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La folle aventure du sucre mauricien
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La folle aventure du sucre mauricien
La consommation mondiale du sucre, de canne et de la betterave confondus, était estimée à environ 142 millions de tonnes en 2002. Dans quelles circonstances le produit de ces deux végétaux, à peine connu il y a trois siècles, a-t-il pris une ascendance telle jusqu?à devenir un élément essentiel de l?alimentation des humains ?
Dans quelles circonstances la canne à sucre (saccharum officinarum), ? plante de la famille des graminacées, connue dans l?ancienne Egypte comme un roseau qui produit une substance douce sans l?aide des abeilles, ? et la betterave (beta vulgaris), ? plante à racine charnue de la famille des chénopodiacées, ont-elles toutes deux pris une telle importance, tant dans le commerce mondial que dans l?économie de notre pays ? C?est de cela que nous nous proposons de faire état, succinctement.
Pour bon nombre d?historiens, la canne à sucre serait originaire du Pacifique, où elle était cultivée surtout en Nouvelle Guinée et dans l?archipel des Salomon. De cette région, elle fut introduite en Indonésie pour, ensuite, faire son apparition dans la Grande péninsule indienne. La première fabrique de sucre de canne remonterait à plus de deux mille ans, dans le Bengale. Un royaume du Bengale portait d?ailleurs le nom de Gaur, qui signifie sucre. Alexandre le Grand, qui envahit l?Indus, est connu pour avoir introduit la plante dans tout son empire quelque 330 ans avant l?ère chrétienne. Plus tard, les Arabes propageront la plante dans tout le Moyen-Orient. Ainsi, la culture de la canne fut vulgarisée dans tout le bassin méditerranéen et propagée, à une époque, dans le sud de l?Espagne et de la France.
La culture de la canne sur une grande échelle ne fut cependant enclenchée que bien après. Jusqu?au XVe siècle, le sucre était une commodité rare vendue uniquement chez les apothicaires. Sous Louis XV (1715-1774), il était considéré comme un médicament, si précieux qu?on l?enfermait à clef dans les réserves.
Après l?âge de la découverte, alors que de nombreux produits exotiques en provenance du nouveau monde firent leur apparition en Europe (pomme de terre, tabac, cacao), par ricochet, c?est Christophe Colomb qui, lors de son second voyage, introduisit la canne à sucre dans l?île d?Hispaniola dans le Nouveau Monde. Mais c?est la consommation effrénée du café, du cacao et du thé qui devait, d?une certaine manière, dynamiser la consommation du sucre, devenue adjonction essentielle à ces breuvages.
Certes, d?autres plantes, tels le palmier à dattes, la vigne, la patate douce et l?érable, sont également riches en sucre, mais leur teneur en saccharose sont loin de pouvoir rivaliser avec celle de la canne à sucre et de la betterave. Notons que la teneur en saccharose de la betterave à sucre est supérieure à celle de la canne : une moyenne de 17 %, avec des pointes de 23 % pour la première, tandis que celle de la canne est de 10,5 % et des pointes, dépassant rarement, les 17 %.
L?histoire de la betterave sucrière, cultivée en haute Egypte surtout comme plante fourragère, est relativement récente. Dès le 18e siècle, elle fit l?objet d?études en Allemagne, et c?est grâce aux travaux du chimiste Andreas Marggraf que l?on pût, pour la première fois, rendre le sucre de betterave a l?état solide. Sa culture fut fortement encouragée par Napoléon Bonaparte pour parer au manque de sucre de canne causé par le blocus de l?Empire britannique. La culture de la canne à sucre est ainsi intimement liée à l?expansion et la consolidation des empires coloniaux.
