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La France a «d?excellentes» relations avec l?Irak
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La France a «d?excellentes» relations avec l?Irak
Les relations entre la France et l?Irak sont «excellentes», a affirmé hier le président de la République française Jacques Chirac malgré les propos «qui peuvent plus ou moins séduire» du Premier ministre irakien Ilyad Allaoui.
«Je vous signale, pour répondre à certaines interrogations dont j?ai vu qu?elles se faisaient jour, que notre relation avec les autorités irakiennes est excellente», a déclaré le chef de l?Etat lors d?une conférence de presse à Bruxelles. Jacques Chirac n?assistera pas à la rencontre entre les dirigeants européens et Ilyad Allaoui à la mi-journée, où il sera représenté par le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier.
Le président doit s?envoler pour Abou Dhabi pour y présenter les condoléances de la France au cheikh Khalifa ben Zayed al Nahayan, nouveau président des Emirats arabes unis après le décès de son père. L?explication officielle n?a pas rééllement convaincu les diplomates européens, qui expliquent cette absence par une volonté délibérée de Paris de marquer sa réprobation des propos peu amènes d?Allaoui envers la France, coupable à ses yeux de ne pas s?engager suffisamment en Irak.
Jeudi à Rome, le Premier ministre irakien a enfoncé le clou en appelant les pays «qui ont été jusqu?à présent des spectateurs» à sortir de leur inaction pour aider l?Irak à se reconstruire. «Je n?ai jamais refusé de recontrer le Premier ministre Allaoui», a souligné Jacques Chirac devant l?insistance des journalistes.
«Le premier ministre Allaoui a sa personnalité, il a parfois des propos qui peuvent plus ou moins séduire et je n?ai aucun problème naturellement avec les autorités irakiennes», a-t-il ajouté, précisant qu?il venait d?inviter à Paris le président irakien et que ce dernier avait accepté l?invitation. En ce qui concerne l?Irak, «les messages de la France restent clairs et les mêmes», a-t-il poursuivi.
Pour Paris, «la solution est avant tout de nature politique. Le peuple irakien a besoin de perspectives claires». Les échéances fixées par la résolution 1546 des Nations unies «qu?il s?agisse des prochaines étapes de la transition politique ou, au terme de cette transition, du départ des forces étrangères (...) doivent être à la fois confirmées et respectées», a expliqué Jacques Chirac. «Il est donc tout à fait essentiel que les élections se déroulent à la date prévue dans les meilleures conditions de transparence et qu?elles associent autant que faire se peut toutes les composantes de la société irakienne», a dit Jacques Chirac.
Outre le déjeuner avec les Vingt-Cinq, Ilyad Allaoui devait rencontrer hier le Premier ministre britannique Tony Blair et le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, ainsi que le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et il visitera le siège de l?Otan. De son côté, Michel Barnier rencontrera son homologue irakien, Hochyar Zebari après le déjeuner.
<B>La classe politique invite Bush à négocier davantage</B>
Au lendemain de la réélection de George Bush, la classe politique irakienne a invité jeudi le président des Etats-Unis à s?appuyer davantage sur la négociation et un peu moins sur la force pour résoudre les problèmes du pays.
Les Américains, ont-ils insisté, doivent cesser de se comporter comme une force d?occupation, déléguer davantage de responsabilités aux Irakiens et cesser de soutenir des services de sécurité qui pourraient rapidement ressembler à ceux du défunt régime baasiste. «L?usage immodéré de la force que font les Américains ne fonctionne pas. Voyez les services de sécurité qui se sont multipliés au cours des derniers mois. Cela se traduit par plus d?insécurité, rien d?autre», a déploré Haïdar al Oubadi, membre éminent du parti chiite Al Daoua, qui a coopéré avec les forces de la coalition pour stabiliser plusieurs ville d?Irak.
Au yeux d?Hamid al Bayati, vice-ministre des Affaires étrangères, l?insurrection à laquelle sont confrontées les forces américaine n?est que le fruit des erreurs passées de George Bush. «La logique d?occupation doit prendre fin. La principale erreur de Bush a été de ne pas laisser un gouvernement intérimaire prendre le pouvoir après le renversement de Saddam Hussein», estime le diplomate, déplorant lui aussi l?usage disproportionné de la force et les nombreuses victimes civiles.
«Les opérations de la résistance ont débuté aussitôt que les Etats-Unis ont commencé à se comporter en occupant. La solution, à présent, passe par une présence plus discrète des Américains dans les rues», conclut-il. Iyad Allaoui, chef du gouvernement provisoire, prône, lui, l?usage de la force contre ceux qui se sont attaqués à des civils. Le vice-président Ibrahim al Djaafari assure pour sa part comprendre l?attitude de Bush qui souhaite stabiliser l?Irak avant de transférer l?ensemble des pouvoirs aux autorités locales. «A présent, nous sommes impatients que M. Bush et la communauté internationale mettent en pratique leur promesses de souveraineté, de prospérité et de stabilité», poursuit-il. «La force est le dernier recours et ne doit s?appliquer qu?à ceux qui tuent des Irakiens.» Mouaffaq al Roubaïe, conseiller national à la Sécurité, juge pour sa part que les Irakiens portent une part de responsabilité dans le chaos actuel.
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