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La France comme le Titanic ?
Le nul concédé samedi face à une équipe suisse, certes solide et sans complexe mais inférieure techniquement, a posé dans toute sa cruauté la question du niveau réel de l?équipe de France.
Suivant un air désormais bien connu et presque lancinant, les Français ont beaucoup tenté et très peu réussi pour concéder leur sixième nul d?affilée à domicile, le troisième 0-0 des qualifications chez eux contre un adversaire direct.
Si les précédents matches avaient été porteurs d?espoir et si l?on avait voulu y voir l?annonce d?une prochaine renaissance, il n?en fut rien pour celui de samedi.
Les Bleus sont apparus pâles, sans couleur, sans relief, et malgré leurs occasions de trouver les filets, ils ne doivent pas oublier que les Helvètes auraient pu mener à la pause.
Où sont les Platini, Deschamps et Blanc ?
A aucun moment, la France n?a donné le sentiment de viser le même but, de travailler pour le même objectif et le résultat, quelle que soit l?analyse qui en est faite, revient à la perte de deux points à domicile.
Si les Français ne sont pas capables de battre la Suisse, Israël et l?Irlande à domicile, on peut se poser la question de leur légitimité à aller à la Coupe du monde.
Jamais le classement de la FIFA a signifié aussi peu de chose et jamais la France n?a semblé connaître une telle dérive.
Pendant 90 minutes et face à une audience record (près de 80 000 personnes), les Français ont tourné en rond, cherchant des solutions qui, autrefois, auraient été évidentes.
Il y a bien eu de loin en loin quelques intentions qui auraient pu se traduire en but mais de manière constante il a manqué un chef de file.
L?équipe de France, au-delà de résultats victorieux, se cherche avant tout un meneur, comme l?était autrefois Michel Platini ou comme le furent Didier Deschamps et Laurent Blanc.
Il n?y a eu personne samedi soir pour qu?au pied du mur, la France tente d?être autre chose qu?elle-même et qu?elle aille chercher un résultat dont elle savait avoir besoin.
Si les Français n?ont pas réussi à gagner chez eux, il est difficile de croire qu?ils vont parvenir à l?emporter chez les autres.
Malheureusement, c?est ce qui leur faut accomplir pour rejoindre le gotha du football l?an prochain en Allemagne.
Et le déplacement de mercredi en Israël qui se présentait comme délicat se transforme en voyage à haut risque sportif malgré toutes les assurances de sécurité qui ont été fournies à Fabien Barthez.
Le portier français, auteur de trois arrêts déterminants samedi, disait vouloir arrêter en 2006. Il peut à bon droit se poser la question de l?intérêt de continuer.
?Le combat continue?, a promis Domenech, ne sachant finalement plus que dire pour expliquer une situation qui devient dramatique.
Ce combat ne tient qu?à l?incapacité des rivaux de la France de gagner et il pourrait s?arrêter bientôt.
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