De nos jours, la canne à sucre et la betterave sont cultivées dans pas moins de 119 pays : la betterave, qui croît dans les zones tempérées, est cultivée à grande échelle dans 40 pays, principalement dans l?hémisphère nord, tandis que la canne à sucre, éminemment tropicale, est développée dans 71 pays. Seuls 8 pays, dont les Etats-Unis et la Chine, cultivent les deux plantes simultanément. Notons que 70 % de la production mondiale du sucre est consommée dans les pays producteurs eux-mêmes. Ceci étant, compte tenu des différents accords sucriers, le tonnage de sucre sur le marché libre ne dépasse guère les 34 millions de tonnes
Tableau I
Principaux pays producteurs de sucre 2002
Source F.O International Sugar and Sweetener Report
Comme indiqué au tableau I, les choses ont beaucoup changé dans le domaine de la production sucrière. Fini le temps où notre pays était parmi les plus grands producteurs et exportateurs. Aujourd?hui, les plus grands producteurs de sucre de canne sont : le Brésil et l?Inde, le Mexique, Cuba et l?Australie, alors que pour ce qui est de la betterave, ce sont l?Union Soviétique, les Etats-Unis, la Pologne, l?Ukraine, la France et l?Allemagne qui occupent les places les plus importantes.
Dans l?imaginaire, le sucre a toujours été considéré comme un produit sacré, présent dans tous les rituels au même titre que le sel. Vivre dans un monde où coulerait éternellement le miel, voire le sucre, reste un fantasme paradisiaque pour plusieurs croyances religieuses. Dans la mythologie hindoue, le sucre est une nourriture des Dieux. Et pour revenir sur terre, même au seuil du troisième millénaire, de nombreux êtres humains peinent pour avoir droit à quelques grammes de sucre au quotidien. Alors que les citoyens de Singapour et de Cuba sont parmi les plus grands consommateurs de sucre, avec 61,3 kg et 54,3 kg respectivement, la moyenne pour le Mauricien est de 34 kg, ce qui rejoint la consommation moyenne des pays Occidentaux. Par contre, celle de l?Ethiopie n?est que de 3,2 kg, en comparaison avec la moyenne mondiale de 21 kg.
La culture intensive de la canne à sucre a toujours été liée à la traite des esclaves au Nouveau Monde, cause de tant de misère humaine au 18e et 19e siècles. On estime à plus de 100 millions le nombre d?individus qui furent déplacés de leurs villages d?Afrique, suite aux razzias. Mais seulement 20 millions d?entre eux, à la fleur de l?âge et jugés aptes à tenir le voyage, furent transportés outre-Atlantique, dans des conditions inhumaines, pour travailler de force dans des plantations de cannes, de café et de coton.
Cette phrase de Bernardin de St Pierre, extraite de son livre Voyage à l?Isle de France, exprime bien l?indignation ressentie par ce dernier, sans doute après son séjour chez nous en 1768 : ?Je ne sçais si le caffé et le sucre sont nécessaires au bonheur de l?Europe, mais je sais bien que ces deux végétaux ont fait le malheur de deux parties du monde. On a dépeuplée l?Amérique afin d?avoir une terre pour les planter ; on a dépeuplé l?Afrique afin d?avoir une nation pour les cultiver.? Le Bitter Sugar, pour reprendre le titre combien évocateur de ce fameux ouvrage de l?historienne Vijaya Teeluck sur l?épopée de l?esclavage, dans lequel l?auteur brosse un des plus sombres tableaux de tous ceux qui ont été sacrifiés pour permettre une plus grande production sucrière, au lendemain de l?abolition de l?esclavage à Maurice.
Mais si la culture de la canne reste toujours liée aux descendants d?esclaves dans le nouveau monde, notamment au Brésil, à Cuba et aux Etats-Unis, les nouvelles techniques, tant en amont de la production qu?en aval de la transformation, ont changé radicalement le paysage pour ce qui est de cette occupation culturale. A tel point que certains pays, telle l?Australie, atteignent des productions considérables grâce à une mécanisation à outrance et à une technologie de pointe tant dans la transformation des produits que des sous-produits.
