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La fraise a la pêche

24 juillet 2006, 00:00

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Fruit de luxe, charnue, rouge, sa pulpe se fondant dans la bouche, la fraise est une star recherchée. Le temps d?une journée, l?Agricultural Research & Extension Unit (Areu) présentera au public les variétés, les techniques culturales de même que ses propriétés médicinales. Cette rosacée offre de multiples opportunités dans l?agro-industrie, allant de la vente en barquette à la transformation. La démonstration aura lieu vers le milieu du mois prochain.

L?Areu justifie sa démarche d?incitation à la culture de fraisiers par la demande venant du secteur hôtelier. Cet organisme produit lui-même des plantules mais se trouve contraint d?en importer de France. Cette année, il en a commandé 28 000. Une trentaine de planteurs est venue s?ajouter aux 44 déjà inscrits, signe que l?agro-industrie croit fermement dans cette cullture.

Dans ses laboratoires à Wooton, l?Areu a développé sept nouvelles variétés qui répondent aux exigences de chaque agriculteur. L?Agathe, par exemple, donne un meilleur rendement par plante. L?Aromas est plus ferme. L?Anaïs est très sucrée. La Gloria est la plus grosse. L?Annabelle est la fraise la plus longue? De quoi satisfaire les goûts de la clientèle locale et touristique.

Propriétés médicinales

Il s?agit d?un secteur où il suffit de faire preuve de volonté. Comme Camben Vadeevaloo (photo). Il relate son parcours avec ce fruit aux couleurs de la passion. Dans ses serres à Moka serpentent des tuyaux sous le film de plastique opaque. Ils alimentent au goutte-à-goutte les fraisiers plantés à égales distances, sous de fins grillages. Ici la culture est entreprise de manière professionnelle. Pas une feuille flétrie, aucune trace de détritus sur le sol. A pareille époque, les fleurs du fraisier attendent que les abeilles entament leur pollinisation. Dans trois semaines, ce sera l?heure de la cueillette.

Pourtant, quand il prospecte le créneau en 1998, Camben Vadeevaloo n?y croit pas beaucoup. Il laisse filer quelques stolons sur ses terres à Moka, où fut cultivé le premier fraisier en 1714. La récolte dépasse ses espérances. L?Areu entre en jeu. ?L?organisme m?offre gratuitement 50 plants et m?initie aux techniques de culture?, se rappelle-t-il.

Cinq ans plus tard, la petite serre à côté de sa maison ne peut plus satisfaire la demande, en hausse constante. Il est grand temps de passer à la production commerciale. La Banque de développement apporte le soutien financier. Entre-temps, il modernise ses serres en ajoutant des structures en bois aux grillages. Le business est florissant. Ses fraises, vendues à l?origine en barquettes scellées sous plastique devant un supermarché, trouvent le chemin des points de vente à travers le pays.

Aujourd?hui, Camben Vadeevaloo cultive 15 000 plantes à Moka et ailleurs. Il amorce une nouvelle étape, à double objectif : initier plus de monde à cette culture, se lancer dans la transformation et prendre avantage de tous les bienfaits médicinaux du fraisier. ?Je me propose de créer chez vous une fraiseraie adaptée au jardin, pour la culture en pleine terre?, dit le directeur de Fraisier de Moka, qui emploie cinq personnes à plein temps. Il assure qu?il suffit d?acheter les plants et deux semaines plus tard, on peut récolter les fraises. Son souci est de démocratiser ce sous-secteur.

La fraise, de par sa nature, se prête à la transformation en gelée, jus et confiture. L?Areu considère cet aspect comme un bon potentiel de création d?emplois. Camben Vadeevaloo ne veut surtout pas rater cette opportunité. Dans un premier temps, il s?attellera à la production de jus.

Le fraisier renferme des propriétés médicinales, de la racine jusqu?au feuilles. Saviez-vous, par exemple, que la racine est un remède contre la diarrhée ? Les fruits et les feuilles contiennent des acides qui favorisent des gencives saines et empêchent la chute des dents. Ces feuilles, placées sur une blessure, en assurent une cicatrisation très rapide.

Bernardin de Saint-Pierre, celui qui a introduit cette plante à Maurice en 1714, a de quoi de s?en réjouir.

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