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La fin d?une époque ?
Si le faible taux de participation était prévisible, et une bonne tenue de l?alliance au pouvoir est attendue, la surprise des municipales pourrait venir de la chute de citadelles mauves réputées imprenables. Il a semblé, hier, que les rares électeurs qui ont daigné se déplacer étaient surtout des partisans de l?Alliance sociale. Au cas où ce constat se confirme après le dépouillement des bulletins de vote, le paysage politique s?en trouvera forcément bouleversé.
La joute d?hier était politicienne. Le scrutin municipal constitue, à n?en point douter, un test de popularité pour les deux blocs. L?expression des votes, à cette occasion, est essentiellement déterminée par les sympathies politiques. Les performances municipales, les programmes électoraux et l?usure des équipes sortantes ne pèsent pas bien lourd. Les choix qui ont été exprimés sont partisans et ils auront, du coup, un impact considérable sur l?échiquier politique.
Des brèches seraient ouvertes ce matin dans les bastions du MMM. Elles confirmeraient la débâcle de ce parti et la prééminence des travaillistes, deux phénomènes que les résultats des législatives du 3 juillet dernier avaient déjà laissé entrevoir. De toute façon, en politique, les rapports de force évoluent lentement et il est improbable qu?en trois mois, ils aient été inversés.
Un électeur qui a voté en faveur du PTr aux législatives ne peut se dédire trois mois après et donner son vote au camp opposé. D?autant plus qu?il n?y a pas de reproche que les partisans du PTr peuvent faire à leur parti. Ce dernier a honoré ses engagements électoraux et appliqué sa mesure-phare sur le transport gratuit. En fait, il a non seulement conservé son capital mais il a même bénéficié d?un bonus. Grâce à l?effet Nabheebaccus, du nom des nouveaux locataires de l?île-aux-Bénitiers, le PTr a consolidé sa position dans quelques régions spécifiques.
La dynamique qui s?est enclenchée le 3 juillet dernier a également été renforcée par la défection de quelques ? notables? du MMM, dont celle de Lindsay Morvan. En outre, l?opposition n?a pas vraiment eu de marge de man?uvre durant ces cent premiers jours de Navin Ramgoolam pendant lesquels le ton des attaques devait rester sobre. De plus, les mesures douloureuses ont été reportées ? même l?augmentation de l?essence a attendu la fermeture des bureaux de vote. Tout cela devait inévitablement culminer avec une accentuation de l?avance du PTr et du recul du MMM.
Le discrédit annoncé du MMM ne va certainement pas laisser le parti indifférent. La nouvelle conjoncture le forcera à se repenser. Durant son histoire, il a connu des revers importants aux législatives mais s?est toujours arrangé pour connaître un sort honorable aux municipales. Cette fois, la situation a l?air plus compliqué pour Paul Bérenger.
S?il interprète le résultat des municipales comme un camouflet pour l?alliance MSM-MMM, sera-t-il prêt à se séparer de son allié ? En tout cas, il ne semble pas disposer de beaucoup d?autres options que de couper les liens avec son partenaire, ne serait-ce que temporairement, pour entreprendre librement la reconstruction de son parti.
Le divorce est programmé mais il faudra davantage au MMM pour retrouver sa gloire perdue. Il lui faut trouver des idées susceptibles de fédérer une majorité de Mauriciens. Celles de 1969 ont vieilli. Elles appartiennent à une époque révolue. Le MMM peut-il se régénérer ?
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