Pourvoyeur de sucre pour l?Empire britannique
A l?heure où les quotas préférentiels alloués aux ACP par l?Union européenne sont remis en question par l?Organisation mondiale du commerce, et que notre pays se bat corps et âme pour maintenir un prix rémunérateur à notre production sucrière ? une question de vie ou de mort pour notre économie ? il est bon de connaître le chemin parcouru à travers l?histoire pour le maintien de notre industrie sucrière eu égard aux aléas du marché, des conditions climatiques, et des circonstances, qui ont fait que notre pays ait été longtemps considéré comme ?la perle sucrée de l?océan Indien?.
Point étonnant que l?histoire de notre pays, c?est un peu l?épopée de cette graminée en provenance de Batavia, introduite en 1639 par Adrien Van der Stel, second gouverneur hollandais de la petite colonie Maurice. Sans doute, en introduisant des boutures de canne, ce dernier était loin de penser qu?elles enclencheraient la plus extraordinaire aventure humaine dans cette île tropicale.
Si, dans l?imaginaire, la culture de la canne est à jamais liée à la colonisation hollandaise, précisons que durant toute cette occupation (1598 1710), à peine 10 arpents de cette graminée furent plantés sur tout le territoire, notamment pour l?alcool de bouche. Encore que, une fois arrivées à maturité, ces plantations étaient littéralement investies, dit-on, par des rats, ce qui eut pour résultat de refroidir les élans des Hollandais quant à une culture plus intense de cette plante. Même durant toute l?occupation française, la canne joua un rôle plus que marginal en tant qu?occupation culturale.
En effet, sur quelques 6 000 arpents sous culture, seuls 434 étaient consacrés à celle de la canne, préférence étant donné au coton, à l?indigo, au girofle, au café, au mais, et au blé. La plus grande culture d?exportation était l?indigo, comme le démontre si bien le tableau II. Cependant, sous l?impulsion de Mahé de La Bourdonnais, deux usines sucrières avaient été mises en place, l?une à Ferney et l?autre à Ville Bague. En 1750, l?industrie sucrière rapportait annuellement 60,000 livres tournois. Au terme de l?occupation française, selon Jacques Gérard Milbert, le pays produisait quelques 300 tonnes de sucre et environ 600,000 litres d?arack.
D?autres récits, cependant, parlent de 10 000 arpents de canne manipulés par une douzaine de sucreries produisant quelque 3 000 tonnes de sucre au terme de l?occupation, et donnent un tableau différent comme on peut le constater :
Tableau II
Superficie sous culture
Source :Baron d?Unienville statistiques de l?île de France
C?est bien sous l?occupation britannique que le pays fut converti en un haut lieu pour la culture de la canne à sucre. En investissant l?île de France en ce 3décembre 1810, les Britanniques avaient un plan bien conçu pour faire de leur nouvelle possession, au-delà de sa position stratégique sur la route des Indes, un important pourvoyeur de canne à sucre pour l?Empire. Le traité de Paris de 1814 devait clairement montrer leur intention. Ils devaient restituer l?île de la Réunion à la France, malgré sa plus grande superficie, et choisir de garder l?île de France.
D?autres raisons devaient motiver leurs choix. Le terroir de l?île de France étant nettement moins montagneux, relativement plat, avec un sol volcanique riche, et des précipitations adéquates pour la culture de la canne à sucre. La présence d?entrepreneurs potentiels en la personne des colons français à qui la Compagnie française des Indes avait alloué la quasi-totalité des terres arables du pays. La stratégie était de sécuriser ces colons et les convaincre de ne pas quitter l?île de France malgré la conquête imminente par les Britanniques. D?ailleurs, bien avant d?investir le pays, Robert Townsend Farquhar, le Gouverneur désigné, devait émettre un communiqué en ces termes :-
?Les Anglais sont au moment de paraître devant vos ports au nom du roi, non pas comme vos ennemis mais bien comme vos sincères amis. Votre commerce, les productions précieuses de votre île, les fruits de votre industrie sont depuis plusieurs années anéanties ou renfermés dans vos magasins
Notre gouvernement est généreux, ils paye les cultivateurs, les matelots et les soldats la plus haute valeurs de leurs services sans la moindre déduction les Français payent en papiers et en lettres d?échanges nous nous payons en piastre espagnoles?.
