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La France met au ban les mariages blancs

24 décembre 2005, 20:00

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Quand on a que l?amour pour unique raison, on n?a pas à s?en faire? Tout citoyen mauricien désirant se marier avec un ressortissant français, en France ou dans un de ses départements comme la Réunion, doit désormais passer une audition devant le maire ou son représentant, avant même la publication des bans et la cérémonie du mariage.

Ce dernier vous posera des questions sur votre passé et votre vision de la vie commune. Si le maire n?est pas satisfait de vos réponses et qu?il estime que vous n?épousez un Français que pour bénéficier de sa nationalité, vous pouvez faire une croix sur l?union civile.

Cet exercice est désormais exigé à la suite d?une circulaire émise par le Parquet depuis le début de l?année pour lutter contre le mariage blanc et l?immigration clandestine.

Un seul cas suspect

Le sujet a été traité dans le Journal de l?île de la Réunion (JIR) jeudi et ce quotidien évoque le cas d?une Mauricienne qui ne s?est pas mariée après une de ces auditions et, celui d?une jeune femme qui ne s?est unie à un Réunionnais que pour obtenir la nationalité française.

Notre confrère explique que depuis la semaine dernière, tous les futurs époux de Saint-Paul doivent passer devant le maire ou son adjoint, comme cela se fait dans les autres municipalités de la Réunion.

Cette mesure va permettre, dans certains cas, de vérifier les motivations des conjoints, et dans d?autres, de veiller à ce qu?un futur mariage mixte, comme cela se fait à St-Denis depuis juin, repose réellement sur de bases solides.

« Le but est de limiter l?immigration clandestine, et nous ne nous entretenons avec les futurs mariés que lorsque l?un des conjoints est de nationalité étrangère », a confié Jean-Claude Payet, l?adjoint délégué des biens des personnes et des biens de St-Denis au JIR.

Sur les 20 couples qu?il a interrogés, un seul s?est montré suspect. Une jeune mauricienne voulait se marier avec un Réunionnais. L?adjoint allait saisir le Parquet pour une enquête, mais à la dernière minute, elle a eu peur et a annulé le mariage.

Si enquête il y a, et si le Parquet trouve qu?il y a eu effectivement tentative de fraude, le mariage peut être annulé. Les conjoints risquent alors cinq ans de prison, assortis d?une amende d?environ un demi-million de roupies.

Un contrôle par les consulats

Par ailleurs, il est à noter que la transcription en France des actes de mariage conclus à l?étranger, disons à Maurice, ne sera plus automatique et ne donnera plus nécessairement accès à un titre de séjour. C?est ce qui a été souligné par le Premier ministre français, Dominique de Villepin, lors du Comité interministériel de con-trôle de l?immigration (Cici), qui s?est réuni le 29 novembre à Matignon.

« Les mariages célébrés à l?étranger sont devenus la première source d?immigration légale en France. Leur nombre est passé de 13 000 en 1995 à 34 000 en 2004 », a souligné Dominique de Villepin. Ce qui fait qu?un contrôle sera effectué par les consulats, a-t-il annoncé. Des dispositions légales vont ainsi être adoptées par le parlement français à la fin du premier semestre 2006.

Les étudiants à « fort potentiel » privilégiés

« Nous voulons orienter nos efforts pour accueillir les meilleurs étudiants, les plus motivés, ceux qui ont un projet d?études de haut niveau. » Voilà les propos du Premier ministre français, Dominique de Villepin, qui s?entretenait sur l?accueil des étudiants étrangers lors de la réunion du Cici (voir plus loin).

La France délivrera des visas aux étudiants étrangers en fonction des avis des « Centres pour les études en France », lesquels recevront les candidats pour leur donner un avis sur leurs projets. De cette façon, les étudiants étant passés par ces centres « se verront immédiatement attribuer un titre de séjour à leur arrivée en France sur simple présentation de leur visa ». Fait notable : les étudiants qui iront au-delà du mastère « pourront obtenir à l?issue de leurs études l?autorisation de travailler en France, sans être obligés de retourner dans leurs pays pour effectuer cette démarche », précise Dominique de Villepin sur le site Web du gouvernement français.

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