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La farce

17 mai 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

La décision du gouvernement de contourner les syndicats et d?assurer une représentation de façade des travailleurs au National Pay Council montre déjà ses limites. Hier, les ?syndicalistes? nominés par le pouvoir ont proposé un barème d?augmentation de salaires qui est fantaisiste, sachant de toute façon qu?ils ne sont pas pris au sérieux à la table de négociation. Du coup, la réforme du tripartisme se met en place dans des conditions dangereuses pour la paix sociale.

Ce n?est pas possible de faire une réforme d?envergure sans les acteurs concernés. Or les principales confédérations syndicales ne participent pas aux discussions organisées par la nouvelle instance, le NPC. La mise à l?écart des représentants légitimes des travailleurs est perçue comme une provocation et, à la moindre étincelle, la situation sociale risque de devenir instable.

Les cinq membres du NPC censés représenter les travailleurs ne tiennent pas compte, dans leurs propositions soumises hier, de la situation individuelle de chacun des secteurs d?activité de l?économie. Ils réclament une compensation de 11 % pour tous ceux touchant jusqu?à Rs 8 000, c'est-à-dire la majorité des ouvriers de la zone franche, du secteur hôtelier et de l?industrie sucrière. Manifestement, ils se sont laissé aller à une telle légèreté parce qu?ils savent que leurs propositions ne recevront aucune considération. Qui attachera de l?importance à leurs recommandations ? Pas le patronat, qui sait qu?ils n?ont aucune audience sur le terrain. Encore moins, le pouvoir qui les a nommés vraisemblablement selon des critères de proximité partisane.

Leur médiocre représentativité ne permet pas aux cinq présumés syndicalistes de défendre efficacement la cause des travailleurs. Car, même s?ils avaient la volonté de défendre les travailleurs, ils ne seraient pas écoutés car ils ne disposent d?aucun levier de négociation. On se demande d?ailleurs quelle sera la validité d?un accord auquel ils apposeront leur signature. S?il est admis qu?un tel accord n?aura aucune signification, alors le gouvernement aurait pu tout autant éviter la farce de cette pseudo concertation qui se déroule au NPC et légiférer, sans consultation aucune.

Il est vrai que les confédérations qui boycottent le NPC n?ont pas toujours une réflexion pertinente sur le développement du pays et ne contribuent pas toujours au bon fonctionnement de l?économie mais ils ont une légitimité fondée sur leurs adhérents. Leurs détracteurs ont argué, pour contester leur légitimité, que le taux de syndicalisation tourne autour de 20 % dans notre pays. C?est une erreur. Tout comme cela n?a aucun sens de prétendre que le gouvernement a perdu sa légitimité parce qu?un sondage Taylor Nelson Sofres a révélé que la cote de popularité du parti au pouvoir est descendue à 20 %.

Rien ne garantit que si les centrales syndicales avaient participé aux réunions du NPC, leurs propositions auraient été raisonnables. L?exercice de consultation aurait néanmoins été utile dans ce cas. Les échanges entre partenaires sociaux sont absolument indispensables à la vie démocratique d?un pays.

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