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La France accordera son aide à l?Autorité Palestinienne
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La France accordera son aide à l?Autorité Palestinienne
Jacques Chirac et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ont examiné hier à Paris des moyens de relancer rapidement l'aide directe occidentale au peuple palestinien, suspendue depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas.
Lors de leur entretien d'une heure, le président français a notamment proposé la création d'un fonds fiduciaire, éventuellement géré par la Banque mondiale, qui permettrait de payer les 165 000 fonctionnaires palestiniens dont les salaires n'ont pas été versés depuis mars.
La reprise de l'aide directe est un élément «absolument essentiel» pour la vie du peuple palestinien, «sinon nous allons au devant d'une catastrophe», a prévenu Mahmoud Abbas lors d'une courte allocution à la presse dans la cour de l'Élysée, où Jacques Chirac était venu l'accueillir.
Le président palestinien est venu à Paris dans le cadre d'une tournée européenne visant à recueillir des soutiens pour son peuple, mis en quarantaine par la communauté internationale depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas fin mars, dans la foulée de sa victoire aux législatives de janvier.
Convaincu de la nécessité d'une reprise de l'aide pour des raisons «humaines» et «politiques», Jacques Chirac a fait à son hôte une série de propositions permettant de faire parvenir l'argent aux Palestiniens sans passer par le gouvernement.
Selon son porte-parole Jérôme Bonnafont, le chef de l'État suggère la création d'un fonds fiduciaire pour le paiement des salaires des fonctionnaires, la conduite de projets ciblés via «des institutions indépendantes du gouvernement» et une augmentation de l'aide aux services de la présidence de l'Autorité palestinienne.
Rétablissement de relations normales
La France souhaite que ces idées soient rapidement étudiées par ses partenaires, et en particulier par les membres du Quartet (Union européenne, États-Unis, Russie, Onu) dont la prochaine réunion est prévue le 9 mai.
Lors d'une conférence de presse à l'hôtel Meurice, Mahmoud Abbas a accueilli favorablement ces propositions mais il a insisté sur l'urgence d'une reprise de l'aide internationale aux territoires palestiniens, estimée à 1,3 milliard de dollars par an (dont la moitié versée par l'UE).
«Pour nous être utile, le mécanisme doit être opérationnel le plus rapidement possible», a dit le président palestinien, dont les propos étaient traduits de l'arabe. «Nous ne voulons pas avoir à gérer une situation plus dangereuse que celle que nous constatons aujourd'hui ». Avant de revoir leur position, Européens, Américains et leurs alliés du Quartet exigent du Hamas qu'il renonce à la violence et endosse le processus de paix avec Israël.
Jacques Chirac a invité le parti islamiste à «rallier les positions prises par la communauté internationale», condition selon lui «essentielle et nécessaire» au rétablissement de «relations normales», avec le peuple palestinien.
Pour sortir le processus de paix de l'impasse, le chef de l'État a demandé le «rétablissement d'un processus politique négocié de façon à permettre l'établissement de la paix entre deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité».
Mahmoud Abbas a plaidé pour une solution «négociée avec Israël sur la base de la feuille de route » afin de parvenir à «une paix durable» dans la région. «Nous confirmons ici notre respect le plus total de la légalité internationale, depuis les accords d'Oslo jusqu'à la feuille de route et tous les accords qui ont été conclus entre ces deux étapes», a-t-il assuré. Le président de l'Autorité palestinienne souhaite la tenue d'une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien, idée à laquelle la France est a priori favorable.
© Le Monde 2006 Distribué par The New York Times Syndicate
Paris lance l?idée d?un fonds fiduciaire
Jacques Chirac a lancé hier l'idée d'un fonds géré par la Banque mondiale qui permettrait de payer les 165 000 fonctionnaires palestiniens, dont les salaires sont dépendants de l'aide internationale. «On pourrait étudier d'urgence la création d'un fonds fiduciaire, géré par exemple par la Banque mondiale, et qui serait destinataire de l'aide destinée à payer les salaires des fonctionnaires», a dit le porte-parole du président français, Jérôme Bonnafont, après un entretien entre Jacques Chirac et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Lors d'une heure d'entrevue à l'Élysée, Jacques Chirac a avancé un certain nombre d'idées permettant de reprendre l'aide directe versée aux Palestiniens par les États-Unis et l'Union européenne, suspendue depuis l'arrivée du Hamas au pouvoir. «La France propose à ses partenaires européens et internationaux, notamment dans la perspective de la réunion du Quartet le 9 mai, que l'on réfléchisse très rapidement à un dispositif qui permette la reprise de l'aide», a dit Jérôme Bonnafont. L'aide «doit pouvoir être maintenue en passant par des institutions indépendantes du gouvernement» et «l'aide directe au service de la présidence de l'Autorité palestinienne pourrait être accrue», a-t-il précisé. L'aide humanitaire n'est pas concernée par la suspension de l'assistance décidée au lendemain de l'arrivée au pouvoir du Hamas, vainqueur des élections législatives en janvier. L'aide internationale aux territoires palestiniens est estimée à 1,3 milliard de dollars par an.
Les premiers contributeurs sont l'Union européenne, qui en apporte la moitié (650 millions de dollars, soit 500 millions d'euros). Viennent ensuite les États-Unis (300 millions de dollars dont 200 millions transitent par les organisations non gouvernementales), les pays arabes (250 millions de dollars) et le Japon (100 millions de dollars). La France apporte, en plus de la contribution européenne, une aide bilatérale aux Palestiniens de 25 millions d'euros, qui finance notamment un centre culturel et des projets de coopération.
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