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La France met l’accent sur l’Europe et ses projets

22 juillet 2005, 00:00

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Le Premier ministre a présidé le premier comité interministériel sur l’Europe, qui, a-t-il dit, “répond au souhait du président de la République de donner une place centrale dans le débat politique aux questions européennes et marque la volonté de tirer les leçons du 29 mai”.

“Les Français veulent savoir quelle Europe nous défendons: une Europe plus dynamique et plus sociale, qui affirme clairement son ambition politique”, a-t-il insisté. Dominique de Villepin a souligné que son gouvernement entendait par une “veille politique (...) anticiper sur les enjeux à venir et sensibiliser les Français aux défis auxquels nous pourrions être confrontés, qu’il s’agisse de l’équilibre entre le respect des services publics et l’ouverture à la concurrence, de la préservation et de la modernisation de notre agriculture ou des moyens de parvenir à nos objectifs en matière de recherche”.

Soucieux de répondre à un impératif de “transparence”, le Premier ministre a déclaré que son gouvernement devait “garantir un suivi politique des négociations sur les textes européens”. Troisième objectif de ces comités interministériels sur l’Europe : “l’efficacité”. “Nous voulons être en initiative, avancer des propositions concrètes qui pourront être négociées dans les enceintes européennes”. Dominique de Villepin a voulu faire le point sur l’état d’avancement des négociations sur plusieurs sujets.Sur la directive services, dite “directive Bolkestein”, il a réaffirmé qu’elle ne devait pas conduire “à une remise en cause des règles applicables en France en matière de garanties des salariés”. Le Premier ministre Français, Dominique de Villepin, a souligné que la France devait jouer “un véritable rôle d’impulsion pour une Europe des projets”.

Il a fait part des trois exigences françaises : “les secteurs qui touchent à l’intérêt général et au service public ne seront pas concernés: je pense en particulier à l’audiovisuel et à la presse, aux services de santé et d’aide sociale ou encore aux services de gestion collective des droits d’auteur»”, (...) nous ne pouvons pas accepter qu’un travailleur d’un pays de l’Union qui viendrait exercer son métier en France, même pour une durée limitée, soit soumis à un autre droit que le droit français. Nous souhaitons donc que le droit du pays d’origine ne s’applique pas aux travailleurs detaches, «s’agissant des entreprises de services qui développent une activité dans un pays tiers, il n’est pas envisageable qu’elles soient soumises uniquement au droit du pays à partir duquel elles exercent: cela nous empêcherait d’assurer une protection satisfaisante du consommateur et nous conduirait à un alignement vers le bas sur le droit moins protecteur”.

L’immigration irrégulière

Il a souligné que le texte de la directive temps de travail “n’aura aucune incidence sur la durée du travail en France” mais “permettra de fixer les règles minimales pour mieux protéger les salariés des pays qui ne disposent pas aujourd’hui d’une telle législation”. Le Premier ministre a indiqué que Paris ferait “tout pour se conformer à ses obligations” dans le dossier des “poissons sous taille”.

Sur le plan économique, il a appelé à la mise en oeuvre d’une “politique de change adaptée, (...) en liaison avec la Banque centrale européenne et dans le respect de son indépendance”. “Face à la donne monétaire, notamment en Asie, l’Eurogroupe doit faire entendre sa voix», a-t-il souligné. “J’ai demandé à Thierry Breton de prendre contact avec ses partenaires pour avancer dans ce sens”, a précisé Dominique de Villepin, qui a ajouté qu’il allait rencontrer le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Jean-Claude Trichet.

La rencontre est prévue aujourd’hui à 18h00 (16h00 GMT). Dominique de Villepin a aussi déclaré que l’Europe “doit se doter d’une véritable politique énergétique” face aux “fluctuations des prix et à la hausse durable du baril de pétrole”. “Elle doit évaluer plus régulièrement et de manière plus transparente ses stocks et ses capacités de raffinage. Elle doit également encourager le développement des énergies alternatives”, a dit le Premier ministre.

Il a aussi plaidé pour l’adoption d’un système fiscal harmonisé en Europe en matière d’impôt sur les sociétés, qui “permettra de lutter contre le dumping social et les délocalisations”. Le Premier ministre a également évoqué la lutte contre le terrorisme et contre l’immigration irrégulière.Il a rappelé qu’il entendait proposer à ses partenaires de l’Union la création d’un “service civil européen” et le projet de création d’une bibliothèque numérique européenne.

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