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La direction palestinienne renoue avec les pays arabes

15 décembre 2004, 20:00

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Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat à la tête de l’OLP, a tenté d’aplanir les différends avec plusieurs Etats, notamment le Liban, la Syrie et le Koweït.Sans attendre l’élection présidentielle palestinienne du 9 janvier, pour laquelle il fait figure de favori depuis le retrait définitif de la candidature de Marouan Barghouti, Mahmoud Abbas (alias “Abou Mazen”) s’est lancé dans une grande tournée régionale.

Responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) depuis la mort de Yasser Arafat, le 11 novembre, Abbas dispose déjà, il est vrai, de l’autorité et de la légitimité nécessaire pour relancer des contacts contrariés tout autant par l’enfermement, pendant près de trois ans à Ramallah, du chef historique du mouvement national palestinien que par les vieux contentieux que Yasser Arafat avait pu entretenir avec certains de ses “frères” arabes.

étapes les plus délicates

Comme il se doit, compte tenu du poids et des ambitions régionales de l’Egypte, cette tournée a débuté au Caire, à la fin novembre. Elle s’est poursuivie à Amman, en Jordanie.

Accompagné par le premier ministre, Ahmed Qoreï, par le président de l’Autorité palestinienne par intérim, Rahoui Fatouh, et par le ministre des affaires étrangères, Nabil Chaath, Abbas a ensuite abordé les étapes les plus délicates constituées par la Syrie, le Liban et le Koweït. L’étape syrienne, les 6 et 7 décembre, était attendue à plus d’un titre, compte tenu des relations délicates entretenues de leur vivant par Yasser Arafat et Hafez El-Assad, le père de l’actuel président syrien, et de la présence à Damas d’organisations palestiniennes parmi les plus radicales, le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) et le Jihad islamique, dont les positions à l’extérieur peuvent parfois diverger de celles de leurs représentants à Gaza. Abbas, qui souhaite parvenir à une trêve avec Israël, a d’ailleurs discrètement rencontré certains de leurs responsables à Damas.

Le passage au Liban, les 8 et 9 décembre, était également symbolique puisque l’OLP n’y a plus de bureau depuis son éviction, sous la pression de l’armée israélienne, en 1982 et que les réfugiés palestiniens y vivent dans les pires conditions de la région, un héritage de la guerre civile libanaise.

Abbas et sa délégation se sont rendus au camp de réfugiés de Rachidiyé. Les responsables palestiniens ont promis de ne jamais abandonner le “droit au retour”. Ils ont également affirmé avoir obtenu l’assurance des autorités libanaises de “faciliter la vie des camps”.

Au terme de ces deux visites, Abbas a évoqué l’ouverture d’un bureau de l’OLP à Beyrouth et la transformation du bureau de Damas en ambassade.

Après un passage en Jordanie, où il a rencontré le représentant spécial des Nations unies, Terje Roed-Larsen, Abbas s’est rendu, dimanche 12 décembre, au Koweït pour sceller la “réconciliation” entre l’émirat et le mouvement national palestinien. Il s’agissait en effet de la première visite d’un responsable de l’OLP de ce niveau depuis l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990. A l’époque, sous l’impulsion de Yasser Arafat, l’OLP avait décidé d’appuyer la revendication territoriale irakienne.

rancoeur koweïtienne

Une crise durable s’en était suivie, ponctuée par le départ de milliers de Palestiniens qui y travaillaient. La rancœur koweïtienne avait été d’autant plus forte que l’émirat avait appuyé, à ses débuts, le mouvement national palestinien. Arafat y avait fondé le Fatah, le principal mouvement de l’OLP, en 1959.

Même si les autorités koweïtiennes avaient assuré, avant son arrivée, que cette crise appartenait dorénavant au passé, Abbas a tenu, au nom des Palestiniens, à présenter ses excuses “au Koweït et aux Koweïtiens pour ce que nous avons fait”.

Le numéro un de l’OLP a conclu provisoirement sa tournée à Riyad, en Arabie saoudite, le 13 décembre. La restauration de ces liens pourrait assurer à la nouvelle direction palestinienne un soutien politique mais également financier appréciable. Abbas entretient par ailleurs les meilleures relations avec la plupart des autres émirats du Golfe, à commencer par le Qatar.

Gilles PARIS

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