Fort de ces garanties, et peu de temps après la prise de l?île, les colons délaissaient les autres cultures pratiquées à l?île de France pour faire place à des plantations de canne à sucre tant et si bien que les autres cultures s?estompèrent peu à peu.
Point étonnant que, de 1812 à 1830, la production sucrière passa de 1 467 tonnes à 32 750 tonnes. En 1840, 98,5 % de nos sucres soit 40 606 tonnes, était exporté pour une valeur de £ 41,606 au Royaume-Uni. A la faveur de l?abolition des droits d?entrée différentiels entre Maurice et les Indes occidentales sur le marché sucrier londonien, et grâce aux efforts déployés par le gouverneur Robert Farquhar, la taxe supplémentaire de 10 shillings le quintal imposée sur le sucre mauricien, par rapport au sucre en provenance des West Indies, fut enlevée.
Cette initiative fut plus qu?un ballon d?oxygène pour notre industrie naissante. Du coup, la production devait prendre une courbe ascendante pour atteindre 39,559 tonnes en 1840. Puis, à la faveur de l?immigration indienne et à l?arrivée massive de travailleurs contractuels, la production sucrière devait passer à 131 000 tonnes en 1860. La majorité de nos sucres était exportée en Grande-Bretagne (60 552 tonnes), 19 066 tonnes en France, 21 628 en Australie et 4 823 en Afrique du Sud.
L?investissement britannique dans l?industrie sucrière à Maurice avait sans nul doute pesé lourd dans l?allocation des quotas sucriers, mais au fil des années, cet investissement n?a cessé de baisser. D?abord en 1847, quand, avec la récession, bon nombre d?entrepreneurs britanniques disposèrent de leurs domaines sucriers au profit des Franco-mauriciens. En un siècle, de 1893 à 2000, le nombre de domaines sucriers tenus par les firmes britanniques, qui était de 30, a été réduit à néant avec la vente du groupe Illovo, anciennement Lonhro, lui-même ancêtre de la grande firme Anglo Ceylon and General Estates Ltd.
En 1862 cependant, le marché londonien étant saturé, le gros de notre production sucrière fut écoulé aux Indes. L?Inde devait rester notre plus grand marché jusqu?en 1911.
Compte tenu du poids de la roupie indienne sur nos recettes d?exportation, le Conseil du gouvernement devait décider, le 7 octobre 1875, que la roupie indienne serait à l?avenir la monnaie légale de la colonie.
La Commission Royale, qui tient ses assises en 1909 pour soumettre des recommandations en vue d?assainir la situation dans l?industrie sucrière suite au passage du cyclone de 1892, prit connaissance d?une proposition de Manilall Makanlall, dit Manilall Doctor, selon laquelle l?administration de la colonie devait être prise en charge par la British India afin de faciliter l?accès de nos sucres sur le marché indien. Mais cette proposition ne fut pas retenue. D?ailleurs, dès 1912, l?Angleterre devait prendre plus de 50 % de notre sucre et, peu de temps après, la quasi-totalité de notre production. Point étonnant qu?en 1935 , la roupie indienne devait cesser d?avoir cours à Maurice.
Mais, à la faveur de l?expansion de l?industrie sucrière dans le monde, nos débouchés extérieurs traditionnels n?ont cessé de se rétrécir, à l?instar de l?Inde, qui devint autosuffisante en 1925, suivi de l?Australie en 1880, de l?Afrique du Sud en 1930 et du Canada en 1970.
