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la femme cybernétique est l'avenir du robot
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la femme cybernétique est l'avenir du robot
nouvelle fois pourchassé, comme dans Terminator 2, par un androïde venu du futur pour éliminer celui qui deviendra, une fois passé le jugement dernier, le leader de la résistance humaine contre la domination des machines.
L?espace de quelques séquences, le spectateur peut se demander s?il ne s?est pas trompé de film et n?assiste pas à une nouvelle version de La Fureur de vivre. John Connor médite assis sur un mur. Puis il prend sa moto pour fuir à toute vitesse un destin déjà écrit. Il doit devenir le nouveau Jésus-Christ, mais préférerait poursuivre tranquillement son existence d?adolescent.
Le choix de l?acteur Nick Stahl, que l?on avait déjà pu remarquer en gamin sadique et arrogant assassiné par ses amis et ses victimes dans Bully de Larry Clark, accentue le trouble dans un film qui refuse d?emblée de suivre les pas de Terminator 2 et adopte une approche antispectaculaire. Les deux Terminator de James Cameron étaient marqués par l?absence d?expression d?Arnold Schwarzenegger.
Le troisième volet de la trilogie est dominé par le mal de vivre d?un adolescent au visage ingrat qui recherche la futilité là où l?attendent le messianisme et l?apocalypse.
<B>La guerre des sexes
En 1991, James Cameron prétendait avoir réalisé, dans la foulée de la guerre du Golfe, le premier film d?action prônant la paix universelle. Terminator 3 arrive quelques mois après une deuxième guerre du Golfe.
Mis en scène par Jonathan Mostow, le réalisateur talentueux de Breakdown et d?U-571, ce troisième opus ne possède pas le souffle des deux premiers. Après sa déroutante ouverture, Terminator 3 ressemble à un remake du précédent volet, mais la manière dont Jonathan Mostow s?en démarque, malgré un scénario conventionnel, est exemplaire. Arnold Schwarzenegger débarque du futur, et sa mission est, une fois de plus, de protéger John Connor. Moins paternel que dans Terminator 2, Schwarzenegger peaufine son personnage de machine douée pour les mots d?esprit.
Qualifié de robot par un des personnages, il corrige le qualificatif par un sentencieux «Je suis un organisme cybernétique» qui nous renseigne davantage sur la complexité de sa constitution.
Les deux premiers Terminator déployaient un féminisme surprenant à travers la mère de John Connor, interprétée par Linda Hamilton, qui découvrait par accident son tempérament d?amazone. La touche féministe, l?une des meilleures idées du film, est apportée ici par l?adversaire du Terminator, le T-X, un robot aux traits de mannequin (personnifiée par la sculpturale Kristanna Loken), d?un modèle théoriquement indestructible. La guerre des sexes, plus qu?un affrontement entre l?homme et la machine, est au c?ur de Terminator 3. L?adaptation du T-X passe par l?affirmation de sa féminité. Sa première initiative en arrivant du futur consiste à gonfler sa poitrine après avoir vu une publicité dans une rue de Beverly Hills. Son affrontement avec le Terminator s?affirme par la négation de sa virilité, avec la tentative symbolique de lui enserrer les parties génitales.
Et l?appendice phallique de la T-X, source de tant de désagréments pour le Terminator, littéralement vidé de sa substance, signifie la prise de pouvoir de la femme, dotée d?une force supérieure. Le sous-titre de Terminator 3 est Le Soulèvement des machines. Le spectateur corrigera de lui-même. Les machines sont pure convention. Le seul avènement dont il est question est celui de la femme.
Le Monde 2003 distribué par The N. Y. Times Syndicate
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