15 dernières années, nous avons donc investi dans une structure pyramidale qui commence à porter ses fruits.
<B>Quel est l?objectif de la France ? </B>
Remporter une médaille d?or aux Jeux olympiques. Tout le monde ne peut pas être champion olympique mais nous voulons qu?ils aient les meilleurs résultats possibles dans les différentes catégories. Il faut que les jeunes puissent aller le plus loin qu?ils peuvent. La fédération française est là pour donner à ces personnes les moyens d?y arriver.
<B>La Réunion est un département français. Et pourtant, on a l?impression qu?elle est délaissée?</B>
La Réunion a la même difficulté que Maurice, c?est-à-dire l?éloignement des pays d?Europe et d?Asie. Participer à une compétition sur un autre continent est presque une expédition. Pour pouvoir donc progresser, il vous faut des centres régionaux permaments où les joueurs puissent s?entraîner de manière régulière. Le plus important c?est d?avoir une structure de haut niveau pour assurer une préparation olympique. Il a été prouvé que pour pouvoir décrocher une médaille olympique, il faut 1 000 heures d?entraînement par an sur une période de 10 ans. Les Chinois, eux, s?entraînent 1 500 heures par an alors qu?en France nous avons 650 à 700 heures d?entraînement par an. Déjà l?écart est considérable. Mais c?est l?un des critères à respecter si l?on veut atteindre le haut niveau. Et il doit l?être également pour les pays africains.
<B>Vous avez visité l?île Soeur en début de semaine. Avez-vous des projets concrets pour la Réunion ? </B>
Ce qui nous intéresse sur la Réunion c?est de mettre en place une structure semi-permanente où les joueurs pourront s?entraîner de manière régulière et les faire venir en France par la suite. Si l?on se contente de jouer avec les mêmes adversaires tout le temps, on ne progressera jamais. Notre objectif est justement de pouvoir, avec Maurice, développer des contacts avec la région. Nous avons déjà un Réunionnais, Olivier Fossy, qui s?entraîne en France. C?est un bel espoir qui fait partie de la deuxième équipe française. Il lui manque un petit truc pour aller plus loin.
<B>Interview réalisée par Neeta PERSAND</B>
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