Au demeurant, les trois grands fléaux de notre industrie sucrière durant toute son histoire seront la sècheresse, les cyclones, et la chute des cours sur le marché extérieur. Les grands cyclones pouvaient réduire considérablement la production, à l?exemple de ceux de 1892, 1931, 1945 ou encore celui de 1960 (le fameux cyclone Carol), et la chute des cours représenteront toujours les périodes de vaches maigres pour la colonie, malgré les hausses constantes dans les coûts de la production. En effet, les prix varieront presque du simple au double malgré l?allocation des quotas garantis, comme le démontrent les chiffres ci-après :
1881 Rs 6. 60
1913 Rs 12. 93
1914 Rs 6.00
1921 Rs 12.02
1929 Rs 8.63
1935 Rs 5.69
1941 Rs 49.63*
1947 Rs 14.15
Mais, l?exportation de nos sucres vers le marché européen a toujours été tributaire de la production betteravière, son concurrent direct. La production pour les deux occupations culturales a longtemps été en équilibre, quoi qu?après la Seconde Guerre mondiale, le sucre de canne ait pris une nette ascendance sur la production betteravière. Ceci étant, les deux guerres mondiales, en provoquant la baisse dans la production européenne, ont été des périodes fastes pour notre économie. Mais celles-ci n?ont duré que le temps des combats.
Autre fait qui mérite d?être souligné : de 1801 à ce jour, soit en deux siècles, compte tenu des progrès constants réalisés tant dans les techniques de production aux champs que dans la transformation à l?usine, le rendement en sucre à l?hectare est passé de 800 kg à 9 000 Kg. Progrès essentiel pour tant de pays, comme la nôtre, dont l?économie dépend essentiellement de cette culture dans une industrie où règne dorénavant une compétition féroce.
Faut-il encore souligner que la canne à sucre, de même que la betterave, sont deux plantes remarquables à plus d?un titre : outre le fait qu?elles produisent le sucre, élément essentiel dans l?alimentation des hommes, on peut également en extraire la mélasse, élément qui entre dans la production des alcools. Egalement la bagasse, un déchet de la canne et de la betterave qui, hier encore, était jugée encombrante car utilisée uniquement pour la roulaison des usines, et de plus en plus utilisée comme matière à combustion pour la production de l?énergie électrique (25% de nos besoins actuels en électricité provient de la bagasse). Et l?éthanol, produit à partir des feuilles de la canne à sucre, est un non fossilisant qui se positionne déjà comme substitut à l?hydro-carbure, notamment au Brésil. Enfin, l?écume, déchet issu de la transformation de la canne, riche en phosphate et qui sert à fertiliser le sol. Comme on peut le constater l?espoir, pour le maintien de notre industrie ne réside plus uniquement sur le rendement en sucre.
Apres la Seconde Guerre mondiale, compte tenu de la politique de désengagement de la Grande-Bretagne envers ses colonies, le pire était à prévoir pour notre marché sucrier Mais, grâce au Commonwealth Sugar Agreement, qui devait remplacer le Imperial Sugar Agreement en 1951, la colonie de Maurice devait bénéficier d?un quota garanti de 386 000 tonnes de sucre. En 1975 toutefois, avec l?entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, une période d?incertitude devait planer sur notre devenir économique. Grâce aux négociations savamment menées par le gouvernement, sur un quota de 1 304 700 tonnes accordé aux pays ACP et à l?Inde, Maurice bénéficia de la part du lion, soit 487 200 tonnes en tant que membre du club des ACP-CEE. Le régime sucre, dans le cadre des accords avec la CEE, arrive à terme en 2006. Les grands producteurs de sucre, tels le Brésil, l?Inde et l?Australie, veulent avoir accès aux marchés des pays membres de l?Union européenne, tous signataires de la charte de l?OMC et veulent que tombent les prix préférentiels accordés aux ACP.
Que va-t-il se passer ? Pour la première fois de notre histoire, nous ne sommes plus protégés par la Grande-Bretagne, notre acheteur traditionnel. Déjà, de nombreux pays de l?ex?Empire britannique, dont l?économie dépendait entièrement du sucre, ont choisi d?autres voies. En sera-t-il de même pour la perle sucrée de l?océan Indien ?
Quoi qu?il en soit, rendons hommage aux visionnaires qui, dans les années 70, au siècle dernier, ont pensé à diversifier nos activités économiques, souvent grâce aux retombées des booms sucriers, vers le tourisme et la zone franche de service, même si cette dernière bat de l?aile. Comme quoi rien n?est permanent, en ce bas monde, seul le changement l?est.
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