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La direction de Firemount veut raisonner les grévistes

30 septembre 2005, 00:00

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L?ultimatum pour la reprise du travail a expiré hier à l?usine de jeans Firemount Textiles Ltd de Saint-Félix. Mais la direction veut encore croire à une issue heureuse pour ses quelque 342 employés indiens toujours en grève. Le projet d?expansion de l?usine dans le Sud est en effet toujours au programme et les commandes fermes ne manquent pas. Au terme de ce cinquième jour de grève, tout en ne cédant rien aux revendications des grévistes, les responsables de l?usine font un appel. Les dirigeants de Firemount Textiles font ressortir que le mouvement de protestation serait avant tout le fait d?un petit groupe d?irréductibles. Et brandissent des menaces de sanction. Mais indique le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree,?la direction tente de convaincre la majorité des travailleurs à reprendre le travail?.

D?ailleurs, les efforts ne manquent pas pour calmer les esprits. En fin de matinée, un représentant du haut-commissariat de l?Inde a été dépêché sur les lieux pour tenter de ramener les grévistes à la table des négociations. Aux ouvriers massés dans l?enceinte de l?usine, il a d?abord expliqué l?illégalité de leur démarche et la gravité de leur situation, vu que la direction considère qu?ils ont rompu leur contrat de travail hier. Les ouvriers indiens, ont, eux, réclamé des garanties écrites de la direction pour l?amélioration de la qualité de la nourriture, des conditions de vie dans le dortoir et pour le remboursement des prélèvements faits pour l?obtention d?un permis de travail à Maurice. Ils s?offusquent que la direction se montre inflexible. ?We are helpless?, déclare l?un d?eux.

Une vingtaine d?ouvriers au travail

Certains ouvriers indiens ont sollicité l?aide des syndicalistes Jane Ragoo, Reaz Chuttoo et Burty Beeharry de la Private Enterprises Employees Union. Jane Ragoo a, pour sa part, déclaré litige individuellement au ministère du Travail aujourd?hui.

Mais certains ne décolèrent pas : ?Si la direction refuse d?accéder à notre requête, nous n?aurons d?autre choix que de durcir notre position avant de regagner l?Inde?, déclare l?un d?eux. ?Nous exigerons alors qu?on nous paie notre bonus de fin d?année, le montant total de l?enveloppe salariale que nous aurions dû toucher à la fin de notre contrat de trois ans, et le remboursement des déductions?, reprend un autre.

Hier le nombre d?ouvriers indiens à reprendre leur poste n?était que de 20. Le même jour, l?information selon laquelle ?un groupe d?ouvriers récalcitrants est à l??uvre? pour le maintien de la grève, a été communiquée par la direction à Vasant Bunwaree.

Le ministre a déclaré être en présence d?informations accréditant cette thèse: ?J?ai demandé à la direction de consigner une déposition à la police sur la liste (d?agitateurs, NdlR) en sa possession. (?)Des sanctions sévères telles que la suspension ou la mise à pied pourraient être appliquées à leur encontre. J?ai eu des informations comme quoi ils intimident ceux qui veulent reprendre le travail. Un des ouvriers concernés a reconnu les faits et a présenté des excuses.? Le ministre a aussi rappelé que des ouvriers mauriciens, qui craignent pour leur sécurité d?emploi, lui ont adressé une pétition pour sanctionner ces agitateurs.

MAIN-D'?UVRE ÉTRANGÈRE

Des procédures assouplies

■ Les travailleurs étrangers qualifiés n?auront plus besoin de renouveler leurs permis de travail dans leur pays à l?expiration de leur contrat ni d?attendre plus d?un an. Ils pourront le faire à Maurice. C?est ce qu?annonce le ministre du Travail, Vasant Bunwaree. Lors du séminaire de la Mauritius Export Processing Zone (MEPZA), en partenariat avec le ministère du Travail, le président, Ahmed Parkar, dresse un sombre tableau de l?emploi. ?La tendance au niveau mondial est une réduction des coûts de production et, par-dessus tout, une diminution des coûts de la main-d??uvre.? Il ajoute que ce n?est pas en détériorant les conditions des employés que l?industrie textile va survivre. Il rappelle que la compétitivité de nos entreprises et leur capacité à produire et à générer de l?emploi, reposent sur quatre principes. Il s?agit de produire le bon produit, au prix qui convient, au bon moment et dans des conditions correctes. Il rappelle que pour réduire la dépendance envers les employés étrangers, il est important d?avoir une stratégie de formation. Pour le ministre Bunwaree, le secteur du textile habillement est dans une mauvaise passe. En décembre 2004, il employait 68 022 personnes contre 66 797 fin mars 2005. En revanche, fin juillet, on comptait 23 245 travailleurs étrangers avec un permis de travail alors que 29 247 personnes étaient inscrites au bureau de l?emploi.

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