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La foudre s?abat sur une maison à Rose-Belle
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La foudre s?abat sur une maison à Rose-Belle
Les années se suivent et ne se ressemblent pas toujours, heureusement ou malheureusement. En ces jours de sécheresse, qui sont les nôtres et qui ressemblent tant au sinistre été 1998-99, nous aurions peut-être aimé recevoir un peu de ces averses orageuses de l?été 1981-82. La famille Appanah, du Rose-Belle d?alors, pourrait être d?un tout autre avis, pour avoir reçu la visite, pour le moins inopportune et tapageuse, de la foudre sous la forme d?une boule de feu des plus terrorisantes. Rose-Belle et le camp sucrier de l?établissement d?Etat de cette localité en tremblent encore, paraît-il, au souvenir de ce qui s?est passé chez eux, il y a 25 ans.
Il est 14h30 en ce dimanche 10 janvier 1982, lorsqu?une boule de feu arrache l?antenne de télévision, pourtant solidement fixée mais ayant servi de paratonnerre pour attirer la foudre sur cette demeure.
Inutile de décrire l?épouvante des occupants de la maisonnée de Mme Veuve Gangah Appanah, en entendant un bruit semblable à l?explosion d?une bombe, en ces jours moins terroristes que les nôtres. Un des membres de la famille, se tenant au bord du chemin et faisant un brin de causette avec les voisins, est témoin du passage météorique de cette boule de feu, descendant du ciel pour arracher l?antenne de télévision familiale. Au bruit assourdissant de la décharge électrique tonitruante, une petite foule ne tarde pas à s?agglutiner devant la demeure des Appanah, en quête de nouvelles qui sont heureusement rassurantes, sauf sur le plan matériel.
La foudre ne fait, en effet, aucun blessé ni brûlé même si les membres de la famille comme bon nombre de voisins et de riverains, sont plus ou moins sous l?effet d?un choc. Cela est compréhensible, après une telle secousse.
Les appareils électriques et plus particulièrement le poste de radio et le téléviseur des Appanah sont, bien sûr, hors d?usage. Il en va de même pour toute l?installation électrique et les ampoules. Des arbres dans la cour sont en partie calcinés. Plus grave encore, la dalle de la demeure des Appanah témoigne de la violence du choc, la foudre ayant laissé une empreinte de 15 pouces de diamètre.
Les habitants des Plaines-Wilhems ont également droit, en ce 10 janvier 1982, à une matinée dominicale fort orageuse et désespérément pluvieuse. Bon nombre de maisons ne tardent pas à se retrouver en situation d?inondation faute d?un bon système d?écoulement des eaux qui ne s?est guère amélioré depuis, faute généralement d?un bon service d?entretien pré-cyclonique.
Le directeur de la météorologie nationale, le savantissime B.M. Padya, a fort affaire pour expliquer à ses interlocuteurs, plus nombreux que d?habitude, que coups de tonnerre intempestifs à Rose-Belle comme aux Plaines-Wilhems et pluies diluviennes n?ont rien à voir avec une éclipse de la lune, visible la nuit précédente. Seules des recherches plus poussées pourraient confirmer l?existence d?un quelconque lien entre météorologie et astronomie.
De mémoire de météorologue, M. Padya confesse être quelque peu dépassé par l?ampleur et la fréquence des tempêtes électriques, de l?été 1981-82, du moins à Maurice. Cela ne constitue pourtant rien d?exceptionnel à ses yeux d?homme de science. Il sait qu?en Inde comme à Madagascar de semblables tempêtes électriques sont beaucoup plus fréquentes que celles s?abattant épisodiquement sur notre île Maurice.
Antoine Chelin signale, dans son livre, Une île et son passé, que le 9 janvier 1884 (à deux ans près et presque jour pour jour) trois Mauriciennes d?origine indienne sont atteintes par la foudre, dans un champ de cannes, à Albion. L?une d?entre elles est foudroyée sur le coup et sur le champ. Un siècle plus tôt (le 9 mars 1784), une tempête électrique provoque des incendies au Port Louis. Le 17 février 1832, jour de parution du premier numéro du Cernéen, le tonnerre jette l?épouvante dans les rues de la capitale. Prière de n?y voir aucune trace de cause à effet. Rose-Belle mais aussi Alma et Bel Air-Rivière-Sèche essuieront une tempête de grêle, accompagnée de coups de tonnerre, le 3 septembre 1920. Les inoubliables inondations de décembre 1929 s?accompagnent également de tempêtes électriques, du moins en ce qui concerne le 29 décembre de cette année. A la mi-décembre 1952, c?est au tour d?une maison de Brisée-Verdière d?être endommagée par la foudre.
Celle-ci est, en revanche, plus meurtrière en février 1959, puisqu?elle cause la mort de quelqu?un à Solférino. Il y aura aussi mort d?homme, au sommet du Pieter Both, le 1er janvier 1971, quand la foudre s?abat sur un groupe de courageux alpinistes, ayant voulu célébrer à leur manière cette nouvelle année. La SMF aura toutes les peines du monde pour récupérer le corps de Kadress Chengapen, au fond d?un ravin.
A la mi-décembre 1974, la foudre endommage les établissements Maurifoods qui doivent distribuer Rs 300 000 de légumes. A la mi-janvier 1982, la foudre est la cause d?une mort tragique à l?hôtel La Pirogue. Elle s?abat, en effet, sur le jeune Dhyan Sharon de Senneville, 9 ans.
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