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La flambée de l?or noir
L?attention de la communauté financière est focalisée sur le prix du baril de pétrole, qui a dépassé les US$ 40 depuis quelques semaines. Ce problème intéresse également Monsieur Tout-le-monde, dans la mesure où, dans presque tous les pays, la hausse du cours du brut est répercutée au niveau des pompes à essence, voire des tickets d?autobus ou des billets d?avion.
En toute logique, cette flambée est liée à une hausse de la demande, combinée à des risques au niveau de l?offre. Les Etats-Unis et l?Europe consomment moins de pétrole qu?il y a quelques décennies, les Etats-Unis parce que la production industrielle a été remplacée par les secteurs des services et l?Europe, notamment la France, parce que l?énergie nucléaire a diminué la dépendance pétrolière. Cependant, la demande mondiale est loin d?être en baisse, à cause de la forte progression de la demande des pays en voie de développement. Cette nouvelle demande est due d?une part à l?accroissement important de la production industrielle dans ces pays, notamment la Chine, et d?autre part à l?amélioration du niveau de vie et deux de ses conséquences : le nombre de voitures sur les routes et l?accroissement du volume de biens de consommation transportés.
La production mondiale possède aujourd?hui des caractéristiques particulièrement inquiétantes. En premier lieu, la production émane d?un petit groupe de pays. L?Arabie Saoudite possède près du quart des réserves, l?Iran, l?Iraq, les Emirats arabes unis et le Koweit 10% chacun, la Russie, le Nigeria et l?Alaska ensemble environ 20%. Cette concentration implique beaucoup de risques et, depuis quelques semaines, la tension est tangible par rapport aux risques d?attaque terroriste en arabie Saoudite et notamment au niveau du terminal pétrolier de Ras Tanura. Ensuite, une étude récente de C.J. Campbell intitulée ?Middle East Oil ? Reality and Illusion? affirme que les pays de l?OPEP ont tous surévalué leurs réserves, afin de maintenir intacts leurs quotas de production.
Dans le même temps, parce que la capacité de production n?est pas en ce moment en adéquation avec la demande, très peu de stocks sont disponibles afin de prévenir certains évènements inattendus, au risque de voir les prix flamber. En fait, seule l?Arabie Saoudite conserve des stocks importants, ce qui accroît encore plus les risques liés à une attaque terroriste. Certaines estimations font état d?une hausse possible de 20 % à 40 % du prix du baril, si l?Arabie Saoudite était attaquée. Cela serait dramatique pour la croissance mondiale, mais la douleur serait encore plus forte pour les pays en développement non producteurs de pétrole, qui dépendent encore davantage du pétrole que les pays développés.
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